Quatre ans de torture n’ont pas eu raison de la bonté de cette femme

Lorsque la pratiquante de la discipline spirituelle « Falun Gong », Yue Changzhi, a été incarcérée en 2004 à une prison pour femmes de Pékin, elle se décrivait comme étant « robuste et fière ». Une semaine plus tard, elle devint courbée et boiteuse, puis, après un mois, elle avait l’air d’une bossue. « Ils ont essayé de me faire perdre la raison. Ils m’ont frappée, donné des coups de pieds, traînée [à terre]. Ils ont essayé de casser mes doigts, puis ils ont forcé mes poignets à l’extension », a-t-elle relaté. Les autorités l’avaient arrêtée pour qu’elle renonce à sa croyance au Falun Gong.

[Pour être libérée], on exigeait qu’elle signe un formulaire de renoncement à sa pratique ou qu’elle déclare que sa pratique était mauvaise. Or, croyant fermement aux valeurs de vérité, compassion et tolérance qui en sont les fondements, elle a refusé de se soumettre. C’est alors que les autorités lui ont infligé la notoire méthode de torture appelée le « Strech » [l’écartèlement], réservée aux pratiquants réfractaires pour lesquels les méthodes « plus douces » ne fonctionnent pas.

« Ils ont écarté mes jambes pour qu’elles forment une ligne au sol [en position du grand écart], puis ils ont poussé sur ma nuque vers l’avant. [J’ai senti] ma colonne vertébrale se casser à trois endroits. À ce moment-là, j’ai cru mourir. » Malgré cela, lorsqu’ils lui ont demandé si elle continuerait à pratiquer le Falun Gong, elle répondait chaque fois : « Oui, je continuerai ». Les tortures n’ont cessé que lorsqu’elle devint complètement suffoquée par la douleur.

Elle était alors âgée de 65 ans.

Plus tard, Mme Yue a obtenu le statut de réfugiée et est maintenant résidente permanente en Australie. Elle est aujourd’hui aussi fougueuse et énergique que ceux qui ont la moitié de son âge et peut dorénavant pratiquer ses exercices librement. Elle affirme que sa méditation lui a permis de guérir la plupart des blessures subies au cours de son incarcération. Cependant, des séquelles restent au niveau de son dos qui ne se redresse pas encore complètement.

Les bienfaits du Falun Gong

(Minghui.org)

L’histoire de Mme Yue en est une parmi des milliers. Le Falun Gong, aussi appelé Falun Dafa, est une pratique ancienne de méditation et d’exercices physiques. En juillet 1999, l’ex-dirigeant chinois, Jiang Zemin, avait soudainement décidé de l’interdire en Chine. À ce jour, les pratiquants de Falun Gong en Chine continuent d’être sévèrement persécutés.

Mme Yue a commencé à pratiquer le Falun Gong en 1996. Comme pour des millions de Chinois qui le pratiquaient à l’époque, cette méthode unique de « cultivation » [raffinement de l’esprit]  lui avait apporté de grands bienfaits et la santé. Elle se rappelle aussi d’un collègue qui, après s’être blessé au dos, devait porter une prothèse métallique. Après avoir débuté sa pratique de Falun Gong, il a pu retrouver la souplesse de ses jeunes années et se départir de sa prothèse, raconte Mme Yue.

Après avoir commencé la pratique, outre l’amélioration de sa santé, Mme Yue affirme aussi être devenue une meilleure personne. Elle devint encore plus diligente et assidue au travail, dans le domaine du génie électrique. Elle était d’ailleurs souvent ouvertement félicitée et eut plusieurs occasions de parler publiquement des bienfaits du Falun Gong – bienfaits qu’elle continue à communiquer tous les jours.

« [Cette pratique] est si mystérieuse, si géniale », affirme-t-elle.

La persécution

Commémoration des pratiquants de Falun Gong ayant perdu la vie au cours de la persécution en Chine. Grand défilé du Falun Gong au quartier chinois de Manhattan le 18 mai dernier. (Edward Dai/The Epoch Times)

Cependant, une fois la persécution commencée, les attitudes à l’égard du Falun Gong changèrent. La maison de Mme Yue fut cambriolée par les forces de sécurité, son ordinateur, volé et [ses livres] de Falun Dafa, confisqués. En 2000, elle était recherchée par la police. Or, se livrer signifiait subir d’interminables séances « de lavage de cerveau », être privée de sommeil, abusée et humiliée afin de casser sa détermination et la faire renoncer à sa foi.

Mme Yue est alors entrée dans la clandestinité, mais malgré tout elle a finalement été capturée, incarcérée et torturée durant les quatre années qui ont suivi.

Les années de détention

(Minghui.org)

« Ils incitaient les criminels du centre de détention à me frapper et à abuser de moi », a-t-elle dit. « Parfois, ils m’interdisaient les WC pendant 24 heures d’affilée. Puis, ils me faisaient marcher, marcher durant des heures. »

Finalement, elle a été forcée à signer le formulaire de renonciation sous l’effet de drogues mélangées à sa ration de nourriture.

« Vous pouvez avoir une seule pensée en tête : ‘je ne céderai pas’. Puis, en fait, vous finissez par le faire. Mon cœur ne voulait pas céder, mais mes mains ont fini par suivre leurs instructions. »

À l’époque, elle ne comprenait pas comment cela avait pu se produire, mais après avoir été libérée, elle apprit que la police avait avoué droguer les pratiquants de Falun Gong pour les faire plier.

« Ils ont un quota à atteindre », a-t-elle expliqué.

Il fallut moins d’un mois à Mme Yue pour qu’elle revienne sur ses « aveux » faits sous la coercition, qu’elle recommence à parler des bienfaits du Falun Gong et reprenne la pratique.

Mme Yue a affirmé que le personnel du centre de détention avait fini par la laisser tranquille. Elle les soupçonne aussi d’avoir commencé à s’inquiéter de son état de santé, d’avoir craint d’être tenus responsables des blessures infligées à son dos si sa condition physique empirait. De toutes les détenues, elle était la seule à avoir droit à une pause durant la journée dans le cas où son dos deviendrait trop douloureux.

« Ils sont conscients d’avoir commis un crime », a-t-elle dit.

Résidant maintenant en Australie, Mme Yue participe à des rallyes de sensibilisation de la population à la persécution des pratiquants du Falun Gong en Chine. L’une des activités auxquelles elle s’adonne le plus est le mouvement « Quittez le Parti communiste chinois (PCC) » (ou mouvement Tuidang), qui facilite et enregistre la désaffiliation des Chinois de Chine continentale au Parti.

« Lorsque la persécution a commencé, je me suis rendu compte que ce Parti était malveillant et j’ai démissionné », a-t-elle affirmé.

« Je ne pouvais pas rester dans une telle organisation, c’est sans issue. »

Crédit d’images : Sophie Deller/The Epoch Times)

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