Une réfugiée chinoise « capturée tel un animal pour des prélèvements »

Mme Tian, aujourd’hui réfugiée politique de Chine et âgée de 71 ans, a passé une semaine attachée sur un lit d’hôpital. Chaque matin elle se demandait si cela allait être le jour où elle serait emmenée par des médecins, mise sous sédatif, et dépouillée de ses organes pour leur valeur lucrative.

Elle vit maintenant à Philadelphie et se remémore sa détention dans un entretien avec un journaliste d’Epoch Times.

Mme Tian pratique le Falun Gong, une méthode chinoise pour cultiver le corps et l’esprit, qui fait l’objet dans son pays d’origine de persécution perpétrée par le régime communiste depuis ces 15 dernières années. La vieille dame indique que la pratique l’a aidée à récupérer des séquelles d’un traumatisme crânien dont elle a souffert des années auparavant.

« Le Falun Gong nous enseigne à nous comporter selon les principes de vérité, compassion et tolérance – être bon avec les gens partout où nous allons. Mon esprit s’est beaucoup élevé – c’est une pratique si bonne. Je voulais la partager », indique-t-elle.

Une violence soudaine

Mme Tian pratique l’un des exercices du Falun Gong à l’extérieur du bâtiment abritant la Liberty Bell à Philadelphie le 13 février 2015. (Friends of Falun Gong)

En 1999, la discipline a fait face à une persécution soudaine et sévère. Le dirigeant de l’époque, Jiang Zemin, estimait qu’elle avait attirée trop de gens (entre 70 et 100 millions de chinois pratiquaient le Falun Gong à la fin des années 1990) et a lancé une violente campagne d’éradication.

Mme Tian s’est rendue dans plusieurs bureaux du gouvernement à Pékin pour défendre la pratique et tenter de convaincre les autorités que cette campagne était une erreur. C’était en vain puisqu’en 2006 elle a été arrêtée pendant qu’elle distribuait des dépliants sur la pratique et sa persécution en Chine. Elle a été envoyée dans un camp de travail forcé – c’est alors que commence son cauchemar qui lui a fait frôlé la mort.

L’enlèvement

« Un jour, une dizaine de gardiens sont venus vers moi dans le camp de travail, m’ont bandé les yeux d’un foulard noir avant de me pousser à l’intérieur d’une voiture de police. Je ne savais pas où ils m’emmenaient (…) arrivés quelque part, ils m’ont conduite à l’étage et lorsqu’ils m’ont enlevé le bandeau des yeux j’étais dans une chambre d’hôpital. Ils m’ont attachée sur un lit, menottée aux mains et aux pieds. »

Une policière est entrée plus tard et a défait mes menottes. Puis un médecin est entré, a vérifié mon état de santé et a indiqué aux officiers de police qui devaient partir que « tout était normal », rapporte Tian. Elle a de nouveau été menottée. Une autre infirmière est entrée pour préparer une perfusion par intraveineuse. Tian a alors commencé à lui expliquer la situation : « Je suis une pratiquante du Falun Gong. Je suis en bonne santé et je n’ai pas besoin de perfusion. » L’infirmière s’est montrée compréhensive et ne lui a pas posé l’intraveineuse.

Des injections

Cependant, plus tard, une autre infirmière est entrée pour lui a injecter de force une substance inconnue. « Après m’avoir injecté la substance, je me suis sentie très mal », rapporte-t-elle.

La police la surveillait 24 heures par jour, au moyen de tour de gardes. Chaque matin une femme chinoise en blouse blanche, visiblement médecin, venait mesurer sa pression sanguine, sa fonction cardiaque et son état de santé. C’était le seul moment où Mme Tian pouvait bouger librement ses bras et ses jambes. Le médecin disait à nouveau « tout est normal » en partant, et on lui injectait encore une subtance inconnue, qui la laissait dans un état comateux prolongé.

Mme Tian a demandé une fois à un policier de garde : « Quel est cet endroit, pourquoi suis-je maintenue ici ? » Le visage sévère du policier est resté stoïque.

« L’aile des maladies cardiaques ? »

Un jour, Mme Tian a entendu une conversation entre une policière et ce qui semblait être une voix d’homme au téléphone. L’interlocuteur lui demandant où elle était, elle a répondu : « Je suis dans l’aile des maladies cardiaques ». Mme Tian se souvient en avoir été confuse et choquée, se demandant : « Alors c’est l’aile des maladies cardiaques ? Mais qu’est-ce que je peux bien faire ici ? »

Les seules personnes personnes qu’elle voyait chaque jour étaient les policiers et les infirmières qui venaient mettre en place l’intraveineuse – personne ne lui expliquait où, ni pourquoi elle était détenue. 

Son expérience la plus étrange a probablement été lorsqu’elle s’est réveillée avec un homme dans sa chambre, faisant des allers-retours devant son lit, apparement pour l’examiner.« Qui êtes-vous ? » a-t-elle demandé. Il était surpris, et a répondu : « Je… Je suis un infirmier. Je suis là pour m’occuper de ma famille. »

Elle a commencé à lui dire qu’elle était une pratiquante du Falun Gong qui avait été détenue, envoyée dans un camp de travail forcé, et se retrouvait maintenant dans une chambre d’hôpital. Une policière est alors entrée en trombe dans la chambre, lui ordonnant brutalement de se taire et demandant à l’homme de partir.

