Les preuves que le qi existe montrent qu’il ne s’agit pas seulement d’une croyance spirituelle

L’idée d’un système de méridiens à travers lesquels l’énergie circule dans l’ensemble du corps humain imprègne bon nombre de croyances antiques.

Cette énergie a un impact sur la santé et peut également manifester une certaine puissance, notamment lorsqu’elle est renforcée par l’exercice de la méditation ou de pratiques similaires. Elle peut par exemple servir à porter des coups dans certains arts martiaux.

En fonction des régions, plusieurs dénominations existent pour qualifier cette énergie : en Polynésie, elle est dénommée mana, ka en Égypte, ki au Japon, ruach parmi les croyances judaïques, prana en Inde, chi ou qi en Chine. En Occident, on parle plutôt d’élan vital ou d’énergie subtile.

Les nombreuses dénominations de cette mystérieuse et puissante énergie qui circule au sein du corps humain incluent les qualifications suivantes : prana, qi, énergie subtile. Le jargon scientifique moderne parle plus volontiers de bioélectromagnétisme.

L’exercice de l’énergie subtile demande des mouvements lents et doux. (Antonika)

Aujourd’hui, les scientifiques font d’ailleurs des recherches sur le bioélectromagnétisme afin de démontrer le bien-fondé des croyances ancestrales liées à cette forme d’énergie.

Le corps humain utilise constamment de l’électricité. C’est en effet à travers la mise en œuvre de signaux électriques que nos sens font parvenir jusqu’au cerveau les informations qu’ils perçoivent.

Eric Leskowitz – docteur en médecine – a publié un article dans le journal Subtle Energies & Energy Medicine dans lequel il indique que « les points d’acupuncture peuvent être cartographiés avec un simple galvanomètre : les endroits sur la peau où la résistance électrique est faible correspondent à d’importants points d’acupuncture ».

L’acupuncture part du principe que l’énergie qui circule à travers le corps peut parfois se retrouver bloquée au niveau de certains canaux ou encore que certains canaux contiennent une quantité trop importante d’énergie. Les aiguilles utilisées en acupuncture permettent de rediriger l’énergie afin qu’elle circule correctement.

Christopher Dow, spécialiste américain du qi et auteur du livre The Wellspring: an Inquiry Into the Nature of Chi, émet l’hypothèse que les champs bioélectromagnétiques qui parcourent l’ensemble du système nerveux correspondent au qi.

Le qi en lui-même ne descend pas le long des nerfs, mais il entoure plutôt les influx électriques comme une sorte de champ intangible qui peut toutefois être contrôlé jusqu’à un certain point.

Dow s’est imprégné de nombreux travaux scientifiques étudiant la manière dont l’énergie électromagnétique circule à travers le corps humain. Il a remarqué des similitudes frappantes entre le fonctionnement du système nerveux et les enseignements traditionnels relatifs aux canaux par lesquels passe l’énergie liée au qi. Par exemple, le tantien – appelé aussi dantian – situé dans la région du bas-ventre, représente un des principaux endroits vers lequel converge le qi. Il correspond au système nerveux entérique, au niveau de la paroi intestinale.

Bien qu’elles soient à la recherche de la vérité, la science moderne et les pratiques traditionnelles utilisent pourtant des moyens différents pour y parvenir.

Illustration des concepts du yin et du yang, à l’origine d’une philosophie basée sur la complémentarité des énergies au sein du corps. (Comfreak)

« La science et les traditions ésotériques cherchent la vérité… simplement, elles utilisent des approches différentes pour y parvenir », précise Dow. « Les traditions ésotériques n’utilisent pas des méthodes irrationnelles ou chaotiques. »

Il ajoute qu’à l’instar de la science moderne, elles emploient des techniques précises transmises de maître à disciple.

« Une des différences majeures tient au fait que la science moderne souhaite être en mesure de démontrer une théorie de façon catégorique, afin qu’elle soit définitivement reconnue et acceptée par tous. A contrario, les traditions ésotériques tendent à privilégier une approche davantage axée sur l’expérience individuelle », précise-t-il.

« Vous pouvez en être vous-même convaincus et vous pouvez d’ailleurs amener d’autres personnes à obtenir une compréhension semblable à la vôtre, mais vous ne pouvez pas publier un article afin que tout le monde comprenne exactement la même chose. Les traditions ésotériques reposent sur l’intériorisation des compréhensions, en fonction des spécificités propres à chaque individu. »

En tant que pratiquant du qi, Dow a lui-même fait l’expérience de cette puissante énergie circulant à l’intérieur de son propre corps, c’est pourquoi il affirme qu’elle existe bel et bien.

C’est ce qui l’a d’ailleurs motivé à étudier les avancées de la science moderne en la matière.

