Frères des arbres : l’appel d’un chef papou sur le lien indéfectible entre les hommes et la nature

Depuis une quinzaine d’années, Mundiya Kepanga parcourt le monde afin de témoigner des ravages de la déforestation en Papouasie-Nouvelle-Guinée, terre dont il est originaire. Issu de la tribu ancestrale des Hulis, il est lui-même venu au jour au pied d’un arbre et porte un regard plein de sagesse sur le lien indéfectible qui unit les hommes et la nature.

« Je suis un témoin et un pont entre deux mondes. »

Las de voir les arbres majestueux des forêts verdoyantes de Papouasie-Nouvelle-Guinée tomber sous les coups de hache et les tronçonneuses des employés de l’industrie du bois, il a décidé de tirer la sonnette d’alarme et de tout mettre en œuvre pour préserver le patrimoine végétal exceptionnel de son île dont l’écosystème unique au monde est aujourd’hui menacé.

Photojournaliste et réalisateur, Marc Dozier lui a d’ailleurs récemment consacré un documentaire de 90 minutes, réalisé en coproduction avec la chaîne Arte. Il y dépeint l’aventure hors du commun de ce chef papou, qui sillonne inlassablement la planète afin de sensibiliser le grand public et de mettre en lumière les conséquences désastreuses de la déforestation sur l’environnement.

« Ce film est pour moi comme un tableau impressionniste, car on a des moments poétiques, des moments d’enquête, des moments un peu ethnologiques ; on a aussi des moments un peu plus légers et humoristiques »

Parfois drôle et poétique, le documentaire n’en aborde pas moins avec rigueur et gravité les multiples enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui sous-tendent la déforestation. Il souligne ainsi l’implication des Papous eux-mêmes dans le phénomène, mais pointe également du doigt la participation des sociétés étrangères qui leur achètent ensuite ces essences exotiques pour les transformer en meubles, en parquets et en portes, avant de les acheminer vers les marchés occidentaux, souvent de façon illégale.

« Mundiya n’est pas accusateur envers les Blancs ; il dit d’abord que “c’est nous les Papous, ce sont nos propres mains qui coupent nos propres bois. Ce sont des Chinois ou des Malais qui le vendent, ensuite les gens l’achètent, mais on a tous notre responsabilité.” »

YouTube Screenshot | Marc Dozier

Loin de vouloir stigmatiser ou culpabiliser les comportements des uns et des autres, Mundiya Kepanga énonce avec sagesse des vérités à la fois simples et universelles, espérant que chacun retrouve le lien qui l’unit à la nature et soit capable de s’en émerveiller à nouveau. Les paroles claires et réfléchies du chef papou résonnent en effet avec vigueur au sein de sommets internationaux, aussi bien qu’à l’occasion de rencontres avec les autochtones.

« La forêt nous a été léguée par nos ancêtres, pendant des générations, ils en ont pris soin. »

YouTube Screenshot | Marc Dozier

À travers son témoignage émouvant et sincère, Mundiya Kepanga nous apporte ainsi un éclairage précieux qui nous incite à préserver un héritage millénaire. Espérons que sa voix porte loin et que les efforts qu’il déploie depuis tant d’années ne restent pas vains.

Découvre la bande-annonce du documentaire Frère des arbres ci-dessous :

Enregistrer

Enregistrer

 
VOIR AUSSI