Le parcours miraculeux de l’Impact connaît une triste fin contre le Club América

 

MONTRÉAL – L’Impact de Montréal a pratiquement réalisé l’inimaginable le 29 avril dernier, soit de remporter la finale de la Ligue des Champions de la CONCACAF contre le Club América de Mexico, une superpuissance continentale.

Au bout du compte, América l’a remporté 4 à 2 (5 à 3 au total des buts) et n’a laissé aucun doute quant à l’équipe qui trône au sommet de la CONCACAF.

Avec une foule de 61 004 derrière l’Impact, la plus grande foule à avoir assisté à une partie de soccer au Canada, Montréal a joué avec beaucoup de confiance. Son premier but en a été la preuve.

«Ce fut incroyable pour nous. J’en avais la chair de poule. Sérieusement, c’était le paroxysme», a déclaré l’entraîneur de l’Impact, Frank Klopas, en conférence de presse d’après-match.

Malheureusement pour Klopas et sa troupe, les Mexicains ont fait l’étalage de tout leur talent. Ils ont calmé le jeu, ils ont contrôlé la possession du ballon et ils ont joué avec finesse pour ramener l’Impact sur terre.

Montréal avait pourtant parti le bal avec une percée sublime d’Ignacio Piatti à travers la défense d’América qui a ensuite remis le ballon à Andres Romero dans la surface. Ce dernier s’est donné juste assez d’espace pour terminer le jeu avec une belle frappe qui a déjoué la défense et le gardien mexicains. Le Stade olympique a éclaté en applaudissements comme rarement auparavant.

On aurait pu croire que les dieux du soccer favorisaient l’Impact lorsque la touche à bout portant de Dario Benedetto d’América a frappé le dessous de la barre transversale, mais sans pénétrer dans le but.

Benedetto a toutefois marqué un but digne de la finale de la Ligue des Champions pour égaliser la marque et donner le ton à une remontée d’América en deuxième demie. Il a terminé la soirée avec un tour du chapeau.

Le premier de Benedetto est venu en récompense bien méritée pour América, qui a ensuite conclu l’affaire avec deux buts en deux minutes peu après la 60e minute. La foule s’est tue, réalisant que les chances de l’Impact de gagner étaient pratiquement nulles.

«Nous avons entamé la deuxième demie avec un manque d’énergie et nous avons été punis par une bonne équipe», a commenté le milieu de terrain Dilly Duka.

L’attaquant Jack McInerney, entré en remplaçant, a marqué le deuxième de l’Impact, mais c’était trop peu trop tard.

Quasi miracle sur la pelouse artificielle

Si Montréal avait réussi à causer l’immense surprise, elle aurait pu avoir la chance d’affronter des équipes comme Real Madrid, Barcelone ou Bayern Munich à la Coupe du monde des clubs de la FIFA.

Que cela ne tienne, le parcours de l’Impact rappelle la victoire du Canada à la Gold Cup de la CONCACAF en 2000 et la victoire surprenante de la Grèce à l’Euro 2004. Advenant une victoire, l’Impact aurait marqué l’histoire.

«Nous devrions être fiers de ce que nous avons accompli», a dit Klopas. «Je suis extrêmement fier de nos gars.» Klopas a emmené tout son personnel d’entraîneurs à la conférence de presse pour les féliciter pour leur bon travail et pour avoir monté une équipe solide en peu de temps.

«Nous allons essayer de laisser ça derrière nous et d’en tirer une leçon», a ajouté Klopas. «Ça va nous rendre meilleure en tant qu’équipe.»

Long parcours

Le parcours de l’Impact a débuté avec une défaite de 2 à 1 le 7 mai 2014 contre une équipe de seconde division, le FC Edmonton. L’Impact est toutefois revenu avec une victoire de 4 à 2 lors du match retour et a ensuite rencontré le Toronto FC.

L’impact a vaincu le Toronto FC 2 à 1 au total des buts et a ainsi accédé à la phase de groupes de la Ligue des Champions.

L’Impact a d’abord remporté deux victoires contre un club faible, le CD FAS du Salvador, avant de battre 1 à 0 le favori du groupe, les Red Bulls de New York, en septembre dernier à Montréal. Ce résultat important a permis à Montréal de terminer en tête de son groupe et d’accéder à la phase éliminatoire.

L’Impact s’est placé en bonne position pour remporter la finale avec un surprenant verdict nul 1 à 1 au stade Azteca de Mexico le 22 avril dernier.

La règle des buts marqués à l’étranger a été des plus favorables pour l’Impact. Montréal a pu écarter le club mexicain Pachuca et le club costaricain Alajuelense en demi-finale en marquant plus de buts à l’étranger que ses adversaires.

Pour rendre la tâche encore plus difficile pour l’Impact, son gardien de premier plan Evan Bush n’a pu participer au match en raison d’un carton jaune reçu à la fin du match aller le 22 avril au Mexique. L’Impact a causé un peu de controverse en faisant planer la possibilité qu’il pourrait emprunter un gardien chez un autre club de la MLS.

En fin de compte, Montréal s’est rabattu sur le gardien allemand Kristian Nicht qui a été mis sous contrat deux jours avant le match.

L’Impact doit vite retrouver ses esprits après la défaite, car le championnat canadien 2015 débutera la semaine prochaine contre le Toronto FC. Bien entendu, Montréal a remporté le championnat en 2014, ce qui lui a permis d’entrer en Ligue des Champions.

L’attaquant blessé Cameron Porter, dont le but in extremis contre Pachuca avait propulsé l’Impact en demi-finale, a bien résumé la situation.

«Blessures et cartons jaunes, ce sont des choses qui arrivent et cela ne fait que démontrer la profondeur de cette équipe. Malgré ces blessures et malgré ces revers, nous avons pu mettre une équipe sur le terrain tout au long du tournoi qui a connu beaucoup de succès», a commenté Porter.

«Nous devrions être fiers de cela.»

Version originale : Impact’s miraculous run falls short against Club América

 
VOIR AUSSI