Chine: des diplomates refoulés du domicile de la veuve du dissident Liu Xiaobo

Cinq diplomates occidentaux, dont un Allemand et un Français, ont été refoulés du domicile de la veuve du dissident chinois Liu Xiaobo, maintenue de facto en résidence surveillée, a-t-on appris dimanche de sources diplomatiques. Les diplomates, représentant cinq ambassades occidentales, ont tenté vendredi matin de se rendre au domicile pékinois de la poétesse Liu Xia, veuve du prix Nobel de la paix 2010.  Ce dernier est décédé l’an dernier d’un cancer alors qu’il était toujours formellement placé en détention pour« subversion ». Liu Xia a été par la suite maintenue de facto en résidence surveillée, alors même qu’elle n’a jamais fait l’objet de poursuites ou d’une condamnation.

L’ambassade d’Allemagne à Pékin s’était tenue prête début avril à organiser le transfert de Mme Liu vers Berlin mais l’opération n’a pu se faire, avait expliqué M. Liao. Dans un entretien récent au quotidien hongkongais South China Morning Post, l’ambassadeur d’Allemagne à Pékin, Michael Clauss, avait assuré que l’Allemagne était prête à accueillir la veuve du dissident, dont les Etats-Unis et l’Union européenne réclament par ailleurs la libération. A Paris, le ministère français des Affaires étrangères avait rappelé avoir demandé à plusieurs reprises aux autorités chinoises d’assurer « la liberté de mouvement de Mme Liu Xia ainsi que celle de sa famille ».

Interrogée au sujet de ces appels diplomatiques et des propos de Liu Xia, le ministère chinois des Affaires étrangères avait assuré début mai « ne pas être au courant ». « Liu Xia est une ressortissante chinoise et les organismes chinois concernés gèrent ces questions conformément à la loi », avait simplement indiqué à la presse Hua Chunying, porte-parole du ministère. En décembre, Liao Yiwu s’était déjà dit inquiet de l’état psychologique de Liu Xia, indiquant qu’elle prenait « beaucoup de médicaments pour contrôler sa dépression ».  Son mari Liu Xiaobo avait été condamné en 2009 à onze ans de prison pour « subversion », le régime lui reprochant notamment d’avoir co-rédigé un manifeste, la Charte 08, prônant des élections libres.Le dissident est mort d’un cancer du foie en juillet 2017, toujours en détention, sans que Pékin cède aux appels de l’Occident à le laisser partir à l’étranger pour se soigner.

DC avec L’AFP

 
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