De nombreuses femmes en Corée font face soit au mariage forcé en Chine, soit au viol dans les prisons nord-coréennes

De tout le commerce illégal entre la Chine et Corée du Sud, l’importation par la Chine de femmes nord-coréennes réduites en esclavage est parmi le plus sombre.

Pour de nombreuses femmes, fuir la Corée du Nord est le meilleur moyen pour échapper aux abus sexuels répandus dans le pays. Suite à la dégradation des mœurs dans l’État-prison de Kim Jong Un, le viol est devenu une façon courte pour les officiels d’utiliser leur pouvoir et, au sein du régime, les pédophiles restent complètement impunis. 

Mais souvent celles qui fuient ou sont emportées par des trafiquants chinois ne tombent pas sur un meilleur sort. La Chine a aussi sa propre histoire de violence concernant les jeunes femmes.

La politique de l’enfant unique de la Chine a duré des décennies. L’infanticide, les avortements forcés et les avortements en fonction du sexe de l’enfant ont créé une blessure au sein de la population. Il y a maintenant 33 millions d’hommes en plus que de femmes. Et pour beaucoup de ces hommes, particulièrement des fermiers pauvres dans des provinces près de la Corée du Nord, la façon « acceptable » d’avoir une épouse est d’en acheter une.

La demande en femmes en Chine explique en partie pourquoi 85 % des échappés nord-coréens qui ont fini par atteindre la Corée du Sud sont des femmes (en hausse de 70 % par rapport à 2015).

Une vendeuse regarde un dépliant alors qu’elle attend des clients dans un magasin de pièces automobiles en Corée du Nord le 16 novembre 2017. Les femmes font face à de la violence et à l’abus sexuel en Corée du Nord sans espoir que la police ou d’autres autorités ne punissent les coupables. (ED JONES/AFP/Getty Images)

Cette histoire tragique se répète encore et encore poour des femmes nord-coréennes tentant de s’échapper en Corée du Sud par la Chine.

Elles finissent en Chine, forcées dans des mariages qu’elles ne peuvent pas quitter car elles sont illégalement dans le pays. Si elles sont attrapées et rapatriées de force, elles iront en prison où le viol est devenue une pratique horriblement commune. 

Le traitement inhumain des femmes par la Corée du Nord et la complicité de la Chine sont bien connus et largement documentés.

Une commission d’enquête de l’ONU de 2014 sur la situation des droits de l’homme en Corée du Nord a découvert ce que Human Rights Watch a décrit comme un abus des femmes « à une échelle sans parallèle dans le monde contemporain – comprenant l’extermination, le meurtre, l’esclavage, la torture, l’emprisonnement, le viol, les avortements forcés et d’autres violences sexuelles ».

Encore pire que ces crimes sont ceux commis sur les enfants.

« Les abus auxquels font face les enfants comprennent la détention d’enfants dans des camps de prisonniers politiques, le trafic et l’exploitation sexuelle de jeunes filles nord-coréennes par des hommes chinois, prises comme épouses ou exploitées dans l’industrie du sexe… il y a un manque de droits civils, politiques et de libertés commençant dès l’enfance. »

Dans une photo prise le 8 octobre 2017, des participants décrits comme le « peuple travailleur, la jeunesse, et les étudiants de Pyongyang » défilent durant un événement important marquant le 20ème anniversaire de l’élection de l’ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong II comme secrétaire général du Parti du travail de Corée sur la place Kim IL-Sung dans le centre de Pyongyang. (KIM WON-JIN/AFP/Getty Images)

La violence basée sur le genre féminin est courante en Corée du Nord, selon Phil Robertson, directeur-adjoint de la division Asie de Human Rights Watch.

« La dure réalité est que chaque jour les femmes nord-coréennes font face à une importante discrimination au travail et à la maison, sur le harcèlement sexuel et la violence que les autorités ne font rien pour arrêter », indique Robertson dans un communiqué.

Les Nord-coréens s’étant échappés rapportent que les femmes et les filles font face à une discrimination basée sur le genre commençant de l’enfance à l’école, au travail et à la maison.

« Ils indiquent également que les femmes font fréquemment face à la violence des hommes à la maison, dans les espaces publics, et il n’y a pour ainsi dire aucun recours officiel ou mécanisme de protection pour les victimes », rapporte Human Rights Watch.

La violence conjugale est considérée comme un problème privé et les femmes ne rapportent pas le viol par peur de la stigmatisation et car les coupables ne sont pas punis.

Les femmes n’osent également pas rapporter le viol aux officiels du gouvernement par peur de représailles.

Des soldats nord-coréens à la frontière avec la Corée du Sud le 27 novembre 2017. (Korea Pool/Getty Images)

Cela vaut également pour les pédophiles qui molestent des enfants.

Le gouvernement nord-coréen affirme que la raison pour laquelle personne n’a été puni pour viol, abus sexuel ou exploitation d’un enfant depuis 2008 est que « de tels actes sont inconcevables pour le peuple de RPDC [République populaire démocratique de Corée] qui considère de tels actes comme les plus dégradants ».

Les groupes des droits de l’homme indiquent que l’explication est simplement un mensonge par les témoignages de nombreuses personnes s’étant échappées.

La situation à l’intérieur de la Corée du Nord explique pourquoi de nombreuses femmes s’enfuient, mais la situation qu’elles vivent en Chine est souvent pire.

« Les femmes nord-coréennes fuyant leur pays sont souvent vendues par des trafiquants dans des mariages forcés avec des hommes chinois ou dans le marché du sexe. Même si elles ont vécu en Chine pendant des années, ces femmes ne peuvent pas avoir ici de séjour légal et font face à une arrestation possible et au rapatriement à n’importe quel moment », note Human Rights Watch.

Selon le Trafficking in Persons de 2016 du département d’État des États-Unis, les femmes nord-coréennes menées par des trafiquants en Chine sont sujettes à la prostitution forcée et au mariage forcé, ainsi qu’à l’esclavage.

(Kevin Frayer/Getty Images)

Celles qui sont capturées et renvoyées en Corée du Nord font face au même sort.

Selon des femmes ayant été précédemment détenues en Corée du Nord mais s’étant échappées après 2011, les centres de détention sont un enfer pour les femmes. Nombre d’entre elles rapportent avoir été abusées sexuellement ou violées.

Le 11 décembre, une femme ayant réussi a s’échapper a déclaré aux Nations Unies comment ses trois tentatives échouées pour s’échapper avant sa quatrième réussie avaient résulté en des traitements de représailles inhumains.

Le ministère de la sécurité d’État de Corée du Nord l’a forcé à avorter de son premier enfant après avoir été capturée une troisième fois et sa petite sœur a été emmenée par des trafiquants et vendue comme esclave.

La Chine fait face à de nombreux appels de droits de l’homme, les Nations Unies et des pays autour du monde depuis des années pour arrêter de rapatrier les réfugiées nord-coréens.

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