Les disciples de Confucius l’interrogent concernant la Bienveillance

La bienveillance est un concept très important dans la philosophie de Confucius.

Confucius estimait qu’un haut standard moral est souvent reflété dans le fait que les pensées et les actions d’une personne sont cohérentes avec le principe de bienveillance. Il louait son disciple favori Yan Yuang, pour être capable de « ne pas trahir la bienveillance pendant trois mois consécutifs ».

Confucius considérait la bienveillance comme le caractère moral le plus élevé. Il disait : «  Si les gens ne sont pas bienveillants, quel mérite y -a-t-il à avoir de bonnes manières ? Si les gens ne sont pas bienveillants, quel mérite y a-t-il à avoir bon goût en musique ? La bienveillance existe dans la nature de chacun. Tant que quelqu’un souhaite être bienveillant, il peut s’en approcher. »  « La bienveillance est-t-elle hors de portée ? Pour autant et aussi longtemps que je recherche la bienveillance, elle viendra. »

La droiture, la persistance, la simplicité et l’honnêteté, ces traits de caractères sont tous très proches de la bienveillance. D’un autre côté un langage fleuri et la flatterie atteignent rarement le statut de la bienveillance.

Confucius croyait qu’aussi longtemps qu’une personne souhaite être bienveillante, elle ne commettra plus le mal. Pour un homme de bien avec un caractère noble, la bienveillance est encore plus essentielle. « Si un homme de bien s’éloigne de la bienveillance, comment pourrait il prétendre au titre d’homme de bien ? Un homme de bien ne s’éloigne pas de la bienveillance même le temps d’un repas. Ceci est vrai même dans les situations adverses et dangereuses, et lorsqu’il voyage loin de chez lui. »

Fan Chi questionna un jour à propos de la bienveillance. Confucius déclara :  « Lorsque vous êtes seul, soyez attentifs à vos actions. En travaillant, respectez votre travail. Dans le commerce avec autrui, faites de votre mieux. Même lorsque vous allez dans un endroit où les gens n’ont ni manières ni culture, vous devez persistez dans ces principes. »

Fan Chi demanda : « Si une personne ne craint pas les difficultés et ne se soucie pas de gains personnels, est-elle considérée bienveillante ? Souciez-vous des gens ! », répondit Confucius.

Yan Yuan posa la question de la bienveillance. Confucius expliqua : « Conquérez vos désirs égoïstes et retournez à la voie de la civilité. Une fois cela accompli, chacun sous le même ciel sera inspiré et cherchera à être bienveillant. Pratiquer la bienveillance ne dépend que de soi-même. »

Yan Yuan demanda comment le faire spécifiquement. « Ne regardez, n’écoutez, ne dîtes ou ne faites quoi que ce soit qui ne se conforme pas à la civilité », répondit Confucius.

Zhong Gong interrogea à propos de la bienveillance et Confucius répondit : « Lorsque vous sortez, agissez comme si vous alliez rencontrer des invités importants. Un fonctionnaire devrait agit solennellement comme lors d’un important rituel. Si vous ne souhaitez pas qu’on vous fasse certaines choses, ne les faites pas à autrui. Si tout le monde était ainsi, il n’y aurait de plaintes ni au sein du pays, ni au sein de la famille. »

À Sima Su qui lui posait la question de la bienveillance, Confucius affirma : « Une personne bienveillante prête attention aux mots qu’elle emploie et a de la considération de sorte qu’elle n’embarrasse pas les autres. »

Zi Zhang interrogea lui aussi Confucius concernant la bienveillance et Confucius répondit : « Si vous pouvez avoir cinq nobles caractéristiques dans ce monde, alors vous êtes parvenus à la bienveillance. Ces cinq nobles caractéristiques sont : l’humilité et la politesse, la tolérance, l’honnêteté et la foi, la diligence et l’attention aimable. »

Zi Gong demanda comment pratiquer la bienveillance. Confucius dit : « Si un charpentier veut bien faire son travail, il doit d’abord organiser ses outils. En vivant dans un pays, vous devez servir les intellectuels qui sont à la fois vertueux et talentueux, et vous lier d’amitié avec les fonctionnaires qui recherchent la bienveillance. »

Zi Gong demanda : « Si une personne peut faire des choses pour le bénéfice d’autrui et les aider à travers les difficultés, peut on considérer que cette personne est bienveillante ? »

« C’est bien au-delà de la bienveillance. Seuls les saints peuvent atteindre un tel état ! », répondit Confucius. « Yao et Shun (d’anciens rois) étaient tous deux conscients de leur insuffisance en ce domaine. »

« Si une personne bienveillante veut être bien éduquée et cultivée, elle doit aussi aider les autres à être éduqués et cultivés. Si elle souhaite réussir, elle doit aussi aider les autres à réussir. Trouver comment aider les autres sur la base de comment vous voudriez être traité est aussi une façon d’appliquer la bienveillance. »

Source: Lun Yu – version originale Clearharmony

 
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