10 superstructures souterraines incroyables du monde antique

Le niveau d’évolution de l’architecture au cours du dernier siècle a permis à l’homme de tutoyer les nuages du haut de gratte-ciels gigantesques ou d’aménager des villes souterraines comme au Canada. On en viendrait facilement à croire que le niveau technologique de l’humanité est à son sommet, et pourtant, il existait déjà de faramineuses constructions du temps de nos ancêtres. Des anciens systèmes hydrauliques aux cryptes souterraines, jusqu’à des villes entières étaient construits sous terre. Voici dix exemples de ces incroyables sites.

#1. La citerne Basilique souterraine d’Istanbul

Basilica Cistern
La Citerne Basilique à Istanbul. ‘Wikimedia Commons)

Dissimulées au vu des habitants d’Istanbul, des centaines de citernes parsèment les souterrains de la ville. La plus grande d’entre elles, la Citerne Basilique, est si spectaculaire qu’on pourrait la confondre avec un temple. Située à 150 m au sud-ouest de la célèbre Sainte Sophie, elle a été érigée par l’empereur byzantin Justinien I en 532 av.J.-C.

D’une longueur de 138 mètres et d’une largeur de 64,6 mètres, elle couvre une superficie d’environ 1 000 mètres carrés et peut contenir jusqu’à 80 000 mètres cube d’eau. 336 colonnes de marbre soutiennent sa structure, et l’on pense qu’il s’agit de colonnes recyclées depuis des bâtiments anciens (un procédé appelé « spoliation »). Il est possible que ces pièces proviennent de tout l’ancien Empire.

On note particulièrement la spoliation des têtes de Medusa, célèbre sorcière à la chevelure de serpents, utilisées comme bases pour deux colonnes du coin Nord Ouest. Selon la tradition, les têtes étaient orientées sur le côté, se dérobant au regard du spectateur comme pour en contrer la puissance mortelle.

#2. La Grotte aux coquillages (Shell Grotto en anglais), située à Margate dans le Kent

À presque 60 kilomètres au Nord de Dover se situe la ville côtière de Margate. Comptant 57 000 habitants, elle est également fière de son histoire maritime, dont s’illustre sa mystérieuse « Grotte aux coquillages ».

Shell Grotto of Margate
La mystérieuse Grotte aux coquillages. (Wikimedia Commons)

En 1835, James Newlove, directeur d’une école locale, voulait construire un étang pour les canards de son jardin. En creusant avec sa pelle, celle-ci a soudainement disparu, avalée par une ouverture située sous une pierre angulaire. Son fils descendit dans le trou au moyen d’une corde pour récupérer l’objet. En revenant, le garçon a fait le récit de tunnels remplis de décorations de coquillages.

Shell Grotto of Margate
(Wikimedia Commons)

Les fouilles ont révélé une spectaculaire grotte couverte de plus de 4,6 millions de coquillages. Le mystère de cette grotte demeure entier : qui l’a construite, quand, pourquoi. Diverses hypothèses évoquent une création des Templiers, des Franc Maçons, Pythagoricien, Phéniciens, anciens Crêtois… La liste est longue.

#3. Derinkuyu et les cités souterraines de Cappadoce

La région de Cappadoce, située en Turquie Centrale, abrite parmi les plus spectaculaires paysages au monde: des vallées profondes aux formations rocheuses en plein essor parsemées de maisons, de tombeaux, de temples et de villes souterraines. Des constructions qui s’harmonisent remarquablement avec les forêts naturelles. L’histoire de plusieurs civilisations a marqué cette région ; sur des milliers d’hectares s’étendent des villes, tunnels, passages cachés et temples antiques.

Un puits situé dans la grotte de Derinkuyu. (Wikimedia)
(Wikimedia)

Mais l’ingéniosité de la ville souterraine de Derinkuyu est unique. Possédant onze niveaux de profondeur, elle compte près de 600 entrées, des tunnels continuant sur des kilomètres la reliant avec d’autres villes souterraines. On trouve une multitude de salles prévue pour dormir, loger le bétail, des réservoirs d’eau, des puits pour la cuisine, pour la ventilation, des salles de bains, salles communes et tombeaux. En tout, près de quarante villes ont été découvertes dans le sous-sol de la Cappadoce.

#4. Qanat Firaun, le plus imposant des aqueducs souterrains du monde antique

Le Qanat Firaun, aussi connu sous le nom de l’aqueduc Gadara, est un ancien aqueduc qui a été construit pour fournir de l’eau à la Décapole romaine-hellénistique, actuellement située en Syrie et en Jordanie. Bien que nom arabe «Qanat Firaun»,ou «Canal des Pharaons», laisse supposer que le canal avait été construit par le royaume égyptien, il n’en est rien. Ses capacités d’ingénierie incroyables étaient probablement influencé par les Perses.

