L’idéologie et les conséquences de la révolution bolchevique condamnées par le parlement polonais

Le 7 novembre 2017, au 100e anniversaire du déclenchement de la révolution bolchevique en Russie, le député polonais Jozef Brynkus a présenté au Maréchal de la chambre basse du Parlement polonais (Sejm) un projet de résolution condamnant l’idéologie et les conséquences de la révolution bolchevique. Cette résolution a été adoptée le 24 novembre.

La résolution retrace les conséquences engendrées par le communisme au monde entier, de la révolution bolchevique à nos jours, en mettant l’accent sur ses effets en Pologne.

À son début, elle déclare : « La révolution bolchevique qui a éclaté en Russie il y a 100 ans, en novembre 1917, a changé la face de ce pays et, plus tard, d’une importante partie du monde. Ses conséquences sociales et économiques tragiques ont été ressenties dans de nombreux pays, y compris en Russie, jusqu’à ce jour.

Chaque révolution effectuée par un coup d’État sanglant entraîne la destruction et la mort. Les révoltes de l’extrême gauche, bien que souvent cachées derrière de beaux slogans populistes, conduisent toujours à la terreur et au crime, elles sont nuisibles aux individus et à des sociétés entières. Le fer de lance de la révolution bolchevique ciblait les valeurs fondamentales de l’humanité et les traditions de la civilisation européenne. Née de l’idéologie criminelle du communisme, alimentée par des slogans anti-humanitaires et anti-chrétiens, elle a laissé sa marque cruelle sur la vie de nombreuses générations. »

Les débuts du communisme après la révolution bolchevique

Le Livre noir du communisme, rédigé et publié en 1997 par un collectif d’universitaires, rapporte les débuts sanglants du communisme en Russie, après que le coup d’État du 7 novembre 1917, mené par Vladimir Ilitch Lénine, a été suivi d’une phase très violente. « Cette violence a été imposée au Parti par Lénine lui-même dès qu’il s’est emparé du pouvoir » (NDLR. traduit de l’anglais), écrit Stéphane Courtois, l’un des co-auteurs de ce livre.

« L’objectif principal de Lénine était de maintenir son emprise sur le pouvoir aussi longtemps que possible », poursuit-il, précisant : « Lénine a installé une dictature qui s’est rapidement révélée à la fois sanglante et terroriste. »

« Pris entre la volonté d’appliquer sa doctrine et la nécessité de conserver son emprise sur le pouvoir, Lénine a créé le mythe d’une révolution bolchévique mondiale. En novembre 1917, il voulait croire que le feu révolutionnaire allait engloutir tous les pays impliqués dans la guerre, et avant tout l’Allemagne. Mais la révolution mondiale n’a pas eu lieu, et après la défaite de l’Allemagne en novembre 1918, un nouvel ordre européen a émergé… C’était déjà évident lorsque l’Armée rouge a été défaite à Varsovie en 1920 », explique Stéphane Courtois.

L’armée soviétique a envahi la Pologne en 1920 afin de propager la révolution bolchevique à l’Ouest.

À la suite de la bataille de Varsovie dans la guerre polono-soviétique en 1920, les soldats polonais montrent les drapeaux soviétiques capturés. La bataille de Varsovie a été décisive pour la victoire polonaise dans cette guerre. (Wikimedia Commons)

La résolution se réfère à cet événement ainsi qu’au fait que la Pologne a réussi à arrêter l’expansion du communisme à l’Ouest : « La Pologne a été l’une des plus grandes victimes de la révolution bolchevique. En 1920, les soldats polonais, grâce à leur courage, ont pu arrêter la progression de la révolution en Europe. »

« L’échec de la théorie léniniste de la révolution européenne et mondiale a laissé les bolcheviks isolés et impliqués dans un conflit direct avec une Russie de plus en plus anarchique. Dans une tentative désespérée de maintenir le pouvoir, les bolcheviks ont fait de la terreur une partie quotidienne de leurs politiques, cherchant à remodeler la société à l’image de leur théorie et à faire taire ceux qui, par leurs actions ou par leur existence même sociale, économiques ou intellectuelle, pointaient les trous béants de cette théorie. Une fois au pouvoir, les bolcheviks ont fait de l’Utopie une affaire extrêmement sanglante », a écrit Stéphane Courtois.

Le communisme se répand dans le monde

Le communisme a repris l’offensive en 1939 lorsque la Pologne est redevenue un champ de bataille, tandis que le reste du monde observait.

La résolution le précise : « Cependant, lorsqu’en 1939 les communistes se sont alliés aux nationaux socialistes (de Hitler), une hécatombe ne pouvait plus être empêchée. D’autant plus que de nombreux pays du monde civilisé acceptaient toujours avec indifférence la démagogie des Allemands sous les applaudissements de la propagande hypocrite des Soviétiques. »

En août 1939, l’Allemagne nazie et l’Union soviétique ont signé un pacte de non-agression, connu comme pacte Molotov-Ribbentrop. Le pacte contenait un protocole secret prévoyant que les deux alliés divisaient les territoires entre l’Allemagne et l’URSS en les transformant dans leurs sphères d’influence. Le mois suivant, leurs armées ont envahi ensemble la Pologne et se sont rencontrées sur une ligne de démarcation.

L’histoire s’est poursuivie après la Seconde Guerre mondiale. L’historien anglo-polonais Norman Davies a écrit dans son article « La Grande-Bretagne et le soulèvement de Varsovie », qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lors de la conférence de Yalta tenue en 1945, « les dirigeants occidentaux ont abandonné toute influence effective en Pologne et dans l’Europe de l’Est en échange de la coopération de Staline en Allemagne et en Extrême Orient. »

Les accords de Yalta ont donné libre cours à la progression du communisme en Pologne et dans l’Europe de l’Est, comme le souligne la résolution : « Depuis 1945, l’importation de la révolution communiste dans de nombreux pays d’Europe et en dehors de l’Europe est devenue possible grâce à la politique malavisée de la coalition anti-allemande des puissances occidentales alliées. Des centaines de millions de victimes à travers le monde ont été ajoutées aux millions de victimes de la révolution bolchevique, et les effets désastreux des expériences économiques communistes ont ruiné l’économie de dizaines de pays à travers le monde. »

Les auteurs du Livre noir du communisme ont estimé que le nombre total de personnes tuées par le communisme avoisine les 100 millions, dont environ 20 millions en Union soviétique et 65 millions en Chine.

La résolution se termine par la phrase suivante : « Le Sejm de la République de Pologne condamne l’idéologie qui a conduit à la tragédie de plusieurs millions de personnes et rend hommage à toutes les victimes de la révolution bolchevique. »

Ella Kietlinska

Mikolaj Jaroszewicz a contribué à cet article.

Version anglaise : Polish Parliament Condemns Ideology and Consequences of Bolshevik Revolution

 

 

 
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