Polémique autour du contenu de YouTube en Grande-Bretagne

Cela a commencé mi-mars, quand Maurice Lévy, PDG de Publicis, a fait une sortie remarquée dans les médias anglais. L’homme d’affaires disait alors « réexaminer » sa collaboration avec Google, reprochant au célèbre moteur de recherche de faillir à exclure les contenus incitant à la violence terroriste, à l’apologie du viol ou à la violence homophobe sur YouTube. La brise s’est transformée en bourrasque quand, le 20 mars, plusieurs grands groupes tels que Toyota, Volkswagen, McDonald’s, L’Oréal, Royal Bank of Scotland, la BBC ont à leur tour condamné le géant américain. Au total, 250 compagnies ont suspendu leurs contrats publicitaires avec Google, pointant son incapacité à empêcher la rémunération des vidéos concernées.

Matt Brittin, directeur Europe de Google, s’est platement excusé lors d’une conférence donnée à Londres et a affirmé « assumer la responsabilité » du problème. L’action de Google a également subi le contre-choc de cette nouvelle. Matt Brittin a également admis que Google devait s’améliorer dans la surveillance de telles vidéos, mais que jusqu’à présent, aucun effectif supplémentaire n’avait été prévu à ce poste.

Il a également fait savoir que « 98% du contenu de YouTube » se voyait examiné dans les 24 heures suivant sa publication. Cependant, une enquête du Times a remis en cause cette déclaration. Le journal britannique affirme avoir suivi le traitement de six vidéos montrant des contenus violents, et aucune n’a été retirée dans les 24 heures.

Poursuivant son enquête, le journal a mis à jour certains « oublis » de la part de YouTube. Par exemple, des vidéos antisémites publiées par le controversé historien britannique David Irving ont été vues des centaines de milliers de fois. Et, d’après le concerné, un grand nombre d’adolescents de 13 à 15 ans ferait partie de son public. Le journal a également pointé des vidéos faisant l’apologie de la maigreur, notant un « effet glamour » de plus en plus répandu autour de ce type de contenu, et ce malgré la charte d’utilisation de la plateforme, qui interdit ce type de publications.

 
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