Il n’est pas persuadé que la science occidentale finira un jour par démontrer l’existence du qi avec certitude. « Le corps humain pourrait bien être le seul instrument capable de mesurer cette énergie », indique-t-il. Néanmoins, les scientifiques ont déjà fait tomber quelques barrières.

Tout autour de lui, le corps humain dispose d’une force bioénergétique, à même de mettre en mouvement un pendule particulièrement sensible.

Le docteur John Norman Hanse – biochimiste à l’université du Maryland – a découvert que le corps humain dispose d’une force bioénergétique tout autour de lui, capable de mettre en branle un dispositif physique particulièrement sensible appelé « pendule de torsion ».

« Après avoir mené des expériences contrôlées afin d’éliminer les biais induits par le courant atmosphérique ou par d’autres éléments, il est clair que les effets observés résultent d’un champ de force généré par le sujet assis sous le pendule », a-t-il indiqué dans l’étude qu’il a publiée en 2013 sous le titre : Use of a Torsion Pendulum Balance to Detect and Characterize What May Be a Human Bioenergy Field.

Il nota qu’aucune des théories classiques sur lesquelles repose la science moderne aujourd’hui ne pouvait expliquer les mouvements du pendule. La compréhension traditionnelle du qi s’appuie sur le fait que l’énergie ne circule pas uniquement le long de canaux à l’intérieur du corps humain, mais qu’elle forme également un champ tout autour.

L’interprétation d’électrocardiogrammes suggère que le cœur émet une énergie qui affecte les personnes alentours.

L’activité électrique du coeur revêt une importance fondamentale, longtemps insoupçonnée au sein de la science occidentale. (InspiredImages)

Une équipe de chercheurs – dont le docteur William Tiller, professeur émérite à l’université de Stanford et le docteur Rollin McCraty de l’institut HeartMath – a montré que le champ électromagnétique du cœur tend à devenir plus stable à mesure que l’individu se dirige « vers un état de bienveillance et de compassion sincère ». Pour ce faire, les chercheurs ont mesuré le champ d’énergie à l’aide d’un électrocardiogramme, un appareil qui permet de contrôler l’activité électrique du cœur humain.

En outre, ces chercheurs ont mis en lumière le fait que le champ électromagnétique dégagé par le cœur d’un individu exerce une influence sur l’énergie qui circule dans le corps des personnes avec lesquelles elle entre en contact physique, ou celles qui se trouvent dans un périmètre très proche.

Une fois de plus, cette expérience rejoint la compréhension traditionnelle du qi, qui postule que l’état d’esprit d’un individu affecte son propre qi et que le qi d’une personne peut exercer une influence sur celles et ceux qui l’entourent.

Le syndrome du membre fantôme en question : chaque individu possèderait-il une forme d’énergie intangible qui existerait indépendamment de son propre corps physique ?

De nombreuses personnes ayant perdu un membre continuent pourtant à sentir ce membre. Ils peuvent même parfois éprouver une douleur intense à l’endroit même où le membre se trouvait avant d’être amputé.

Le docteur Eric Leskowitz – consultant en psychiatrie pour le compte du programme de gestion de la douleur mis en place à l’hôpital de réhabilitation de Spaulding à Boston et spécialiste de l’énergie subtile – a développé une théorie qui postule que le syndrome du membre fantôme pourrait correspondre à une forme d’énergie spécifique qui continuerait à exister après la disparition physique du membre.

Dans son article intitulé Phantom Limb Pain : Subtle Energy Perspectives, il fait notamment état de résultats empiriques obtenus grâce à l’effet Kirlian. Ce procédé photographique présente une lumière colorée autour du sujet photographié, souvent décrite comme une « aura ».

Bien que certains restent sceptiques au sujet de l’explication fournie par cette aura – prétendant que l’effet lumineux s’expliquerait avant tout par une chaleur excessive ou la présence d’humidité – Leskowitz affirme qu’« au moins une étude récente menée avec rigueur a démontré que les thérapies fondées sur l’utilisation d’énergie sans contact physique […], à condition qu’elles soient dirigées vers une feuille isolée, peuvent amplifier la couronne de lumière identifiée grâce au procédé Kirlian.

Ainsi, même si la couronne lumineuse correspond à un effet parasite (lié à la chaleur ou à l’humidité) plutôt qu’à la manifestation d’une énergie subtile, elle peut pourtant être reproduite à distance. Pour expliquer les résultats obtenus à travers ces expériences, on devrait par conséquent privilégier la thèse liée à l’action d’un phénomène impalpable ou d’un champ énergétique. »

Il remarqua également que le phénomène controversé de « la feuille fantôme » pouvait avoir une incidence sur le syndrome du membre fantôme. En effet, lorsqu’une feuille déchirée au préalable est photographiée selon la méthode Kirlian, elle peut parfois apparaître sous sa forme entière sur le cliché obtenu.

