Des Éthiopiens en Amérique du Sud : retracer les artefacts et les témoignages culturels des anciens voyageurs d’Afrique de l’Est

Les archéologues ont découvert de nombreux artefacts suggérant que des Africains ont vécu en Amérique pré-colombienne et dans les lieux comprenant le Tiahuanaco et Valdivia. Les épigraphes et les archéologues ont même trouvé la preuve que les Aksoumites, les Méroïtes et les Pountites pourraient avoir voyagé en Amérique du Sud avant Colomb.

Il y a un certain nombre de preuves indiquant que les Sumériens ont été en Amérique du Sud, qu’ils appelaient alors Kuga-Ki. C’était là que les Sumériens puisaient l’étain et d’autres minerais. Les Africains de l’Est ont sûrement connu l’Équateur et le Pérou par les Sumériens. Durant les empires arwe et aksoumite, des Éthiopiens parlant sémitique ou pountite auraient voyagé en Amérique du Sud.

Potosi, la première image en Europe. Pedro Cieza de León, 1553. Potosi est une célèbre ville minière en Bolivie.

Le témoignage d’anciens Éthiopiens dans la région des Andes

Entre 13 000 av. J.-C. et 600 ap. J.-C. , des Africains d’Afrique de l’Est ont commencé à s’établir en Amérique du Sud. De nombreux squelettes d’Africains ont été retrouvés en Équateur, dans des parties du Chili à Valdivia et parmi les Ponuencho au Pérou. Ces pays auraient également fait partie du Kuga-Ki sumérien.

L’Équateur a fourni un témoignage archéologique conséquent sur la présence d’africanoïdes en Amérique du Sud. L’une des découvertes les plus significatives était une magnifique tête en pierre d’un homme portant une boucle d’oreille circulaire sur l’oreille droite. Cette tête est semblable à une sculpture d’Akhenaton. Le Dr. Von Wuthenau a identifié ce personnage comme représentant « l’élément africanoïde » dans l’Équateur préclassique.

Le type éthiopien d’Alexander Von Wuthenau.

Selon Lanning, « Il y a eu un déplacement possible d’Africains de l’Équateur dans la vallée de Piura, au Nord de Chicama et de Viru ». Il pense qu’il y a une relation entre cette culture et le site de Vadivia qui a été actif de 1800 av. J.-C. à 100 ap. J.-C. Le Dr. Dixon indique que Validivia était peuplé par un peuple africanoïde.

Représentation de Valdivia, Chorrera et Cachi d’individus qui pourraient avoir été des Africains dans l’ancien Équateur.

Au Pérou, de grands bateaux à double fond sont représentés sur des pots en céramique qui sont presque identiques aux bateaux en papyrus utilisé dans le Proto-Sahara et le Pount. Des jarres d’eau et d’autres cargaisons sont peintes sur le point inférieur des bateaux avec des rangées de personnes. Une représentation terrestre du dieu solaire Ra se tient sur le pont supérieur, le même que le dieu soleil de Méroé et d’Égypte, entouré d’hommes oiseaux tenant les cordes et propulsant le vaisseau à travers l’eau. Ce qui est intéressant dans ces images est la façon dont elles sont des répliques presque exactes de scènes représentées dans les pyramides égyptiennes.

Représentation d’un bateau de paille mochicha.

Il y a d’autres similarités entre l’Éthiopie et le Pérou. Les Éthiopiens utilisaient des bâtons de combat à la guerre et leurs médecins sont devenus compétents pour la trépanation – la chirurgie crânienne sans tuer le patient. Cette opération était inconnue des Européens jusqu’à ce que Colomb découvre l’Amérique, bien qu’elle était connue des Péruviens. Les deux groupes ont aussi utilisés de fausses têtes sur les momies.

Les Péruviens et les Éthiopiens utilisaient également des métiers à tisser horizontaux plantés dans le sol avec un cadre vertical avec deux planches (Rowe, 1966). Von Hagien note « qu’une forme de métier à tisser était utilisé en Égypte, un métier à tisser horizontal apparaissant dans l’Égypte prédynastique, et celui représenté sur le tombeau de Khnoumhotep (à Beni Hasan) vers 1900 av. J.-C. , est identique à ceux des Péruviens côtiers et andins ».

Un femme indigène utilisant un métier à tisser traditionnel.

