SAINT-DENIS – Une maman obligée de dormir par terre pour rester près de son fils de deux ans hospitalisé, alerte l’opinion publique

Cette mère de famille a fait ce que tout autre parent dont l’enfant de deux ans est hospitalisé aurait fait : quand les infirmières l’ont incitée à rester dormir près du berceau de son fils, elle a accepté, à la fois pour le rassurer mais aussi pour le surveiller. Cependant, en ce 13 janvier, à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), elle ne s’attendait pas à dormir dans des conditions si spartiates, à même le sol, et a décidé d’en parler au Parisien quelques semaines plus tard.

Dans le service de pédiatrie, le tout-petit a été placé dans un berceau, dans un box de deux mètres sur quatre. Pour dormir, sa maman n’a eu droit qu’à une couverture et un drap. « Il n’y avait qu’une chaise en plastique inconfortable. J’ai regardé les infirmières en leur disant: ‘ce n’est pas possible, je ne vais pas dormir par terre!' », a déclaré Laurence Thimothé au Parisien.

« Il faisait froid, je n’ai dormi qu’une heure avec mon manteau. »

C’est pourtant ce qu’elle a dû se résoudre à faire, l’instinct maternel étant plus fort que le besoin d’un confort minimum. « Je me suis sentie comme un animal. Il faisait froid, je n’ai dormi qu’une heure avec mon manteau. Je me suis levée avec un mal horrible au dos. »

L’hospitalisation de son petit garçon ayant duré jusqu’au 16 janvier, la mère de famille s’est organisée pour les deux autres nuits, apportant un lit de camp de son domicile.

Mme Thimothée déplore également qu’il n’y a pas de toilettes à disposition des parents dans ce service de pédiatrie, ni de douche, les parents restant plus longtemps ne pouvant pas se laver.

Stress et fatigue émotionnelle

La situation vécue par la jeune femme n’est pas un cas isolée et a fait réagir les internautes, dont plusieurs ont raconté des cas similaires. Le Figaro rappelle qu’un mois plus tôt, c’était la maman d’un bébé de 6 semaines qui avait dû dormir pendant plusieurs nuits dans un fauteuil inconfortable au centre médical de La Timone à Marseille.

« C’était un moment très difficile. Quand on subit le stress et la fatigue émotionnelle liés à l’hospitalisation de son enfant, on aurait besoin, au moins, de bien dormir », avait expliqué cette mère.

Réaction de l’Hôpital Delafontaine

Il n’y a pas que les internautes qui ont réagi à l’article paru le 11 février dans Le Parisien. Le Centre Hospitalier de Saint-Denis, qui s’était jusque là refusé à tout commentaire, a émis un communiqué de presse le 13 février pour se justifier, déplorant que Mme Thimothé se soit adressée à la presse plutôt qu’au service clientèle de l’établissement.

« Les locaux dont nous disposons datent d’une époque où la présence des parents dans les services de soins n’étaient pas la norme. (…) Le Centre Hospitalier de Saint-Denis est conscient que toutes ces conditions d’hébergement ne sont pas favorables à la meilleure sérénité pour les parents et s’en excuse », peut-on lire dans ce communiqué.

« C’est incompréhensible que l’hôpital ne mette pas à disposition au moins un tapis de sol ou un matelas », avait écrit Laurence Thimothé dans sa lettre ouverte à la direction de l’hôpital. Ce à quoi le communiqué de presse du Centre hospitalier répond que « l’ensemble de l’encadrement (…) a été mobilisé pour mener une réflexion en vue d’améliorer les conditions d’accueil des parents dans l’attente du déménagement dans les nouveaux locaux », prévu d’ici deux ans. Ce qui inclut « tapis de sol avec un drap, fauteuils, aménagement d’espaces existants… »

Espérons que, comme dans le cas de Magali Martin, une jeune maman d’un bébé prématuré, qui avait lancé un appel sur Facebook le 4 février dernier après avoir été forcée de quitter l’hôpital quelques jours seulement après l’accouchement, les choses bougent rapidement pour permettre aux parents de vivre ces durs moments en endurant moins de stress.

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