Photographie d’une feuille avec la technique Kirlian. (Thomas Wedekind)

« Une fois la partie physique déchirée, il semble pourtant que le réseau énergétique qui structure la pointe de la feuille existe toujours de manière indépendante », poursuit Leskowitz.

En 2015, John Hubacher, membre de la compagnie Pantheon Research Inc., publia une étude reproduisant le phénomène de la feuille fantôme dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine. Il écrivit qu’« une structure fantôme a priori non détectée –potentiellement à même de constituer une preuve de l’existence d’un champ biologique – peut persister dans la zone qui correspond à la partie amputée de la feuille. Une décharge électrique liée à l’effet corona peut ainsi être émise par cette structure invisible à l’œil nu ».

Certains scientifiques disent que le corps possède un système de canaux microscopiques correspondant aux canaux empruntés par le qi.

Au cours des dernières années, plusieurs recherches ont été réalisées au sujet d’un hypothétique système primo-vasculaire. Il s’agirait d’un réseau de canaux situés à l’intérieur du corps humain, tellement microscopiques qu’ils s’avèrent presque invisibles.

« Même à l’aide de notre microscope, vous ne pouvez pas observer les vaisseaux avant qu’ils ne soient touchés car ils sont transparents. Cependant, une fois atteints, ils prennent une teinte jaunâtre. La largeur du nodule est seulement d’un millimètre et sa structure particulièrement fine peut uniquement être observée via le recours à des techniques de microscopie optique à haute résolution », déclarait Vitaly Vodyanoy dans un communiqué de presse.

Professeur d’anatomie et de physiologie au Collège de médecine vétérinaire de l’université d’Auburn, Vitaly Vodyanoy a notamment mené plusieurs recherches sur des groupes de rats, afin d’étudier la structure de leur système primo-vasculaire.

« Nous repoussons sans cesse les limites de l’anatomie et de la physiologie communément admises », ajoute-t-il. « Peu de gens travaillent sur le système primo-vasculaire, car cela va à l’encontre des concepts actuels reconnus par la science. »

Une équipe internationale de chercheurs – dont certains officient à l’université nationale de Séoul – ont écrit à propos du système primo-vasculaire : « Certains scientifiques peuvent dire qu’il s’agit d’une illusion, d’autres affirment qu’il s’agit d’un nouveau système anatomique, tandis que d’autres encore sont convaincus que ces canaux minuscules pourraient jouer le rôle de câbles à fibres optiques, capables d’abreuver en permanence l’organisme d’informations génétiques contenues dans les molécules d’ADN, à travers l’utilisation de biophotons. »

« À titre de comparaison, nous ne pouvons pas observer les millions de transistors d’un microprocesseur informatique, pourtant ils font partie intégrante d’un système, conçu par l’homme, que nous utilisons chaque jour. De façon similaire, de nombreux systèmes biologiques ont cours à l’état microscopique. Nous avons besoin de microscopes électroniques pour identifier certaines de leurs structures, sinon nous ne saurions même pas qu’ils existent. »

Ces recherches s’attachent à démontrer que le système primo-vasculaire correspond bel et bien aux méridiens déjà identifiés par l’acupuncture.

Quand la croyance mystique rejoint la médecine, le qi exerce une influence bénéfique sur la santé.

Le qi a longtemps été considéré comme étroitement lié à l’état de santé du corps humain. Plusieurs études relatives à la pratique et à l’exercice du qi – plus connus sous le nom de qigong – indiquent des résultats positifs sur la santé.

D’après un rapport de l’institut des sciences noétiques, le qigong aurait une incidence favorable dans de nombreux domaines, tels que la gestion de la dépression, l’analgésie, l’asthme, le cancer, ou encore la régulation de la pression sanguine.

Des études réalisées au sujet de la méditation – réputée améliorer la qualité du qi – ont d’ailleurs permis de démontrer que les individus qui exercent leur qi, se révélaient capables d’émettre des ondes gamma et des infrasons dont l’intensité dépasse les niveaux moyens enregistrés habituellement.

À mesure que la science moderne poursuit l’étude de l’énergie dont bénéficie le corps humain – la manière dont elle circule et se manifeste à travers l’enveloppe physique – elle pourrait bien finir par démontrer ce que les peuples anciens tenaient déjà pour vrai : le corps dispose de canaux énergétiques et d’un champ qui jouent non seulement un rôle dans le maintien de la santé de chaque individu, mais exercent aussi une influence sur les personnes qui les entourent.

Le travail réalisé par chaque individu pour maîtriser et purifier son qi peut permettre de jouir de bienfaits singuliers et de conserver une bonne santé. (Activedia)

Version originale Evidence chi physically exists, isn’t just a spiritual idea

 
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