De l’influence des activités humaines sur la qualité de l’eau

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau le 22 mars prochain, les différentes études font ressortir que les Français se disent satisfaits du service d’accès à l’eau. Cependant, de multiples pollutions persistent en raison de l’impact des activités humaines.

Une étude TNS-SOFRES de 2016 pour le Centre d’information sur l’eau (CIE) révèle que 87% des Français se disent très satisfaits du service leur permettant d’accéder à l’eau du quotidien. Taux exceptionnellement haut qui traduit la confiance des Français dans les services de traitement et la qualité du produit au robinet.

Cette qualité n’est pourtant pas au rendez-vous dans toutes les régions de France. En janvier dernier, le magazine UFC-Que choisir publiait sa carte interactive de France sur la qualité de l’eau potable. En se basant sur les données officielles du ministère de la Santé, l’étude a conclu que 96% des Français ont accès à une eau de qualité dans la limite réglementaire. Il demeure encore quelques régions où les consommateurs sont desservis par une eau polluée. Cette pollution varie en fonction de l’activité humaine de la région.

C’est l’agriculture qui génère le plus haut taux de pollution des eaux, avec les pesticides qui contaminent l’eau de près de 2 millions de consommateurs en régions rurales principalement, mais aussi dans quelques villes limitrophes de ces zones agricoles (Tremblay-en-France, Sens, Lens, Auch…). Viennent ensuite les nitrates qui polluent l’eau d’environ 200 000 consommateurs dans le Loiret, la Seine-et-Marne, l’Yonne, le Pas-de-Calais… Bonne nouvelle pour la Bretagne qui a longtemps été pointée du doigt dans ce domaine. Elle affiche désormais « 99,99% de conformité pour ses teneurs en nitrates et 99% pour celles en pesticides », soit « des résultats supérieurs à la moyenne nationale », précise l’étude.

1,5 million de Français sont concernés par la présence de chlorites « qui témoignent d’une surchloration mal contrôlée » de l’eau.

Parallèlement, UFC-Que Choisir alerte sur la présence de polluants plus méconnus tels que des minéraux (plomb, cuivre, nickel) « relargués par des canalisations vétustes ou corrodées », sur des excès d’oligo-éléments tels que le fluor ou le sélénium, touchant moins de 100 000 personnes, et sur la présence de chlorites « qui témoignent d’une surchloration mal contrôlée » de l’eau et concernent « 1,5 million de Français ».

De l’eau, toujours en quantité ?

Peut-on simplement se satisfaire d’avoir de l’eau de qualité au robinet sans pour autant se poser la question de la pérennité de cette offre ?

En ce début de mois de mars qui annonce la fin de l’hiver, un bilan est établi sur les réserves d’eau disponibles. De nombreuses régions accusent déjà des niveaux bas. Dans l’Ouest, Rémy Fruchard, directeur de la station météo de Poitiers Biard, tire la sonnette d’alarme : « En terme de période de recharge pour les nappes souterraines du département, nous vivons la période la plus sèche depuis 1959 », déclare-t-il. Avec 415,5 mm de précipitations enregistrées depuis septembre 2016 contre 528,7 mm attendus, « même dans les coins les plus arrosés, comme à Poitiers, nous sommes en 7e position des années les plus sèches depuis 1949 », précise M. Fruchard.

En Vendée, faute de pluie, les barrages enregistrent, eux aussi, un niveau historiquement bas depuis 1959. La préfecture a pris des mesures, annonçant que les « Vendéennes et les Vendéens sont d’ores et déjà invités à ne pas gaspiller d’eau et à privilégier, autant que faire se peut, les activités et productions les moins consommatrices d’eau… »

Ces appels à limiter la consommation d’eau sont récurrents et peuvent se produire dans n’importe quelle région en France. Alors oui, les Français consomment davantage d’eau, en moyenne 150 litres par jour et par personne, c’est trois fois plus qu’il y a trente ans. Face à ces demandes, une adaptation des comportements est souhaitée : prendre des douches plutôt que des bains, ne pas laisser couler l’eau…

Les éventuelles fuites d’eau sont aussi à surveiller : une hausse brutale de la consommation d’eau apparaissant sur les factures peut alerter et nécessiter une vérification des canalisations. Pour ceux qui ont un jardin, quoi de plus naturel que de récupérer l’eau de pluie pour un usage domestique ou agricole ? En France, l’eau de pluie peut être utilisée pour le jardinage, les toilettes, ou la machine à laver le linge, etc.

Si l’installation du réseau de récupération demeure parfois onéreuse pour un particulier, les entreprises sont aussi de plus en plus nombreuses à s’en pourvoir pour ces usages ponctuels. En effet, une étude menée par l’ONG internationale Carbon Disclosure Project (CDP) révèle que les entreprises européennes sont de plus en plus attentives à l’impact de leur activité sur la ressource en eau. Toutefois, « un peu moins de la moitié (46%) des entreprises procèdent à une évaluation complète des risques » liés à l’eau induits par leur activité.

 
VOIR AUSSI