Instruments typiques de la musique chinoise traditionnelle

Ici nous vous présentons les instruments couramment répandus dans la musique traditionnelle chinoise. Quels sont ces instruments ? Leur technique de jeu ? La symbolique de leur facture ? Les histoires liées à ces instruments ?

L’erhu

L’erhu est un instrument fabriqué à l’aide de deux cordes, retenues par un manche et d’une caisse de résonance. Il n’y a pas de fret (repères de notes) sur le manche. Cet instrument se tient à la verticale et se joue au moyen d’un archet, qui est imbriqué entre les deux cordes.

Erhu de la dynastie Qing. L’archet est normalement imbriqué dans les cordes de l’instrument. (Metmuseum)

La sonorité de cet instrument est très expressive, parfois mélancolique et tout comme le violon, l’alto ou le violoncelle, sa ressemblance avec les intonations de la voix humaine en font l’un des instruments les plus touchants de la musique chinoise. Son expressivité est très étendue puisqu’il imite même le cris de certains animaux. Contrairement à son allure modeste, c’est l’un des instruments les plus expressifs.

Il a fait souvent l’objet d’apparition soliste, tandis que l’Orchestre de Shen Yun, qui accompagne les spectacles de la compagnie de danse Shen Yun Performing Arts, le fait jouer en association avec des instruments occidentaux. L’orchestre fait aussi entendre l’erhu dans des pièces originales, accompagné au piano.

Dans la vidéo ci-dessous, la virtuose Xiaochun Qi, membre de l’Orchestre de Shen Yun, nous présente cet instrument versatile :

Le pipa

Le pipa est aussi un instrument à cordes, mais pincées et dont l’apparence n’est pas si lointaine avec le luth que l’on connaît en occident.

La facture de cet instrument est riche de symbolique, comme on peut le lire sur le site officiel de la compagnie artistique Shen Yun Performing Arts. Sa caisse de résonance mesure 3,5 chi (mesure chinoise) pour signifier les Trois mondes (le ciel, la terre, les hommes) et les 5 éléments (le feu, l’eau, la terre, le métal et l’air). La présence de 4 cordes représente quant à elles les quatre saisons.

Cet instrument est souvent l’attribut de fées célestes, dans les dessins traditionnels chinois.

Dans cette vidéo, l’interprète Miao-tzu Chiu jouant également dans l’Orchestre de Shen Yun nous montre « le roi des instruments chinois ».

Dizi et xiao

Parmi les flûtes chinoises, il y a le dizi et le xiao. La première se joue en la tenant sur le côté, comme la flûte traversière, tandis que la seconde se présente devant comme la flûte à bec.

La caractéristique du dizi est sa sonorité brillante et légèrement bourdonnante. Cela est obtenu au moyen d’une perce supplémentaire, située entre l’embouchure et les autres perces, qui est recouverte d’une membrane.

Flûte dizi de la dynastie Qing. La Chine possède également des flûtes datant de plus de 8000 ans, en os d’oiseaux, ce qui leur confère un timbre spécifique. (Metmuseum)

Expressive, cette flûte est utilisée pour évoquer les sons de la nature et particulièrement de la forêt.

Le suona, instrument espiègle et enjoué

Si vous avez assisté au spectacle de Shen Yun, vous vous souviendrez certainement d’un son au caractère espiègle. Il s’agit du suona.

Shen Yun Performing Arts le fait souvent entendre pour représenter un personnage sympathique un brin farceur.

Traditionnellement, cet instrument est l’invité des fêtes, notamment les mariages. Cependant, il est aussi un instrument qui accompagne les funérailles.

Le gong, vous le connaissez certainement !

Cet instrument à percussion chinois est bien connu du grand public. Il est fait d’un grand plateau métallique, suspendu verticalement, que l’on frappe au moyen d’une mailloche.

Sa sonorité profonde rend ses interventions solennelles. Il marque le début d’une œuvre et certains films l’utilisent pour marquer le début d’un combat d’arts martiaux.

Ici, Brian Marple, percussionniste de l’Orchestre de Shen Yun, présente les instruments à percussion chinois, dont le célèbre gong.

Le guzheng

Cet instrument parfois appelé zheng, est une sorte de cithare. Il possède 21 cordes que l’on pince à l’aide de 4 plectres (onglets) fixés sur la main droite. La main gauche presse plus ou moins légèrement les cordes, ce qui a pour effet de modifier la note ou d’étouffer la résonance.

Une joueuse de guzheng, un instrument classique chinois, en 2006 à Suzhou en Chine. (G41rn8/CC BY-SA 4.0)

Le guzheng est un des autres instruments chinois à pouvoir être joué en tant que soliste.

 
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