Les nouvelles règles de stationnement mises en place par Anne Hidalgo pourraient « créer des déserts médicaux »

Généraliste parisien et président du syndicat Alliance pour le financement de la retraite des médecins (Afirm), le docteur Alain Choux conteste vigoureusement la nouvelle politique de stationnement en vigueur à Paris depuis le mois de janvier. Selon lui, ces nouvelles règles pénalisent les professionnels de santé et elles pourraient rapidement conduire à la création de véritables « déserts médicaux ».

Interrogé par nos confrères du Parisien, le docteur Alain Choux s’est vivement opposé à la nouvelle politique de stationnement adopté par la mairie de Paris depuis janvier. Spécialisé dans la réalisation de dopplers – des examens médicaux qui permettent d’explorer le flux sanguin dans les veines et les artères –, ce praticien pointe du doigt l’incurie de la municipalité parisienne.

« Les dysfonctionnements s’accumulent et je ne peux plus travailler sereinement »

Depuis le début de l’année, Alain Choux a entamé les démarches nécessaires à l’obtention d’une carte de stationnement pro-sédentaire, qui permet aux professionnels de santé de bénéficier d’un tarif préférentiel de 1,5 euro pour 24 heures. Peine perdue.

« Après avoir rempli le formulaire pendant 1h15, j’ai obtenu un accusé de réception. Mais n’ayant pas reçu la carte, j’ai interrogé le 39 29, et après 45 minutes d’attente sur ce numéro surtaxé, j’ai découvert que mon numéro d’immatriculation était inconnu ! », s’emporte le bouillant généraliste.

Après avoir renouvelé sa demande par 3 fois, il a fini par se rendre à l’évidence et a préféré abandonner, excédé « devant tant d’incompétence ». Pourtant, Alain Choux n’était pas encore au bout de ses surprises :

« Malgré les délais pour obtenir ce fameux laissez-passer, un agent m’a verbalisé début janvier après avoir flashé ma plaque d’immatriculation à l’arrière de mon véhicule, ce qui ne lui a pas permis de voir mon caducée. Même punition le lendemain, sauf que cette fois, j’ai trouvé un PV sur mon pare-brise comportant plusieurs anomalies : la portion du boulevard de Charonne où j’étais stationné était localisée dans le 20e au lieu du 11e et le montant de mon PV aurait dû être de 35 € au lieu de 50 € comme indiqué », souligne le médecin.

« Les jours où on écope de deux ou trois PV, on travaille pour rien »

Depuis la nouvelle politique de stationnement mise en place par la mairie de Paris, le président de l’Afirm vit un véritable calvaire. L’angoisse des contraventions l’empêcherait même d’exercer correctement son métier, lui qui réalise des vacations au sein des cabinets de radiologie parisiens.

« N’ayant pas réussi à obtenir la carte pro-sédentaire, je paye le tarif visiteur et je suis obsédé par l’heure. J’abandonne mes patients toutes les deux heures pour filer au parcmètre. Il me faut à chaque fois plus de cinq minutes pour obtenir mon ticket, car les horodateurs dysfonctionnent. Avec Paris carte, je réglais en 30 secondes, mais depuis le 1er février, elle n’est plus vendue par les débits de tabac », déplore Alain Choux.

Désormais, ses frais de stationnement s’élèvent à près de 20 euros quotidiens, contre 60 centimes auparavant, en vertu de l’accord conclut entre le Conseil de l’Ordre de Paris et le préfet de police.

Si son recours à propos du Forfait Post Stationnement (FPS) erroné dont il a écopé n’aboutit pas, le généraliste envisage de saisir les tribunaux. Il envoie également un message clair au maire de la Ville Lumière :

« Nombre de médecins ont envie d’anticiper leur départ en retraite. Pour ce qui me concerne, je laisserai 2000 patients sur le carreau dans le 20e si je pars. La politique d’Anne Hidalgo risque de créer des déserts médicaux. »

Déjà sur la sellette à la suite de contrôles fictifs et d’amendes attribuées de manière irrégulière, la société Streeteo, à l’origine de la rédaction du FPS, a du souci à se faire.

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