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L'éprouvante vie d'une sorcière

Écrit par Mathieu Côté-Desjardins, The Epoch Times
04.05.2012
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Rebelle, drame écrit et réalisé par Kim Nguyen (Le marais, Truffe, La cité), est le quatrième long métrage d'un des réalisateurs les plus hétéroclites du Québec. Prédestiné à attirer les récompenses du milieu cinématographique aux quatre coins du monde, Rebelle a déjà fait craquer Berlin. Ce n'est qu'une question de mois avant que les États-Unis succombent à leur tour. À nous maintenant de pouvoir apprécier Rebelle

  • La jeune Komona (Rachel Mwanza)uff08u651du5f71: / u5927u7d00u5143uff09

Komona (Rachel Mwanza), une adolescente de 14 ans, raconte à l'enfant qui grandit dans son ventre l'histoire de sa vie depuis qu'elle fait la guerre : tout a commencé à 12 ans, lorsqu'elle a été enlevée. Depuis deux ans, elle se bat avec une kalachnikov, entraînée de force dans l'armée des guerriers rebelles. Le seul qui l'aide et l'écoute est «le Magicien» (Serge Kanyinda), un Africain albinos de 15 ans qui veut l'épouser. Au fil des mois passés ensemble, Komona et le Magicien tombent amoureux l'un de l'autre.

Kim Nguyen ne rate pas une occasion de mettre en scène l'aspect fantasmagorique qui caractérise le début de sa carrière. Cette tendance fortement remarquée dans Truffe (2008) et dans Le marais (2002) s’intègre bien au contexte complexe de Rebelle. Nguyen fait revivre les morts dans l'esprit de son personnage principal, Komona, sous forme d'apparitions communiquant avec elle. Un autre aspect où il est possible de comparer Rebelle avec Le marais est la direction d'acteur plus centralisée sur deux personnages. Notons tout de même que son équipe et lui ont eu l’habileté de gérer des groupes importants de figurants africains pour certaines scènes. Nguyen se montre aussi à l’aise dans la direction de scènes à plus grand déploiement que de scènes plus intimes. En définitive, dans Rebelle, on a plus l'impression d'être à proximité de La cité (2010) que de ses réalisations précédentes.

Malgré certaines scènes ébranlantes, Rebelle revient cycliquement à la tendresse que ne peut réfréner Kim Nguyen. Son souci du détail, entre autres, quant aux rites et aux gestuelles du peuple africain, rend indistincte la ligne entre la fiction et la réalité pour donner l’illusion d’un quasi-documentaire. Le spectateur ne peut que compatir continuellement avec les artisans du film par rapport aux efforts, aux difficultés et aux sacrifices que ce tournage a dû demander.

  • Le Magicien (Serge Kanyinda, arriu00e8re-plan)uff08u651du5f71: / u5927u7d00u5143uff09

Les pistes musicales choisies par Nguyen ajoutent un cran de plus au réalisme et symbolisent fantastiquement la vie qui passe et qui suit son cours en dépit des évènements atrocement affligeants qu'elle peut réserver. Le réalisateur grave quelques moments mémorables de direction photo et confirme son ingéniosité par des tournures simples telle la sonorité d'une porte métallique qu'il transforme en séquence fort expressive.

L'actrice Rachel Mwanza a été la lauréate de l’Ours d’Argent de la meilleure actrice au dernier Festival du film de Berlin. Son interprétation est extraordinaire partant du point de vue de ce que son personnage a enduré, tout en mettant dans la balance le poids émotionnel qu'a dû encaisser la jeune actrice. Le personnage qu'elle incarne ne laisse pas de brèche à aucun faux pas tant il est exigeant. On pourrait en dire autant du personnage plus en retrait, appelé «le Magicien», interprété par Serge Kanyinda. Rachel Mwanza avait en quelque sorte le fardeau d'être irréprochable. Son jeu est stable et ne vient pas empoigner singulièrement le cœur du cinéphile. Les deux vedettes principales de Rebelle, Mwanza et Kanyinda, sont originaires du Congo, tandis qu'Alain Bastien (le Commandant-Rebelle), Ralph Prosper (le Boucher) et Mizinga Mwinga (le Grand Tigre Royal) sont Québécois.

Après une mention spéciale du jury œcuménique à Berlin, Rebelle a été présenté en compétition officielle au Festival du film de TriBeCa à New York en avril.

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