Dans les armoires de l’impératrice Joséphine

Trois ans après les célébrations du bicentenaire de la mort de Joséphine et l’exposition monographique consacrée à l’impératrice au musée du Luxembourg, le château de Malmaison présente jusqu’au 6 mars Dans les armoires de l’impératrice Joséphine, la collection de costumes féminins du château de Malmaison. Cinquante costumes et accessoires du Premier Empire rarement présentés du fait de leur extrême fragilité – robes, dentelles, soieries, chapeaux, gants, bas et chemises – promènent le visiteur à travers un voyage dans le temps.

L’impératrice Joséphine, emblème de l’élégance française

Marie-Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, dont le prénom Joséphine lui a été donné par Napoléon, est née le 23 juin 1763, aux Trois-Îlets à la Martinique, dans une famille de planteurs.

Elle reçoit une éducation stricte chez les Dames de la Providence avec lesquelles elle développera le goût pour les sciences et la botanique, mais aussi pour les arts et l’histoire. Elle épouse le vicomte Alexandre de Beauharnais avec qui elle aura deux enfants et qui sera exécuté pendant les jours de la Terreur.

Belle et charmante, elle attire l’attention d’un général prometteur, Napoléon Bonaparte. Il fera d’elle une impératrice.

Dorénavant, Joséphine dictera un style de vie et une mode à toutes les cours d’Europe, répondant ainsi aux ambitions de son époux.

Connue pour ses splendides bijoux, l’élégance de ses robes blanches brodées d’or au style néoclassique, elle se fait l’ambassadrice de la distinction à la française. Dans cet empire militaire, elle laissera sa touche féminine et sophistiquée. L’impératrice reste inlassablement dans l’apparence, toujours ravissante. Elle élabore une image magnanime, distante et lointaine, digne de sa position d’impératrice.

La salle des Atours

Le parcours de l’exposition commence par la salle des Atours. Les placards sont toujours en place. L’impératrice ne visitait ce lieu que deux fois par an. C’était pour faire « le tri », lors de la réforme de sa garde-robe qui permettait, selon une tradition royale déjà présente au XVIIIe siècle, de redistribuer à son entourage les habits qu’elle ne portait plus.

Les autres jours, c’est la garde des atours qui sélectionnait les trois tenues qu’allait porter l’impératrice, déposées dans de grandes corbeilles par les femmes de chambre qui les descendaient dans l’appartement de la souveraine.

Trois cents robes de luxe et une quarantaine de grandes robes de cour garnissaient la garde-robe mais très peu de pièces sont parvenues jusqu’à aujourd’hui. Conservés par la famille impériale d’une génération à l’autre, mais aussi par les descendants de ceux qui entouraient l’impératrice, ou encore recueillis par des passionnés de l’Empire, ces textiles précieux sont présentés dans les lieux-mêmes où ils se déployaient.

Le « couturier » de l’Impératrice

La robe de cour à traine de l’impératrice Joséphine est, sans aucun doute, la plus sidérante de toute sa garde-robe. Cette somptueuse robe de cour, à taille haute et manches longues très ajustées, avec traine assortie, est en tulle brodé de filé et de lames métalliques sur un fond de satin ivoire. Une frise d’entrelacs sur le devant et le bas de la robe borde également la traine. Le fond est occupé par un semis de boutons floraux et de motifs dits « vermiculés ».

La traine est montée sur une ceinture étroite brodée de deux filets dorés ; l’ampleur est donnée par des plis disposés sous le chou à l’arrière.

Le motif vermiculé ou « à vermicelle » se retrouve dans des modèles de soieries de la fin du XVIIIe et des premières années du XIXe siècle. Ici il est obtenu par une technique de broderie qui consiste à passer directement dans les mailles du tulle de soie la lame métallique (1 mm de large) du semis et le filé doré. La très grande fragilité du tulle ainsi orné laisse penser qu’une telle robe ne pouvait pas être beaucoup portée, mais lui confère souplesse et légèreté ce qui contraste avec la richesse de l’effet.

Cette robe fut probablement créée par Louis-Hippolyte Leroy qui est resté longtemps le principal marchand de mode de Joséphine. Louis-Hippolyte Leroy était celui qui répondait le plus au goût de la souveraine pour la fraîcheur et l’imagination, mais impératrice, elle s’adressait également à d’autres fournisseurs pour soutenir le commerce de luxe.

D’ailleurs, l’empereur a eu également son mot à dire sur tout ce qui concernait les tissus de la cour, de préférence soie et velours, et particulièrement au moment du Sacre.

Parmi les 230 robes, 100 châles, ou encore 450 chemises, 369 paires de bas, 876 mouchoirs, rangés dans ces placards en 1814, le château conserve encore aujourd’hui des éléments somptueux et évocateurs.

Infos pratiques

Dans les armoires de l’impératrice Joséphine au château de Malmaison.

Avenue du château de Malmaison, Rueil-Malmaison (92).

Du 7 décembre 2016 au 6 mars 2017.

Tous les jours sauf le mardi,

de 10h à 12h30 et de 13h30 à 17h15 (17h45 le week-end).

Tarif : 8 €.

 
VOIR AUSSI