Pulvériser de l’eau pour réduire la pollution atmosphérique galopante à New Delhi

Les autorités indiennes viennent de prendre une mesure sans précédent pour faire face à une véritable urgence sanitaire et endiguer l’expansion dramatique du nuage toxique qui s’étend depuis plusieurs jours au-dessus de la capitale indienne dont le nombre d’habitants s’élève à près de 22 millions.

La pollution atmosphérique représente un phénomène récurrent à New Delhi, particulièrement virulent pendant l’automne et en hiver. Les faibles températures et l’absence de vent maintiennent en effet les émissions polluantes au sol et les empêchent de se dissiper dans l’atmosphère.

Gaz d’échappement, poussières dégagées par les travaux menés sur les chantiers de construction, fumées issues des feux allumés sur les exploitations agricoles limitrophes et émanations des usines et des centrales industrielles utilisant le charbon comme combustible se conjuguent pour former un épais nuage toxique, qui asphyxie littéralement les habitants de la vaste métropole.

(PRAKASH SINGH/AFP/Getty Images)

Des chiffres qui font froid dans le dos

New Delhi fait d’ailleurs partie des capitales les plus polluées sur la planète. En 2014, l’OMS lui avait ainsi décerné le titre peu enviable de ville la plus polluée du monde. Une étude publiée il y a deux ans par la célèbre revue scientifique The Lancet estimait en outre que 10 000 à 30 000 citadins y décédaient chaque année du fait des conséquences sanitaires désastreuses de la pollution. L’étude en question évaluait également à près de 40 % le nombre d’enfants victimes de déficiences respiratoires à New Delhi.

Ces derniers jours, la concentration de particules fines (dont le diamètre s’avère inférieur à 2,5 micromètres, soit près de 30 fois moins que la taille d’un cheveu) – capables de s’infiltrer profondément dans les poumons et de se répandre ensuite dans l’ensemble de l’organisme, puis de provoquer des problèmes cardiaques, respiratoires, mais aussi des cancers – a atteint des niveaux spectaculaires au sein de la capitale indienne.

(PRAKASH SINGH/AFP/Getty Images)

Lundi, le niveau de particules fines y était en effet supérieur à 500 microgrammes par mètre cube d’air, tandis que l’OMS fixe le seuil d’un air de bonne qualité à 25 microgrammes. Le nuage de pollution envahit les rues de la capitale – où la visibilité ne dépasse parfois pas 100 mètres – et se glisse même jusque dans les habitations.

D’après les scientifiques du groupe Berkeley Earth, respirer l’air vicié de New Delhi pendant une journée ces temps-ci équivaudrait ainsi à fumer 44 cigarettes quotidiennes !

(DOMINIQUE FAGET/AFP/Getty Images)

Dans l’optique d’enrayer l’expansion de la pollution atmosphérique et de limiter les risques pour la population, les autorités locales ont déjà pris plusieurs mesures radicales. Les écoles ont ainsi été fermées, les manifestations en plein air ont toutes été annulées, les chantiers de construction sont suspendus, les déplacements automobiles ont été largement restreints et le prix des places de parking a été multiplié par 4 pour inciter les habitants à utiliser les transports publics – malheureusement encore inadaptés au flux de passagers.

Les camions ne peuvent désormais plus pénétrer dans l’enceinte de la ville et le système de circulation « pair-impair » devrait également entrer en vigueur dans les prochaines heures.

(DOMINIQUE FAGET/AFP/Getty Images)

« La pulvérisation d’eau est le seul moyen de réduire ces dangereux niveaux de pollution. »

Afin de tenter d’assainir l’air chargé de particules polluantes en suspension, les autorités prévoient aussi d’arroser la ville.

Shruti Bhardwaj, responsable de l’environnement en charge de la surveillance de la qualité de l’air de l’agglomération a précisé que l’eau serait pulvérisée depuis plus de 100 mètres de haut. Des camions de pompiers sont d’ailleurs déjà à l’œuvre pour répandre de l’eau dans les rues de la capitale.

(MONEY SHARMA/AFP/Getty Images)

Satyendra Kumar Jain, ministre de la Santé de New Delhi, estime lui aussi que « la seule solution qui reste est de commencer à pulvériser de l’eau directement au niveau de la rue, en particulier le long des routes à forte circulation ».

Anumita Roychowdhury, directrice exécutive du Centre pour la Science et l’Environnement de la capitale indienne, a pour sa part déclaré que l’arrosage de la métropole ne constituerait toutefois pas une solution pérenne pour résoudre le problème de la pollution à New Delhi.

« Chaque mesure de contrôle de la poussière doit être mise en place pour assurer que la qualité de l’air s’améliore le plus tôt possible », a-t-elle ainsi indiqué.

(MONEY SHARMA/AFP/Getty Images)

La pollution continue de représenter un problème de santé publique majeure en Inde. The Lancet affirme en effet que la contamination de l’air, des terres et des surfaces aquatiques serait à l’origine d’environ 2,5 millions de décès dans tout le pays en 2015. Les autorités indiennes doivent désormais mettre en place des solutions durables et efficaces pour y remédier et préserver la santé de leurs concitoyens.

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