Les îles Fidji et l’impact du dérèglement climatique à la COP 23

Une pirogue traditionnelle fidjienne, appelée drua, fait office d’emblème de résilience et d’unité pour la conférence de l’ONU sur le changement climatique à Bonn COP23, qui se déroule du 6 au 17 novembre.

C’est une pirogue de haute mer à double coque, cette drua a été construite aux îles Fidji il y a trois ans. Les îles Fidji président cette année la conférence de l’ONU. « Cette pirogue est un superbe exemple de la dextérité fidjienne ; elle illustre également la résilience de la culture ancestrale du Pacifique face aux effets néfastes du changement climatique », a affirmé Nick Nuttall, porte-parole de la COP23 et directeur de la communication de l’ONU aux Changements climatiques.

C’est un état insulaire vulnérable: les îles Fidji subissent déjà des impacts du dérèglement climatique comme l’élévation du niveau de la mer et la survenue de cyclones plus violents. Les îles Fidji vont veiller à l’application intégrale de l’Accord de Paris et savent que le résultat de la COP 23 sera déterminant pour la survie de l’archipel.

« Nous avons besoin que cette COP23 accélère l’action climatique », a poursuivi Nick Nuttall. « La conférence est une étape décisive sur la voie irréversible sur laquelle nous sommes engagés : celle d’un avenir à faibles émissions de carbone, celle sur laquelle nous devons continuer de cheminer ensemble, plus loin et plus vite », a-t-il précisé.

Un symbole des talents fidjiens
« La pirogue est construite dans du bois dur tropical et il n’y a pas de métal à l’intérieur », a expliqué Docteur Lee Hooper, socio-anthropologue à l’Université d’East Anglia au Royaume-Uni: il est spécialiste des arts du Pacifique. La pirogue est entièrement assemblée par des cordes de fibres de coco. Les coquillages qui y sont fixés sont des symboles utilisés par les élites pour renforcer leur statut social.

« Cette drua, appelée Adi Yeta, est l’incarnation de l’étendue des talents des Fidjiens et de leur ingénuité », a-t-il indiqué.

Mais pour Monika Hörig, porte-parole de la ville de Bonn, la drua exprime aussi autre chose : « Cette pirogue illustre la vulnérabilité d’un État insulaire comme l’archipel des Fidji, et l’exposition croissante aux effets du changement climatique de ces îles du Pacifique qui sont encore, pour beaucoup de personnes à Bonn, une destination de rêve », a-t-elle précisé.

La dure réalité du réchauffement climatique
Les îles du Pacifique, en tant que groupe, peuvent être les nations les plus vulnérables de la planète aux effets du changement climatique. Les dirigeants des îles du Pacifique ont publié La Déclaration de Suva, un appel lancé au monde entier pour qu’il prenne des mesures plus drastiques en faveur du changement climatique. « Les dirigeants ont déclaré que la norme qui serait finalement adoptée à Paris plus tard cette année pour limiter le réchauffement climatique à 2° C n’était plus sécuritaire pour la survie des petits États insulaires en développement du Pacifique et ont appelé à des engagements mondiaux visant à limiter le réchauffement bien au-dessous de 1,5°C, au-dessus des niveaux préindustriels. »

Les îles du Pacifique sont déjà confrontées à une dure réalité. 1 700 habitants sur les 2 500 habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de l’île Carteret ont été désignés comme les premiers réfugiés environnementaux au monde, plus de 20 000 réfugiés du climat des Îles Marshall ont émigré aux États-Unis en raison de ces conditions météorologiques extrêmes. Le cyclone Pam, qui a traversé le Vanuatu en mars 2015, a laissé 75 000 habitants sans domicile. Le cyclone Winston de février 2016, la pire tempête jamais enregistrée dans l’hémisphère sud, a coûté la vie à 44 Fidjiens. D’ici à 2050, la Banque mondiale prédit une hausse des marées et l’augmentation des ondes de tempête qui engloutira la moitié de Bikenibeu, une colonie de Kiribati abritant 6 500 personnes.

 
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