Les deux se sont isolés sur le balcon et Mme Tian a entendu la policière dire : « Son corps est particulièrement sain, c’est juste son cerveau qui a été touché. » Tian se souvient s’être dit à elle-même : « Ils parlent sûrement de moi ; pourquoi cet homme bizarre s’est intéressé à moi ? »

Tian se souvient que l’homme la regardait avec l’expression la plus étrange, « comme s’il regardait un objet, pas une personne ».

Une cible de prélèvement

Elle rapporte qu’à ce moment elle a compris la situation délicate dans laquelle elle se trouvait : « Les injections constantes par intraveineuse me faisaient souffrir terriblement. J’ai trouvé ça très étrange. Si un médecin venait chaque jour rapporter que tout était normal, alors pourquoi étais-je gardée dans ce pseudo hôpital ? Et pourquoi me faisaient-ils des injections ? »

Elle continue : « Je me demandais comment une chose si étrange pouvait arriver. Je me suis remémoré des histoires que j’avais entendu, avant d’être envoyée dans un camp de travail forcé, sur les pratiquants de Falun Gong à l’hôpital de Sujiatun, dans le Nord-Est de la Chine, tués pour leurs organes. »

Étais-je devenue une partie de « l’inventaire » de leur marché des organes ? Étais-je capturée tel un animal pour des prélèvements ?
— Mme Tian, pratiquante de Falun Gong

« Et je me suis aussi souvenue d’une jeune pratiquante de Falun Gong, elle s’appelait Li Mei, avait 28 ans et était en bonne santé. Elle est morte mystérieusement après avoir été arrêtée. Sa famille a vu que son corps présentait des incisions sous le menton. Son corps a ensuite été incinéré de force, sans que personne ne sache pourquoi. Quand j’ai pensé à tout cela, je me suis mise à trembler. Étais-je devenue une partie de « l’inventaire » de leur marché des organes ? Étais-je capturée tel un animal pour des prélèvements ? »

De l’agitation

Elle a difficilement pu dormir cette nuit-là. Au matin lorsque le médecin est entré pour réaliser son bilan habituel, Mme Tian a saisi sa chance après qu’on lui ait enlevé les menottes.

« Je me suis tout de suite mise à résister tout de suite, à faire tout ce que je pouvais pour les empêcher de me menotter à nouveau. Je me suis aussi mise à crier : ‘Vous voulez me tuer ! Vous voulez prélèver les organes d’une pratiquant de Falun Gong encore en vie ! »

« Je ne sais pas d’où m’est venue cette force, mais j’ai soulevé le lit à grand bruit pour faire barrage à la police, faisant beaucoup de bruit. Les patients des autres chambres étaient choqués et sont entrés dans la pièce pour savoir ce qui se passait. Bientôt la chambre était remplie de monde et la policière a dû sortir pour chercher du renfort. »

La vieille dame a alors expliqué aux patients présents ce qu’était le Falun Gong et la persécution lancée à son encontre, décrivant son enlèvement et le but certain de sa captivité : prélever ses organes.

Une infirmière viendra vous donner un médicament. Vous devrez la laisser faire l’injection.
— Un docteur compatissant

Dans l’agitation, l’un des médecins de l’hôpital s’est approché d’elle et lui a calmement dit qu’il ne fallait pas qu’elle aille avec qui que ce soit ce soir-là, qu’il était de garde et qu’il allait l’aider. « Une infirmière viendra vous donner un médicament. Vous devrez la laisser faire l’injection. »

Un infirmière l’a sauvée 

Quatre policiers ont fait irruption, ont fait sortir les autres patients avant de l’attacher de nouveau sur le lit.

Cette nuit-là, une infirmière est en effet venu lui faire une injection. « J’ai tout de suite trouvé que cette injection était différente des autres que j’avais eu précédemment. Je me suis tout de suite sentie mieux, et la douleur est partie. »

L’infirmière a fait état que sa santé s’était soudainement détériorée, provoquant ainsi la sortie de l’hôpital pour Mme Tian.

Le lendemain, une autre infirmière s’est présentée. En commençant son bilan quotidien, elle a froncé les sourcils, lançant : « Hier vous alliez bien. Qu’est-ce qui vous a soudainement rendue comme ça ? » Une autre infirmière a fait la même remarque, ce qui lui a permis d’être immédiatement renvoyée au camp de travail.

Une tentative de meurtre et une évasion

Mais ses épreuves n’étaient pas encore finies. Les gardiens du camp de travail forcé lui ont lancé : « Vos organes ne sont pas bons, alors on ne veut pas de vous ! » avant de lui injecter ce qu’elle indique être un poison. Leur intention était de la renvoyer chez elle pour qu’elle y meure discrètement, rapporte-t-elle.

Une fois libre, le mari de Mme Tian est venu la chercher. Elle a passé des semaines au lit avec la sensation que ses os s’étaient transformés en glace. « Je ne peux pas mourir », s’est-elle dit.

Chez elle, malgré son état, elle a pratiqué les exercices corporels du Falun Gong, se forçant à faire les mouvements debouts et la méditation assise. Sa sueur était jaune, indique-t-elle. En environ un mois elle a pu récupéré, réussissant par la suite à fuir pour les États-Unis. 

Mme Tian vit maintenant à Philadelphie depuis 2013, où elle peut librement témoigner de son histoire.

Version anglaise

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