Les explorateurs éthiopiens ont probablement atteint le Pérou et l’Équateur par accident. Des archives chinoises indiquent que les Aksoumites ont fait de longs voyages à travers les océans Pacifique et Indien. Ces marins voyageaient en haute mer, et pas près de la côte. Un groupe de marchands éthiopiens, probablement dans un voyage vers la Chine, le Sri Lanka ou la Malaisie ; ou dans une campagne militaire pour mater une rébellion dans une de leurs colonies de l’océan Indien, pourrait avoir été pris par le contre-courant équatorial dans leurs bateaux en papyrus et transportés au Pérou-Équateur. Se préparant habituellement pour des voyages faisant jusqu’à cinq mois, ces voyageurs hypothétiques auraient possédé les ressources nécessaires pour faire le long voyage.

D’anciennes représentations d’Africains de l’Est en Amérique du Sud

Les Aksoumites sont probablement arrivés dans une région peu peuplée du Pérou-Équateur. Ils auraient rencontré peu de résistance des groupes amérindiens locaux (qui les voyaient comme des géants). L’expérience aksoumite de la construction d’habitations souterraines leur a rendu possible de construire des habitations complexes sûres et plus tard des pyramides à degré pour enterrer leur élite. Comme en Méroé, les pyramides péruviennes étaient faites de briques d’argile séchées au soleil avec de la paille – utilisant la même formule que les Égyptiens et les Éthiopiens. L’adobe péruvien était fait dans un moule rectangulaire, tout comme en Éthiopie.

Détail d’un relief d’adobe au complexe de Chan Chan construit par la culture chimú près de Trujillo, Pérou

Le peuple quichua parle une langue semblable aux langues parées dans le Pacifique et en Inde. Les Amérindiens quichuas ont une tradition orale qui rapporte vraisemblablement l’arrivée des Aksoumites dans des navires faits de roseaux ou « pailles » qui sont arrivés sur la côte Pacifique à Santa Elena, près de Puerto Viejo. Une tradition orale enregistrée par Don Cieza de Leon, un prêtre-soldat en 1545 :

« Ces géants venus par la mer étaient si grands en stature qu’en se mettant à genoux, ils étaient aussi grands qu’un homme grand. C’était incroyable de voir comment les cheveux tombaient de leurs grandes têtes sur leurs épaules. Ils étaient pourtant imberbes. Ils mangeaient [voulant sûrement dire combattaient] plus que cinquante hommes ordinaires. Leurs yeux étaient grands comme des assiettes [como pequenos platos]. Leurs bras et leurs jambes étaient proportionnellement aussi grands. Certains étaient vêtus de peaux d’animaux ; d’autres assez nus. Aucune femme n’est venue avec eux. En allant dans les terres ils ont ravagé le pays et ne trouvant pas d’eau, ces constructeurs ont creusé un puits immensément grand dans la roche… et aujourd’hui [en 1545] l’eau de cet ancien puits est si claire et fraîche que c’est un plaisir de la boire. Ce puits fait par les géants était doublé de maçonnerie, de haut en bas, et c’est ainsi que les puits qu’ils ont creusé tiennent pendant longtemps. »

Wilkins pense que ces géants ont aidé à construire Tiahuanaco. Sur les habitants de cette ancienne ville d’Amérique du Sud, il note : « Ils étaient une race à peau rouge, bien que parmi eux et de stature aussi remarquable se trouvaient des hommes noirs, avec des traits prognathes. Une pièce splendide de terre cuite représente en de belles couleurs un haut prêtre solaire, avec des yeux remarquablement égyptiens et ayant sur son front grand et fin une mitre et le signe de l’évolution, appelé par les archéologues boliviens el simbolo escalonado (le symbole de l’escalier). »

Tiahuanaco.

Ces témoignages indiquent clairement que les colons-conquérants étaient plus grands que les Amérindiens. Ils ont également détaillé comment les nouveaux arrivants ont construit des monuments dans la roche dure. Cette capacité architecturale était une caractéristique des Aksoumites. Sur une poterie mochica ces « géants » sont représentés avec des visages noirs. À San Agustin, près de la frontière colombienne, des statues les représentent avec des traits africains.

Les sculptures mochicha montrent un peuple aux variations raciales marquées : certains semblent être Africains, alors que d’autres sont des Amérindiens. Une caractéristique bien connue du peuple andin est l’absence de grosse barbe. Pourtant de nombreuses sculptures mochicha montrent des images d’hommes âgés avec des barbes longues.

Il est aussi intéressant de noter que les guerriers mochicha et l’élite portaient des casques coniques comme ceux des élites méroitiques – avec un ornement en forme de T au sommet. Les Africains sont généralement représentés portant des ornements sur leurs oreilles, les lèvres et le nez.

Des céramiques mochicha qui pourraient représenter des Africains.

