Les huiles essentielles, vecteurs de santé

Plus de 30% des Français sont allergiques à un produit au moins, et cela ne cesse d’augmenter en quantité et en intensité. Ainsi, de plus en plus de personnes cherchent des solutions alternatives pour soutenir naturellement leurs défenses immunitaires.

Les huiles essentielles sont fréquemment citées parmi les plus efficaces et les plus riches en principes actifs, mais leur forte concentration en font des produits délicats à utiliser qui présentent un risque de surdosage et un effet irritant si le consommateur n’est pas correctement informé.

En effet, la production d’un tout petit flacon de quelques millilitres nécessite l’utilisation de plusieurs kilogrammes de plantes médicinales. Il s’agit donc de distiller, à la vapeur d’eau, une plante médicinale pour concentrer son infime partie aromatique et volatile.

Depuis des siècles, l’homme utilise ces propriétés médicinales, par exemple, par le biais de fumigations pratiquées à la vapeur d’eau. Ces fumigations se pratiquaient dans les pièces où les malades étaient alités ou, de manière individuelle, la personne se plaçait un linge sur la tête, le visage au-dessus d’un bol d’eau bouillante dans lequel macéraient des plantes médicinales.

On utilisait également les résines de certains arbres ou arbustes de multiples façons, en les plaçant notamment près des malades sur des braises ardentes. La myrrhe, le benjoin et l’encens étaient très réputés, bien que très onéreux, car ils provenaient de contrées lointaines. Ces encens sont toujours utilisés de nos jours, notamment pour créer une ambiance de relaxation et de méditation propice à la détente après une journée de travail.

Ces propriétés et utilisations étaient transmises de famille en famille plus ou moins réputées guérisseuses. Puis les apothicaires se sont approprié ces savoirs ancestraux.

L’aromathérapie a été promue, en France, dans les années 1960 par l’ancien médecin militaire Jean Valnet, lors de la Seconde Guerre mondiale. II utilise les premiers antibiotiques sur les blessés graves des champs de bataille, obtenant des résultats spectaculaires avec de faibles doses. Très vite, il observe, au cours des années, que les doses nécessaires doivent être multipliées, d’abord par mille puis, au cours des décennies suivantes, par millions d’unité. L’aromathérapie lui paraît alors une alternative intéressante qu’il expérimente largement. Depuis, ses livres sont devenus une référence dans ce domaine.

(Chamille White/Shutterstock)

Utiliser les huiles essentielles au début de l’hiver

Actuellement, ces savoirs ont été vulgarisés par de nombreux ouvrages, destinés à des particuliers qui veulent les appliquer afin de traiter leurs problèmes de santé. Mais souvent, par souci de modernité, l’homme a tendance à penser que le «plus» est forcément mieux que «le moins». En déduction, 10 gouttes d’une huile essentielle sembleront forcément 5 fois plus efficaces que 2 gouttes recommandées à chaque prise avec un rythme donné comme toutes les 2 ou 4 heures… Or, ce raisonnement est faux.

Avec les huiles essentielles, il convient de respecter la variété botanique certaine et certifiée, la qualité de la distillation, la posologie précise à un rythme journalier précis, ainsi que le mode de dilution dans l’huile,  l’eau, dans l’alcool ou associées à des poudres d’algues comme le lithothamne qui sert à deux niveaux d’utilisations complémentaires: la dilution de l’huile essentielle et la reminéralisation.

Le lithothamne est une algue marine qui cristallise les minéraux et les oligoéléments dissous dans l’eau de mer dans les mêmes proportions que la propre constitution biologique de nos cellules.

Cette algue se comporte comme un aquarium marin dont l’harmonie de fonctionnement dépend de l’équilibre en minéraux et en oligoéléments selon le dosage marin. Le sel doit absolument être réduit, comme le professeur Quinton l’a démontré il y a déjà un siècle, en perfusant son chien d’une solution d’eau de mer rendue isotonique.

En effet, cette algue, précieuse en tant qu’apport d’éléments véritablement fondamentaux et basiques de la vie cellulaire humaine, est aussi un support intéressant de dilution de l’aromathérapie dont les éléments sont, pour la plupart, acides. Cette association permet alors aux différents principes actifs de se diffuser dans l’organisme en douceur, par la perméabilité des tissus, évitant le choc subi très localisé d’une goutte d’huile essentielle qui peut déstabiliser les organes déjà perturbés par la maladie. Cela évite aussi la détérioration des principes actifs de l’huile essentielle au contact des sucs gastriques et digestifs.

La simplicité d’utilisation est d’1 à 3 gouttes maximum d’huile essentielle sur 1/5 de cuillère à café de lithothamne. Par ailleurs, le lithothamne se présente souvent sous forme de gélules. Dans ce cas, 4 gélules permettent à tous un accès à cette forme moderne qu’est l’aromathérapie, en toute sécurité.

Les huiles essentielles permettent de très bons résultats aussi sur les plaies diverses, car elles ont un pouvoir mouillant et une pénétration exceptionnelle. Certaines traitent les infections O.R.L (Oto-Rhino-Laryngologiques), d’autres les problèmes intestinaux, urinaires comme les cystites, les vaginites, etc.

Elles se marient également très bien avec la propolis, cire produite par les abeilles à partir des résines de certains arbres, dont les propriétés sont anti- infectieuses, antibactériennes à large spectre, antiprotozoaires, anti-inflammatoires, anesthésiques et favorisant la régénération tissulaire.

(ValuaVitaly/iStock)

Pour les problèmes nerveux et psycho-émotionnels, certaines huiles essentielles décontractent les muscles et les tissus cutanés par l’utilisation d’onguents ou l’association d’huiles de massages, utilisées avec des techniques diverses. Par des effets réflexes, elles soulagent en profondeur les tissus nerveux. Ces résultats se retrouvent aussi bien dans des cas post-traumatiques et accidentels que lors de tensions musculaires liées aux sports, aux travaux physiques répétitifs professionnels ou non.

Prenons l’exemple de l’huile essentielle la plus connue, appelée couramment essence de lavande, qui, sans plus de précisions sur le flacon, est souvent une reproduction composée uniquement de pétrochimie artificielle et qui doit absolument être évitée. Dans plus de 95% des cas, il s’agit au mieux d’une des nombreuses variétés hybrides appelée lavandin, beaucoup plus productive, avec de grosses touffes de couleur bleu-violet, très classique sur les cartes postales provençales.

La vraie lavande, dont les plants sont maigrichons, les fleurs peu nombreuses et d’un bleu-violet à dominante grise, est peu photogénique.

Distillé, parmi toutes les variétés, le lavandin abrialis ou lavandin super est, parmi les huiles essentielles, la plus renommée pour désinfecter les plaies en profondeur et hâter la cicatrisation et les inflammations, car beaucoup plus camphrée que la vraie lavande dite «fine». Celle-ci est souveraine pour calmer la nervosité ou pour les migraines, en application dessus et sous les narines, puis sur les tempes et le plexus solaire. Ainsi, il est important de bien se renseigner, lire les étiquettes et choisir les labels AB, tels que «Nature et Progrès», le plus ancien et le plus sélectif des labels.

Pour en savoir plus: L’aromathérapie, se soigner par les huiles essentielles, Dr Jean Valnet, édition Poche.

 
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