Australie : un monument demandé pour l’athlète qui avait soutenu le « Black Power »

Une campagne vient d’être lancée en Australie pour la construction d’un monument à la mémoire du sprinter australien Peter Norman, qui avait soutenu sur le podium olympique de Mexico en 1968 le poing levé des athlètes noirs américains Tommie Smith et John Carlos.

« Sa contribution à la cause de l’égalité raciale n’a jamais été vraiment reconnue dans son pays », a déploré auprès de l’AFP Joseph Toscano, coordinateur du Comité pour la commémoration de Peter Norman.

Quarante-neuf ans après, la photo demeure une des plus célèbres de l’histoire du sport. On y voit Smith et Carlos, premier et troisième du 200 mètres, le poing levé ganté de noir pendant l’hymne américain, dans une protestation silencieuse contre la discrimination raciale.

Sur la deuxième marche du podium, Norman, athlète blanc, s’associe à leur geste en arborant le badge d’un mouvement pour les droits civiques, « Olympic project for human rights » (OPHR), qui avait invité les athlètes de couleur à boycotter les JO mexicains.

Les trois hommes paieront cher leur geste.

Les deux Américains ont été suspendus de l’équipe américaine et exclus à vie des JO quand Norman, qui n’a jamais regretté son action, est devenu un paria dans son pays.

Il n’a pas été retenu pour les JO de Munich, en 1972, alors qu’il avait réalisé plusieurs fois les chronos requis. Et l’organisation des JO de Sydney l’a oublié pour les cérémonies de 2000.

Il faudra attendre 2012, six ans après son décès d’une crise cardiaque, pour que le Parlement australien vote un texte présentant des excuses à l’athlète pour le traitement dont il avait été l’objet.

« Je crois que la société australienne a changé. Nous voyons l’émergence de mouvements politiques et d’organisations faisant la promotion de l’inégalité raciale et de la haine », a dénoncé M. Toscano, qui souhaite l’érection d’un monument à Melbourne, capitale de l’État de Victoria dont le sprinter était originaire.

 
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