Le directeur d’un hôpital chinois impliqué dans les prélèvements forcés d’organes est limogé

L’agence de presse officielle Xinhua a rapporté le 7 avril que Shen Baozhong, vice-président de l’Académie des sciences médicales du Heilongjiang et directeur du quatrième hôpital affilié à l’Université médicale de Harbin (UMH), fait l’objet d’une enquête par les autorités communistes chinoises. Il est soupçonné de « graves violations de la discipline du Parti ».

Ce terme est un euphémisme généralement utilisé pour englober différentes sortes de corruption. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le dirigeant chinois Xi Jinping a utilisé une campagne anti-corruption pour éliminer les ennemis politiques et mettre à l’écart des responsables problématiques.

Les autorités chinoises n’ont pas précisé les crimes présumés de Shen Baozhong. Toutefois, on peut noter que l’hôpital dont il était responsable a été impliqué dans les opérations sur le marché noir du trafic d’organes en Chine.

Selon les reportages de médias chinois et sa biographie officielle de membre du Parti communiste, Shen Baozhong avait « toute une variété d’identités, de titres et de distinctions ». Il est bien connu en Chine dans les cercles médicaux et académiques.

Le journal chinois Science and Technology Daily a rapporté le 11 mars que l’équipe médicale dirigée par Shen Baozhong avait publié un article sur la thérapie contre le cancer et que cet article a été republié dans un journal médical à l’étranger.

Les infirmières passent devant le bâtiment A3 de l’hôpital d’isolement au sud-ouest de Shanghai, le 14 mai 2013. (Peter Parks/AFP/Getty Images)

Dès 2009, des rumeurs circulaient que Shen Baozhong était impliqué dans des affaires de corruption. Un article posté en mars 2009 sur Tianya, un forum Internet populaire chinois, soutenait que Yang Yanming, représentant légal d’une société de technologie médicale dans la province du Heilongjiang, aurait demandé et accepté des pots-de-vin en mentionnant le nom de Shen Baozhong. Le montant d’argent obtenu par Yang Yanming depuis 2004 a été suffisant « pour le condamner à la peine de mort ».

Les rumeurs au sujet de la corruption de Yang Yanming ont apparu au moment où Shen Baozhong a été nommé à la tête du quatrième hôpital affilié à l’UMH en septembre 2004.

Lorsque Shen Baozhong dirigeait l’hôpital de Harbin, cet établissement médical a été impliqué dans des crimes beaucoup plus pervers et macabres que la corruption.

Selon un rapport d’enquête publié en octobre 2006 par Minghui.org, un site qui recueille et publie les informations sur la persécution en Chine de la pratique spirituelle du Falun Gong, le département de recherche en anatomie de l’UMH avait utilisé un immeuble abandonné dans la banlieue de Harbin pour y préserver des cadavres et les vendre à l’étranger. Les habitants locaux ont remarqué que des voitures mystérieuses entraient et sortaient fréquemment du bâtiment la nuit et l’ont signalé à la police.

Par la suite, l’UMH a envoyé un avis interne à son personnel afin d’empêcher que l’incident ne soit davantage exposé, révèle le rapport de Minghui.

Cet incident faisait partie des cas soumis à une enquête après le lancement, en 2006, de la campagne mondiale visant à enquêter sur les allégations de prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong en Chine.

Une manifestation à Ottawa, Canada, en 2008, mettant en scène des prélèvements forcés d’organes en Chine. (Epoch Times)

Le Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa, est une pratique traditionnelle de type qigong qui vise l’amélioration personnelle et comprend des exercices, dont une méditation, ainsi que des enseignements fondés sur les principes d’authenticité, de bienveillance et de tolérance. Elle est devenue très populaire en Chine dans les années 1990 et était encouragée par les autorités pour ses bienfaits sur la santé : au début de 1999, les sources officielles estimaient à environ 70 millions le nombre de Chinois qui la pratiquaient. Craignant la popularité grandissante de cette pratique, ainsi que son indépendance de l’État-Parti, l’ancien chef du Parti Jiang Zemin a lancé en juillet 1999 une répression du Falun Gong à l’échelle nationale, accompagnée d’une immense campagne de propagande diffamatoire.

Jiang Zemin a mobilisé l’appareil judiciaire et sécuritaire du régime pour arrêter et détenir les pratiquants. Plus de 4 000 personnes ont été tuées à la suite de tortures et de mauvais traitements pendant leur détention. Toutefois, en raison du strict contrôle de l’information par le régime chinois, ce chiffre ne devrait représenter qu’une fraction du nombre réel de décès, souligne le Centre d’Information du Falun Dafa.

Selon les chercheurs indépendants, un très grand nombre de pratiquants de Falun Gong ont été tués pour leurs organes, vendus par la suite dans le cadre d’un lucratif programme de prélèvement d’organes effectué par le régime chinois.

Les premier, deuxième, troisième et quatrième hôpitaux affiliés à l’UMH sont répertoriés parmi les hôpitaux soupçonnés d’être impliqués dans des prélèvements forcés d’organes, selon l’Organisation mondiale d’enquête sur la persécution du Falun Gong (WOIPFG), une ONG à but non lucratif basée aux États-Unis.

Dans un entretien téléphonique enregistré en 2016, le Dr Chen Zhaoyan du deuxième hôpital affilié à UMH a déclaré aux enquêteurs de WOIPFG : « Nous avons commencé à effectuer des transplantations de rein de donneurs vivants à partir de 1999. »

Sunny Chao

Gao Yi de New Tang Dynasty Television a contribué à cet article.

Version originale

Vidéo recommandée :

Un docteur témoigne de l’horreur des prélèvements d’organes forcés en Chine

 
VOIR AUSSI