Visite de la ville fantôme de Hashima au Japon

À quelques kilomètres du port de Nagasaki au Japon se trouve l’île de Hashima, ayant la forme d’un navire de guerre (l’autre nom connu de l’île est Gunkanjima). Elle abritait dans le passé une communauté minière florissante, mais est aujourd’hui complètement déserte. Les ruines où ont habité et travaillé les anciens habitants de Hashima donnent à l’île un air triste et sinistre, ce pourquoi les Japonais l’ont qualifié de ville fantôme.

En 1810 fut découvert pour la première fois du charbon sur Hashima. La mine de charbon a été mise en service en 1870, et c’est en 1890 avec l’acquisition du commerce par Mitsubishi que l’île a commencé à développer une communauté prospère. La mine est restée ouverte jusqu’au 15 janvier 1974, et le 24 avril 1974 son dernier habitant a quitté l’île.

Des mineurs descendant dans un puits de la fosse à charbon de Hashima. Le dernier puits a fermé en 1974. (Concierge de Gunkanjima)

Entourée par d’énormes blocs de béton pour briser les vagues (les mêmes lui ayant donné sa forme de navire de guerre), Gunkanjima abritait près de 5300 habitants à la fin des années 1950. Il y avait à cette époque des hôpitaux, des écoles, des dizaines de commerces et même un salon de pachinko, où les mineurs se détendaient après le dur labeur souterrain.

L’île a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2015 et reçoit chaque jour des dizaines de touristes amenés en bateau par quatre sociétés autorisées à entrer dans la zone. Les visites sont limitées à une heure et restreintes à trois zones, pouvant observer de loin les habitations des mineurs et de leurs familles.

Une photographie d’avant la Seconde Guerre mondiale montrant un escalier plongeant dans le dédale d’appartements des grandes barres d’immeubles de l’île. (Concierge de Gunkanjima)

Les barres d’immeubles 30 et 31 sont les seules que les visiteurs peuvent contempler du dehors dans toute leur immensité. On peut entendre les cris des oiseaux volant au-dessus de la zone et le son des vagues se brisant sur la digue gigantesque entourant l’île. C’est tout ce qu’il reste d’une communauté industrielle autrefois prospère.

Les ruines centrales, des bâtiments oranges et la seconde entrée du tunnel de la mine sont d’autres endroits pouvant être vus en détail sur l’île. L’île étant isolée,  il y a eu une forte demande de produits électroniques dans les années 1950 et 1960. Hashima était alors l’une des zones avec le plus grand nombre de télévisions et de radios.

Des bâtiments délabrés à Hashima. (Wikimedia Commons)

Hashima est également connue par son apparition dans les médias autour du monde, particulièrement en Asie. Le film coréen Battleship Island qui va sortir en 2017 raconte l’un des épisodes les plus sombres de la zone : le travail forcé de citoyens coréens sur l’île durant la Seconde Guerre mondiale.

Gunkanjima, l’héritage industriel du Japon ayant lancé certaines des plus importantes marques du monde de la technologie, est aujourd’hui une métaphore pour le futur de certaines de ces marques.

Située au milieu de la mer, accessible seulement dans une atmosphère pesante et à couper le souffle, Gunkanjima a bien gagné son nom d’île fantôme. C’est en effet une juste description, comme le confirme ceux ayant visité cette zone inhabitée.

Hashima sur Google Street View 

 
VOIR AUSSI