Le transfuge nord-coréen, puissant symbole de liberté, au cours du discours sur l’état de l’Union

WASHINGTON – Dans un moment de triomphe, Ji Seong-ho hissa ses béquilles en bois de longue date au-dessus de sa tête au son d’un tonnerre d’applaudissements des deux côtés du Congrès pendant le discours sur l’état de l’Union le 30 janvier.

Ji Seong-ho ressemblait vraiment à ce qu’il était, un survivant et un vainqueur.

Le président Donald Trump a raconté l’histoire incroyable de Ji Seong-ho à partir de 1996, lorsqu’il était un jeune garçon affamé en Corée du Nord.

« Un jour, il a essayé de voler du charbon d’un wagon de chemin de fer pour troquer quelques morceaux de nourriture. Il s’est évanoui sur la voie ferrée, épuisé par la faim. Il s’est réveillé alors qu’un train roulait sur ses membres. Il a ensuite subi de multiples amputations sans aucun anesthésiant pour atténuer la douleur », a partagé le président Trump. « Ji Seong-ho a ainsi perdu sa main et son pied gauche dans cette mésaventure. »

« Son frère et sa sœur lui ont donné le peu de nourriture qu’ils avaient pour l’aider à se rétablir, et ils ont mangé eux-mêmes de la terre, retardant ainsi en permanence leur propre croissance », renchérit Donald Trump.

Plus tard, Ji Seong-ho a été torturé par les autorités nord-coréennes après son retour d’une brève visite en Chine. Ses bourreaux voulaient savoir s’il avait rencontré des chrétiens.

Mais son désir de liberté était tellement fort qu’il s’est vu parcourir des milliers de kilomètres sur des béquilles à travers la Chine et l’Asie du Sud pour atteindre son but.

« La plupart des membres de sa famille ont suivi. Son père a été saisi alors qu’il s’échappait et par la suite a été torturé à mort », a lamenté M. Trump.

« Aujourd’hui, il vit à Séoul, où il vient à la rescousse d’autres transfuges et diffuse en Corée du Nord ce que le régime craint le plus : la vérité. »

Le président Trump en a profité pour avertir que la Corée du Nord, à travers sa « poursuite irresponsable de missiles nucléaires », pourrait très bientôt menacer l’Amérique. Il a lancé avec assurance que la campagne de pression maximale et de sanctions s’avérait être la meilleure approche.

« Comme nous le montre l’expérience passée, la complaisance et les concessions n’invitent qu’à l’agressivité et à la provocation », a déploré le président. « Je ne répéterai pas les erreurs des administrations passées qui nous ont placés dans une position très dangereuse. »

Fred et Cindy Warmbier réagissent alors qu’ils ont été reconnus lors du discours sur l’état de l’Union au Capitole américain à Washington le 30 janvier 2018. (MANDEL NGAN/AFP/Getty Images)

Donald Trump a également convié des invités tels que la famille d’Otto Warmbier à offrir un discours. M. Otto Warmbier est décédé en juin de l’an dernier, 4 jours seulement après que le régime communiste nord-coréen l’eut renvoyé chez lui dans le coma après l’avoir détenu pendant 17 mois.

Le jeune Warmbier voyageait avec un groupe de touristes quand il a été arrêté à l’aéroport alors qu’il se préparait à quitter la capitale nord-coréenne, Pyongyang. Les médias d’État ont suggéré qu’il avait volé une affiche de propagande dans le hall de l’hôtel dans lequel il résidait.

« Après un procès honteux, la dictature a condamné Otto à 15 ans de travaux forcés avant de le renvoyer en Amérique en juin dernier, horriblement blessé et sur le point de mourir », sympathisait le président. « Il est décédé quelques jours après son retour. »

M. Trump s’est tourné vers les parents émotifs d’Otto et, sous de chaleureux applaudissements, adressa quelques paroles de consolation à Fred et Cindy Warmbier ainsi qu’à ses proches, frère et sœur, Austin et Greta.

« Vous êtes de puissants témoins de ce harcèlement qui menace notre monde, et votre courage nous inspire tous. Ce soir, nous nous engageons à honorer la mémoire d’Otto avec notre détermination américaine. »

M. Trump a parlé de la nature dépravée du régime nord-coréen, qui opprime ses propres citoyens plus totalement et brutalement que tout autre régime.

« L’histoire de Ji Seong-Ho est un témoignage du désir ardent de chaque âme humaine de vivre en liberté », a-t-il fait remarquer.

« C’est ce même désir de liberté qui a donné naissance, il y a près de 250 ans, à un lieu spécial connu comme l’Amérique. C’était un petit groupe de colonies coincées entre un grand océan et une vaste étendue sauvage. Mais c’était la demeure d’un peuple incroyable avec une idée révolutionnaire : qu’ils pouvaient se gouverner eux-mêmes ; qu’ils pourraient tracer leur propre destin. Et qu’ensemble, ils pourraient illuminer le monde. »

https://www.youtube.com/watch?v=uXxaURaFMWg
Discours sur l’état de l’Union (capture d’écran de YouTube)

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