Les Africains de l’Est et la culture huari

Certains des Éthiopiens ayant débarqué au Pérou ont fait leur chemin dans les terres. Vers 500 ou 600 ap. J.-C. , d’autres Aksoumites se sont installés sur le plateau de Marcahuasi, à l’Est de Lima dans la cordillère Occidentale et ont commencé la culture huari. Les Huari étaient principalement des Africains mâles. Ils se sont étendus à travers le Sud du Pérou, ont établi des avants-postes et ont inventé un système administratif bien organisé.

On peut trouver sur le plateau de Marcahuasi des sculptures monumentales sur les falaises. Un monument huari creusé dans la roche a des têtes sculptées d’Africains, un bouquetin, un lion, des éléphants, des grenouilles, des chameaux et la déesse Tauerat, exactement comme les monuments découverts en Éthiopie à Angiarro (Wollo).

Un grand rocher avec la forme d’un visage humain, possiblement aussi une formation naturelle, Marcahuasi

Il est intéressant de noter que les tribus trouvées aux environs des monuments huari sont appelées Huanca ou Huari. C’est presque le même son que Harari, le nom d’une des tribus au langage sémitique d’Éthiopie. Les aïeux des Huari sont seulement connus dans la légende comme un peuple barbu. Burland pense que le grand centre cérémoniel de Tiahuanaco pourrait avoir été le centre religieux de l’empire huari. Des statues d’Africains ont été trouvées en abondance sur ce site.

Piquillacta – un site archéologique huari.

Le témoignage épigraphique des Aksoumites en Amérique du Sud

Il y a également un témoignage épigraphique soutenant l’influence d’Éthiopiens parlant sémitique en Amérique du Sud – une inscription dans la ville de Palpa à 20 km au Nord-Est de Nazca, Pérou. C’est un ancien ensemble de lignes pouvant être lu en utilisant la langue guèze d’Éthiopie.

L’inscription de la montage Palpa.

L’inscription dit : « Descendre (dans la terre) et répandre ceci… Étendre et pacifier l’eau (dans la région). Venir et s’étendre (dans la région). Grace. Sortir (sur la terre) et devenir fort. »

L’association Nascodex a éclairci le déchiffrement de l’auteur ci-dessous : « Sortir, sculpter (creuser) dans la terre; Pacifier, contrôler et augmenter les eaux; Les faire s’écouler dans la région; Gagner grâce et faveur; Sortir parmi le peuple, devenir des dirigeants puissants. »

Il y a également un témoignage épigraphique par les Aksoumites à Cuenca en Équateur. Le Père Carlo Crespi a récolté de nombreux artefacts inscrits dont les peuples locaux affirment venir d’endroits souterrains cachés. Parmi ces artefacts se trouvent 1) Une feuille d’or avec l’image d’une pyramide et des lettres éthiopiennes au pied de la pyramide, 2) Une tablette de pierre avec l’écriture éthiopienne placée en dessous de trois animaux ; et une autre avec une pyramide de pierre montrant un éléphant et un symbole solaire au sommet de la pyramide et des caractères éthiopiens placés dans la pyramide. Les éléphants et les lions se voient rarement dans l’art égyptien, mais sont courants dans l’art méroïtique et aksoumite. Ces tablettes se réfèrent aux aspects variés de la vie d’un fermier-soldat (et voyageur).

Une feuille d’or avec l’image d’une pyramide et des lettres éthiopiennes au pied de la pyramide.

La tablette (ci-dessous) avec la figure solaire, qui représente probablement Zat-Baden ou le dieu solaire éthiopien et un éléphant, faisant référence à trois choses : une harpe, de la bière/de l’hydromel et du pain. Elles sont associées avec un homme se préparant à faire un voyage ou à aller travailler aux champs dans le Tigré.

Les inscriptions sur la tablette de pierre avec un taureau, un éléphant et un bouquetin se réfèrent probablement au code guerrier qui pourrait avoir existé parmi les mochicha ou huari ayant autrefois gouverné la région. Elle utilise des pictogrammes pour dénoter le rôle du soldat.

La tablette de pierre avec la figure solaire, une pyramide et un éléphant.

Bien des gens soient par le passé venus en Amérique du Sud depuis l’Afrique de l’Est, l’Asie du Sud-Est et le Pacifique, les Aksoumites ont probablement influencé les monuments de pierre élaborés au Pérou et en Équateur et introduit certains types de métiers à tisser, d’écriture et de techniques médicales. Les Africains de l’Est ont probablement joué un rôle important dans l’avènement de l’empire mochicha.

Références

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Carlos Marquez, in Estadios Arqueologias y Ethograficas.
Harold T. Williams, Mysteries of Ancient South America.
Clyde Winters, African Empires in Ancient America. Createspace, 2013.
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Edward Ullendorf, The Ethiopians. 1973.

Cet article a été republié avec l’autorisation d’Ancient-Origins.net, voir la version originale ici

 
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