Anglais | Chinois | Coréen | Français | Allemand | Espagnol | Japonais | Russe | Ukrainien | Hébreu | Roumain | Bulgare | Slovaque | Tchèque | Indonésien | Vietnamien
Subscribe button

Les beignes de Noël : une tradition familiale bien vivante

Écrit par Pascal Huot et Mathieu Tremblay, Collaboration spéciale
03.12.2008
| A-/A+

 

  • Madeleine Boucharduff08u651du5f71: / u5927u7d00u5143uff09

Chaque année depuis 36 ans, Madeleine Bouchard confectionne avec sa mère des beignes qui font le délice de sa famille durant le temps des fêtes.

Durant la première fin de semaine de décembre, Mme Bouchard réalise des beignes de Noël, un héritage culinaire transmis de mère en fille. Et pas question pour elle de déroger à la règle : «Tu peux en faire durant l’année mais, moi, je trouve que ça n’a pas le même cachet que lorsque ce sont des beignes faits à Noël.» Elle ajoute : «On dirait qu’ils ne goûtent pas pareil.» 

Sa recette, qui provient de sa grand-mère maternelle, constitue une tradition d'une grande importance pour cette résidante de Chicoutimi-Nord. Mme Bouchard l’a apprise par étapes, au contact de sa mère, durant plusieurs années. Il faut savoir que faire des beignes demande de la préparation et une très bonne organisation.

Outre la recette, les instruments culinaires revêtent une grande importance. Pour la cuisson des beignes, Mme Bouchard utilise toujours sa marmite en aluminium fabriquée par son beau-père, il y a 40 ans. «Elle sert uniquement à ça», avoue-t-elle. Elle sort également les beignes de la marmite avec une fourchette adaptée, instrument hérité de sa marraine et possédant une grande valeur sentimentale.

Le moment venu, avec sa mère, elles se mettent donc à l’ouvrage. La première étape consiste à mélanger les œufs et le sucre de façon à obtenir un liquide jaune et sirupeux. Puis, à l’ajout du lait et du beurre fondu, Mme Bouchard se permet une petite variante en incorporant un peu de crème. Après avoir intégré le sel et la poudre à pâte, il faut épaissir la préparation avec la farine. À l’obtention de la texture désirée, Mme Bouchard installe une nappe sur l'îlot de la cuisine et y dépose la pâte pour la pétrir avec les mains. Elle l’étend ensuite au rouleau et coupe les beignes avec son coupe-beigne. «On s’en prépare une certaine quantité parce que, quand on se met à faire cuire, bien là, il faut en avoir pas mal d’avance.» Elles en font en moyenne de 350 à 400, atteignant, une année, un record de 700 beignes.

La cuisinière dépose dans une marmite huit beignes à la fois qui cuisent des deux côtés, jusqu'à l'obtention d'une couleur dorée. Puis, elle les dépose sur des sacs en papier et les laisse refroidir. Finalement, elle distribue les beignes dans les sacs et les conserve au congélateur, en les sortant au besoin.

Au terme de l’aventure, il est temps de s’offrir une petite récompense. Madeleine Bouchard et sa mère s’assoient pour déguster, ultime cérémonial de la journée, le premier beigne réalisé, si celui-ci n’a pas été subrepticement dérobé par un membre de la maisonnée. «On s’assoit, maman et moi, on se fait un bon thé chaud et on mange notre beigne.»

Loin d’être une corvée, il s’agit plutôt d’un moment privilégié passé entre mère et fille.

C’est dans le cadre du projet d’Inventaire des ressources ethnologiques du patrimoine immatériel que Madeleine Bouchard nous a fait part de cette coutume familiale.

Plus de 181 462 740 personnes ont démissionné du PCC et de ses organisations.