L’acuité mentale durant les expériences de mort imminente suggère que l’esprit existe séparément du corps

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Si l’esprit est seulement une fonction du cerveau, on pourrait penser que plus le cerveau est endommagé et plus l’esprit a des difficultés. Tandis que c’est ce que trouve une bonne partie de la recherche actuelle sur le cerveau, il existe un ensemble de preuves suggérant autre chose : dans des circonstances extrêmes comme des évènements proches de la mort, le cerveau donne l’impression de mieux fonctionner alors qu’il est endommagé.

Cela suggère que l’esprit pourrait fonctionner indépendamment du cerveau.

L’un des chercheurs ayant étudié de tels cas est le Dr Alexander Batthyany, professeur de psychologie et de philosophie au Département de sciences cognitives de l’université de Vienne.

Dans son étude publiée dans Journal of Near-Death Studies en 2014, Batthyany et ses collègues ont passé en revue des milliers de cas d’expériences de mort imminente (EMI) pour déterminer la qualité de la vision et de la cognition.

Il rapporte : « Plus la crise physiologique est sévère, plus les personnes ayant vécu des EMI ont rapporté avoir expérimenté un fonctionnement cognitif et sensoriel clair et complexe. »

L’objectif de Batthyany était, entre autres, de répliquer des études antérieures, peu nombreuses, s’étant intéressées à la qualité de la vision et de la cognition durant les EMI.

Dans une étude de 2007 conduite par des chercheurs de l’université de Virginie et intitulée Unusual Experiences: Near Death and Related Phenomena, 52,2 % des personnes ayant vécu des EMI ont rapporté une vision plus claire. Jeffrey Long, docteur en médecine et fondateur du Near Death Experiences Research Foundation (NDERF), indique dans une étude menée sur 1122 personnes ayant vécu des EMI que près de 74 % ont rapporté « une plus grande conscience et plus de vigilance ».

« Je me sentais très conscient, totalement présent, vif et concentré. Rétrospectivement, c’est comme être à moitié endormi lorsque j’étais vivant, et complètement réveillé après avoir été annoncé mort », rapporte un autre expérimentateur cité dans l’étude de Batthyany.

« Mon esprit paraissait plus clair et mes pensées semblaient plus rapides et décisives. Je sentais un grand sens de la liberté et étais assez content d’être débarrassé de mon corps. J’ai senti une connexion avec tout autour de moi d’une façon que je ne pourrais décrire. J’ai eu l’impression de penser plus vite ou que le temps s’était considérablement ralenti », exprime un autre.

Bien que l’étude de Batthyany ait confirmé dans une certaine mesure les résultats des études précédentes montrant une augmentation du fonctionnement cognitif et sensoriel durant les EMI, sa méthodologie avait certaines limitations. Il a indiqué que ces limitations pourraient avoir conduit à sous-estimer le pourcentage de personnes ayant vécu une cognition accrue lors des EMI.

Les limitations de la méthodologie

Batthyany a compilé des milliers de rapports écrits de témoignages en ligne de ces expériences, comme sur le site NDERF. Il les a ensuite passé dans un programme informatique qui a identifié les mots reliés à la vision ou à la cognition (comme « voir » ou « pensée »).

Lui et ses collègues ont alors noté la qualité de la vision ou de la cognition décrite dans ce petit échantillon sur une échelle allant de -2 à +2. Ils ont ensuite rétréci leur étude aux expériences comprenant des explications détaillées des conditions médicales accompagnant les EMI. Seuls les patients ayant eu un arrêt cardiaque et/ou respiratoire ont été inclus dans cette étude.

Des études précédentes ont demandé directement aux personnes ayant vécu des EMI la qualité de leur vision et de leur cognition. L’étude de Batthyany n’a cependant analysé que l’information donnée dans les témoignages d’EMI en général. Par exemple, lorsqu’il a décidé qu’il n’y avait « pas de changement » dans la cognition ou la vision dans certains témoignages, cela pourrait être biaisé car il y a bien eu un changement, mais la personne ayant vécu une EMI n’a pas pu la décrire assez spécifiquement pour que cela soit compté.