Qanat Firaun
Qanat Firaun, autrement connu sous le nom de l’aqueduc de Gadara qui depuis longtemps fournissait de l’eau aux gens en Syrie et en Jordanie. (Wikimedia Commons)

Le pipeline de 170 kilomètres, en plus de détenir le record de longueur du monde de l’antiquité, est aussi le plus complexe et représente un savoir-faire et des connaissances colossales en hydroélectricité. Sa construction démontre une précision remarquable : le gradient du tunnel a été de 0,3 pour mille, ce qui signifie qu’il ne s’abaisse que de 30 centimètres par kilomètre – un angle incroyablement subtil.

Le long de la route principale de Gadara, les archéologues ont trouvé des piles de pression basale qui ont suggéré une structure de siphon afin de fournir à la périphérie de l’ouest de la ville de l’eau douce, supposément à partir de sources à 100 kilomètres. Au moment où les travaux ont cessé sur l’aqueduc, les travailleurs avaient extrait un volume estimé à plus de 600 000 mètres cubes de calcaire -soit à plus d’un quart du volume total de la Grande Pyramide.

#5. Le lieu de culte de Chavín de Huántar et son monde souterrain

Chavín de Huántar est un site archéologique situé dans la région d’Ancash au Pérou, à 250 km au nord de la capitale du pays, à Lima. Il est situé à plus de 3000 m au-dessus du niveau de la mer et est pris en sandwich entre la côte désertique sur son versant ouest et les plaines amazoniennes tropicales à l’est. Alors que la datation par le carbone suggère que le site était occupé au moins depuis 3000 av. J.-C., c’était vers 1500 av. J.-C. que Chavín s’est transformé en un site sacré.

Chavín de Huántar
Le site archéologique de Chavín de Huántar. (Wikimedia)

Chavín est devenu un centre de cérémonie et de pèlerinage pour le monde religieux des Andes. L’un des aspects les plus intéressants de ce site consiste en ses chambres souterraines, dont les sculptures arborent des caractéristiques impressionnantes. Par exemple, il existe le Lanzon, un bloc en forme de prisme de granit sculpté de 4,5 m de hauteur. Ce bloc de granit commence par une large tête féline et se rétrécit jusqu’à un point coincé dans le sol. Ce motif félin peut également être vu dans les sculptures le long des murs de pierre extérieurs du secteur Castillo (l’aile sud du temple).

Ces sculptures représentent des gargouilles (connues sous le nom de Cabeza Clavos), qui sont censées être les gardiens du temple. Outre les traits félins, les gargouilles ont également des caractéristiques semblables à des oiseaux. Cette iconographie peut nous aider à mieux comprendre le culte qui était pratiqué à Chavín.

#6. L’Hypogée Hal Saflieni de Malte

L’Hypogée de Hal Saflieni à Malte est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et est considéré comme le plus ancien temple souterrain préhistorique au monde. La structure souterraine est enveloppée de mystères ayant alimenté des théories et histoires de phénomènes paranormaux. C’est à cet endroit que l’on a découvert des crânes allongés. Mais la caractéristique qui attire des experts du monde entier est la propriété acoustique unique trouvée dans les chambres souterraines de l’Hypogée.

Hypogeum of Hal Saflieni
L’Hypogée de Hal Saflieni à Malte. (Wikimedia Commons)

Bien que peu connu pour certains, on croit que l’hypogée a été utilisé à l’origine comme sanctuaire, peut-être pour un oracle. C’est pour cette raison qu’une chambre unique sculptée dans un calcaire solide et qui démontre des propriétés acoustiques incroyables a été appelée «la chambre Oracle». Selon William Arthur Griffiths, auteur de l’ouvrage  «Malte et ses temples préhistoriques récemment découverts», un mot prononcé dans la salle Oracle est « agrandi au centuple et audible dans toute la structure ». On peut facilement imaginer quel effet pouvait produire sur les foules l’éclatement d’une voix dans la pénombre de la voûte.

#7. Le labyrinthe de tunnels souterrains des catacombes romaines

Alors que la plupart des touristes se fraient un chemin à travers les rues de Rome pour affluer  vers les sites du Colisée et du Forum romain, certains regardent sous leurs pieds et se rendent compte qu’il existe quelque chose d’encore plus ancien: un labyrinthe de tunnels souterrains et de carrières qui remonte au tout début ville antique.

Catacombes romaines. ((c)rome1.com)

Ces tunnels étaient à l’origine des carrières de roches que les anciens Romains ont exploité pour construire leur ville. Puis, une fois que les carrières avaient livré leurs dernières pierres , les gens ont commencé à utiliser le labyrinthe souterrain comme des catacombes, y ont fait pousser des champignons et ont même construit un système d’égout parallèle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les italiens utilisaient ces tunnels comme abris anti-bombes.

« Des centaines de kilomètres de catacombes traversent la ville et sa périphérie », explique Adriano Morabito, président de l’association Roma Sotterranea (Rome souterraine), ajoutant « certains des réseaux sont bien connus et ouverts aux visiteurs, tandis que d’autres sont à peine explorés. Probablement existe t-il encore un certain nombre de catacombes perdues ». Avis aux Indiana Jones en herbe…

#8. Les caves souterraines de Nottingham

Au-dessous des rues de Nottingham, en Angleterre, près de 500 grottes artificielles ont été creusées dans le grès naturel. Au cours des siècles, ces cavités ont remplie un large éventail d’utilisations, servant de cachots, caves à bière, fosses de cession, tanneries, foyers de malt, maisons, caves à vin, tunnels, maisons d’été, refuges anti-aériens, ou mines de sable.

