Davos : 82% des richesses planétaires pour 1% des plus riches

Ce 22 janvier a débuté en Suisse, le 46e Forum économique mondial. Bien que le thème à l’honneur soit le numérique introduit dans toutes les activités, il devrait être rapidement éclipsé par une actualité internationale morose.

Le boom des milliardaires

En effet, l’ONG Oxfam lance un appel aux dirigeants pour que « l’économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ».

Un rapport inquiétant sur les inégalités à travers le monde. « Le boom des milliardaires n’est pas le signe d’une économie prospère, mais un symptôme de l’échec du système économique », constate à la veille de l’ouverture du World Economic Forum (WEF) à Davos, la directrice d’Oxfam, Winnie Byanyima. Son ONG de lutte contre la pauvreté présente ce lundi un rapport sur les inégalités intitulé « Récompenser le travail pas la richesse ».

https://twitter.com/afpfr/status/955428585824600069

Ses conclusions sont inquiétantes : 82% de la richesse créée en 2017 dans le monde a terminé entre les mains du 1% le plus riche de la population de la planète. Dans le même temps, 3,7 milliards de personnes, soit 50% de la population mondiale, n’a pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale l’an dernier.

Des chamboulements induits par le numérique

Mais, pour la première fois, le « loup de Wall Street » rôdera dans le palais des congrès de Davos, qui accueille à partir de ce mercredi le 46e Forum économique mondial. L’acteur Leonardo DiCaprio, qui avait incarné ce personnage sulfureux dans un film de Martin Scorsese  recevra en effet ce mercredi soir un Crystal Award pour sa contribution à l’amélioration de l’état du monde.

 

Même si ne sera pas au cœur du Forum, qui se réunit cette année autour du thème « Maîtriser la quatrième révolution industrielle », ce titre reflète tout de même une préoccupation profonde. Les quelque 2.500 participants qui viennent à la station de ski helvétique des Grisons (1.500 dirigeants d’entreprise, 300 officiels, 250 journalistes, 40 « leaders culturels »…) sont tous concernés par les chamboulements induits par le numérique, qui transforme à la fois très rapidement, très fortement et très largement l’économie, la société, la politique – « et possiblement l’essence même de la nature humaine ». Ce qui ne les empêchera pas d’évoquer aussi quelques problèmes « annexes » comme la faiblesse de la croissance, les défis de la sécurité ou la préservation des biens communs mondiaux comme le climat.

La grande révolution du numérique

Pendant la dernière décennie, l’ubiquité de l’Internet, les smartphones avec géolocalisation et la banalisation de l’informatique d’infrastructure par les géants de l’Internet ont convergé, et l’économie est entrée dans une grande transformation : celle imposée par les quatre « D ».

En une vingtaine d’années, internet a radicalement transformé notre manière de communiquer et de travailler. Et l’aventure continue : l’internet des objets, prochaine vague de l’innovation numérique, devrait relier 80 milliards d’objets d’ici à 2020 comme le rappelait la Note d’analyse « Demain, l’internet des objets », publiée en janvier 2015 par France Stratégie. Grâce aux progrès exponentiels des technologies numériques, des domaines comme l’intelligence artificielle, l’électronique ou la médecine ont d’ores et déjà fait des progrès spectaculaires.

Peut-on pour autant qualifier de troisième révolution industrielle la rupture numérique qui succèderait ainsi à la révolution industrielle engagée au 18e siècle en Angleterre, avec la machine à vapeur et la mécanisation de la production textile, puis à celle fondée sur l’utilisation de l’électricité et la production en série au 19e siècle ? Par ailleurs, ces transformations technologiques qui modifient profondément nos sociétés, non sans susciter débats ou inquiétudes, peuvent aussi engendrer des mutations sociales dans lesquelles se créé un terreau fertile aux percées technologiques.

 
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