Grève de la faim pour dénoncer l’arrestation de défenseurs des droits de l’homme

La détention de membres du Falun Gong déclenche une série de manifestations

Écrit par Lu Chen, Epoch Times
02.04.2014
  • 25 mars 2014: Six avocats chinois tiennent des banderoles devant le centre de du00e9tention de lQinglong dans la ville de Jiansanjiang, province du Heilongjiang. Les avocats ont commencu00e9 une gru00e8ve de la faim apru00e8s que le centre de du00e9tention leur ait interdit de rendre visite u00e0 des du00e9fenseurs des droits de l'homme illu00e9galement emprisonnu00e9s (Li Jinxing)

Le 25 mars, des dizaines de militants et d’avocats des droits de l’homme des quatre coins de Chine ont bravé le froid pour se rassembler devant un centre de détention policière. Ils ont organisé une grève de la faim pour demander aux autorités chinoises de libérer quatre avocats récemment détenus.

Ces avocats étaient à l’origine venus jusqu’à un centre de détention proche pour eux-mêmes demander la libération de pratiquants du Falun Gong qui y étaient enfermés et avaient probablement été soumis à des tentatives de transformation idéologique, communément appelées lavage de cerveau.

Cette tournure d'événements est tout à fait inédite en Chine. Le Falun Gong, une pratique spirituelle traditionnelle de Chine, est depuis de nombreuses années un des groupes les plus sévèrement persécuté dans le pays. Le fait de publiquement offrir un soutien juridique ou autre aux adhérents est souvent sanctionné de façon brutale et sévère.

Les quatre avocats des droits de l’Homme (Tang Jitian, Jiang Tianyong, Wang Cheng et Zhang Junjie) ont été arrêtés le 21 mars après que 20 policiers aient fait une descente dans leur chambre d’hôtel à Jiansanjiang, dans la province du Heilongjiang située dans l’extrême nord de la Chine.

Cela s’est passé le lendemain de leur visite au centre d’éducation juridique de Qinglongshan où ils ont essayé d’obtenir la libération des pratiquants du Falun Gong qui y sont détenus en raison de leurs croyances. Sept clients des avocats, membres de la famille des pratiquants, ont aussi été arrêtés.

Le centre d’éducation juridique du Heilongjiang est officieusement désigné comme «centre de lavage de cerveau» en chinois, en raison de son but précis de forcer les gens à renoncer à leurs croyances religieuses, souvent au moyen d’endoctrinement de force et de tortures physique et mentale. Un nombre inconnu de pratiquants du Falun Gong sont décédés en garde à vue dans des centres de détention sous la torture ou les coups mortels des agents de sécurité ou de la police.

Suite à leur arrestation, les quatre avocats ont tous écopé d’une peine de 15 jours de détention administrative délivrée par le Bureau de sécurité publique de Jiansanjiang pour avoir «utilisé des activités de culte afin de nuire à la société».

C’est cette condamnation, basée sur ce que leurs collègues considèrent comme une pure invention juridique, qui a poussé des dizaines de militants à affluer vers le centre de détention de Qixing dans la ville de Jiansanjiang où les avocats sont détenus et à demander leur libération.

Selon l'organisme Défenseurs des droits de l’homme, lorsque le centre de détention a rejeté leur requête, deux avocats, Li Jinxing et Zhang Lei, ont entamé une grève de la faim, refusant de quitter la zone jusqu’à ce qu’ils soient autorisé à rendre visite aux autres avocats. Quatre autres avocats et des dizaines de partisans venus d’ailleurs se sont joints à eux.

Un militant chinois connu sur Twitter sous le pseudonyme @Citizen Xiaobiao a publié des photos des avocats tenant des bougies et portant de gros manteaux pour se tenir chaud, en train d’attendre devant le centre de détention dans un froid glacial à minuit.

«Un employé est sorti et a demandé sous quelles conditions les avocats accepteraient de partir? L’avocat Li Jinxing leur a donné trois scénarios possibles: 1) Laissez-nous voir les quatre avocats des droits conformément à la loi; 2) Laissez-nous défaillir de la grève de la faim et être envoyé à l’hôpital; 3) Arrêtez-nous tous».

Les responsables de la sécurité n’ont pas bougé.

Li Jinxing a expliqué sur Weibo qu’au lieu de cela, un homme à proximité à crié qu’ils engageraient des gangs criminels pour tuer les avocats s’ils ne partaient pas.

Plus tard, les autorités de sécurité ont également, semble-t-il, installé un système d’interférence ou de blocage des téléphones mobiles, pour éviter que les avocats continuent d’envoyer des informations relatives à ce qui se passait sur place.

Plus de 50 avocats du Groupe chinois d’avocats des droits de l’homme ont publié une annonce sur Internet dans laquelle ils condamnent les autorités pour les détentions.

Ils ont également exigé une enquête et l’abolition des prétendus centres d’éducation juridique et «prisons clandestines» qui, en désaccord avec la loi, restreignent la liberté personnelle des citoyens et sont utilisés pour se venger des avocats qui tentent d’utiliser la loi chinoise pour défendre les droits de l’homme.

«Les avocats sont forcés d’utiliser la grève de la faim pour défendre les droits», a écrit Jiang Yongji, un autre avocat, rendu furieux par les actes du régime. «Ils piétinent la loi et ne suivent aucune règle, pas même celles de la mafia!»

Il a ajouté: «Qui devrait avoir honte?»

Version en anglais: Night Protests and a Hunger Strike Against Arrest of Rights Lawyers in China

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