Sur les personnes ayant vécu des EMI qui ont mentionné la perception visuelle, seuls 47 % ont rapporté avoir eu une vision accrue. Et 41 % avaient une vision inchangée, « ce qui est en soi remarquable, étant donné que ces patients étaient dans une grave crise médicale et souvent inconscients », fait remarquer Batthyany dans un email à Epoch Times.

Sur les personnes ayant vécu des EMI et qui ont fait des références explicites à la conscience et à l’activité mentale, près de 35 % ont rapporté avoir eu une conscience et une activité mentale accrues. Et près de 61 % ont rapporté une conscience normale du quotidien durant un arrêt cardiaque et respiratoire.

Étant donné les implications de son étude, Batthyany a pris soin de noter d’autres lacunes dans sa méthodologie, comprenant le fait que les descriptions d’EMI en ligne peuvent inclure certains rapports frauduleux. Mais il a également noté les raisons pour lesquelles ces lacunes méthodologiques n’impactent probablement pas sa découverte plus générale que les EMI incluent une vision et une cognition accrues.

Par exemple concernant le risque de témoignages frauduleux, il écrit : « Sur NDERF, le plus important contributeur des EMI ici étudiées, moins de 1 % des EMI publiées ont été retirées en raison de problèmes attribuable à leur validité. De plus, étant donné le nombre important de témoignages, il est peu probable que des faux témoignages aient significativement biaisé nos résultats dans une direction ou une autre. On pourrait s’attendre à ce que des faux témoignages… soient caricaturaux du déroulement d’une EMI. »

En plus de ces études sur les EMI, des études sur le phénomène de la lucidité terminale et de la prise de conscience supportent également la conclusion selon laquelle l’esprit pourrait être engagé dans une activité consciente complexe bien que le fonctionnement du cerveau soit alors sérieusement détérioré, indique Batthyany.

Des patients ayant été totalement incohérents pendant de nombreuses années retrouvent finalement leurs esprits peu avant la mort.

La lucidité terminale, la prise de conscience

Le chercheur sur les EMI a aussi étudié la lucidité terminale chez des patients atteints d’Alzheimer. Il s’agit d’un phénomène dans lequel des patients qui ont été totalement incohérents pendant de nombreuses années retrouvent finalement leurs esprits peu avant la mort.

Lorsque le cerveau est à un stade de dégénérescence avancé, on s’attendrait à ce que la capacité de faire des connexions cohérentes entre les souvenirs et différentes pensées et émotions soit partie depuis longtemps de sorte qu’une personne « pleinement consciente » ne puisse plus émerger. Pourtant, à ce moment, l’esprit semble s’éclairer, avec toutes ses connexions intactes.

La « prise de conscience » se réfère au phénomène dans lequel des personnes aveugles ont rapporté avoir été capables de voir durant des EMI. Ceci a par exemple été étudié par Kenneth Ring à l’université du Connecticut. Ring a trouvé que 15 des 21 participants aveugles avaient rapporté une forme de vision durant les EMI.

Des hallucinations ?

Batthyany fait remarquer que certains scientifiques considèrent les EMI comme des hallucinations produites par des processus neurophysiologiques.

« Les découvertes rapportées dans cette publication et des cas de lucidité terminale et de prise de conscience semblent néanmoins suggérer autre chose, en ceci qu’ils indiquent la présence d’une expérience consciente complexe et structurée durant le déclin, la détérioration ou l’absence des corrélats neurobiologiques généralement tenus comme des facteurs causaux des EMI – et de l’expérience consciente en général », indique-t-il.

Il a conclu que la conscience – comprenant un sens de l’individualité, une imagerie visuelle complexe et une clarté mentale – peut parfois survivre au fonctionnement altéré du cerveau, comprenant même un électroencéphalogramme plat de l’activité électrique du cerveau.

La lucidité terminale et la prise de conscience sont un phénomène très rare, mais les EMI sont plus nombreuses et « nos résultats suggèrent que la continuité de l’imagerie visuelle, de l’activité mentale et du sens d’individualité sont la règle plutôt que l’exception durant les EMI ».

Batthyany écrit : « Il reste pour les chercheurs futurs à confirmer ou infirmer notre observation informative par l’analyse formelle. »

Son étude Complex Visual Imagery and Cognition During Near-Death Experiences peut être trouvée dans le volume 34 n°2 du Journal of Near-Death Studies.

Version anglaise

 
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