Nottingham Caves
(Wikimedia Commons)

Parmi ses visiteurs notoires, le célèbre Robin des Bois pourrait y avoir été enfermé en 1228, selon un document judiciaire -qui est d’ailleurs la trace la plus ancienne et la plus sérieuse sur l’existence réelle de ce personnage. Le premier enregistrement écrit des grottes de Nottingham provient d’un moine gallois appelé Asser qui, lorsqu’il écrivait sur Nottingham en 868, se référait à la ville comme Tig Guocobauc, qui signifie maison ou lieu de grottes en anglais. En 1067, les Normands sont arrivés dans la région et ont construit un château sur un affleurement de grès. Les Normands ont construit leur propre ville autour du château avec des rues qui rayonnent de là vers ce qui est maintenant la place du marché dans la Nottingham moderne.

La falaise exposée depuis l’affleurement du grès faisait de ce lieu un endroit évident pour les premiers citoyens de Nottingham qui y bâtirent leurs maisons. Les records des visiteurs de Nottingham au cours des années 1600 suggèrent que les occupants de ces maisons-grottes étaient généralement pauvres -les grottes étaient connues sous le nom de pauper holes. Tout au long de la période médiévale, Nottingham a continué à croître et prospérer en devenant un carrefour industriel pour les métiers tels que la fabrication de la laine, le bronzage, l’albâtre et la production de poterie.

Un certain nombre de ces activités ont d’ailleurs été entreprises dans les grottes de Nottingham. À partir des années 1800, de nouvelles cavernes ont été creusées et celles existantes se sont étendues alors que les industries de Nottingham et leur besoin d’espaces de stockage ont augmenté. Malheureusement, le réaménagement du centre-ville de Nottingham à partir de la fin du 19ème siècle a entraîné la perte de nombreuses grottes de Nottingham.

#9. Les grottes de Longyou en Chine

Situées près du village de Shiyan Beicun dans la province du Zhejiang, en Chine, se trouvent les grottes de Longyou – un vaste monde souterrain étendu, magnifique et rare considéré en Chine comme «la neuvième merveille du monde antique». Les grottes de Longyou, dont l’existence remonte à au moins 2 000 ans, sont considérées comme l’une des plus grandes fouilles souterraines de l’Antiquité et constituent un mystère durable qui a laissé perplexe les experts de toutes les disciplines qui les ont examinées. Les scientifiques du monde entier, qu’ils viennent des domaines de l’archéologie, de l’architecture, de l’ingénierie et de la géologie n’ont absolument aucune idée de la façon dont celles-ci ont été construites, par qui et pourquoi.

Les grottes de Longyou. (ancient-origins.net)

D’abord découvertes en 1992 par un villageois local, 36 grottes ont été par la suite mises à jour, couvrant un massif de 30 000 mètres carrés. Sculpté en siltstone solide, chaque grotte descend environ jusqu’à 30 mètres sous terre et contient des pièces en pierre, des ponts, des gouttières et des piscines. Il existe des piliers uniformément répartis dans les grottes qui supportent le plafond. Les murs, les plafonds et les colonnes en pierre sont uniformément décorées avec des marques de ciseau dans une série de lignes parallèles. Une seule des grottes a été ouverte pour le tourisme, choisie en raison des sculptures en pierre trouvées à l’intérieur, qui représentent un cheval, un poisson et un oiseau. Les grottes de Longyou demeurent encore une énigme inexpliquée à ce jour, malgré les recherches conduites par les scientifiques depuis plus de deux décennies.

#10. Les anciennes catacombes de Malte

L’ensemble des catacombes formant l’héritage paléochrétien des îles maltaises est considéré comme le quatrième monument de ce type le plus important de la région méditerranéenne à la suite de ceux d’Italie, d’Israël et du Maghreb. Sa caractéristique la plus importante est la concentration étendue de cimetières souterrains. Les catacombes de Malte ont été décrites par l’UNESCO comme «une excellente documentation sur l’évolution des climats culturels, artistiques et sociaux du monde méditerranéen au cours des siècles allant du 3ème au siècle AD».

Malta Catacombs
Catacombes sous la grotte Saint-Paul à Malte. (Wikimedia Commons)

Dans une période couvrant le milieu du troisième au début du septième siècle après J.-C., les cimetières se sont développés à Malte à partir d’une tradition de simples tombes de roche des époques phénicienne et hellénistique (700 av. J.-C. – 100 après JC). Une caractéristique remarquable des catacombes maltaises est la présence de différents rites religieux ; on y trouve des références claires au christianisme, aux pratiques païennes et au judaïsme, tous dans la même localité. Cela reflète la cohabitation de ces différentes cultures dans la société romane tardive. Selon l’UNESCO, « cette caractéristique mixte des catacombes maltaises est unique sur toute la région Méditerranéenne ».

Article republié avec la permission d’Ancient-origins.net. Version originale ici.

 
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