23 millions de Chinois ont été interdits de voyager

Des millions de voyageurs potentiels en Chine n’ont pas pu acheter des billets d’avion et de train. Pourquoi ? Parce que le système de « crédit social » du régime chinois les a classés dans la catégorie de « risque ».

Tant pis pour partir en vacances.

L’année dernière, 17,5 millions de personnes ont été interdites d’achat de billets d’avion en Chine et 5,5 millions de Chinois ont été empêchés de prendre un train. Au total, 23 millions de personnes ont fait l’objet d’une interdiction de voyager, dont certaines ne pouvaient pas quitter le pays.

Selon les médias, les gens ont été interdits d’acheter des billets en raison d’un mauvais score de leur « crédit social ». D’après le rapport annuel du National Public Credit Information Center, le nombre total de données accumulées à la suite d’un « comportement non fiable » a dépassé 14 millions. Ne pas pouvoir payer les impôts, rembourser les emprunts ou faire de la publicité mensongère, etc. sont quelques-unes des raisons derrière le faible score de crédit social.

D’après le rapport annuel du National Public Credit Information Center, le nombre total de données accumulées à la suite d’un « comportement non fiable » a dépassé 14 millions. (Image : Capture d’écran/Youtube)

La Chine a connu un changement radical à la suite de la mise en place du système de crédit social. Ce système mesure la « bonne citoyenneté », ce qui est jugé nécessaire par les autorités chinoises. « Maintenir la confiance est glorieux et rompre la confiance est honteux », a proclamé le gouvernement. Donc, si un citoyen ne paie pas ses impôts, cela se reflétera dans sa position dans le système de crédit social. En principe, chaque citoyen chinois doit avoir une note et ceux qui sont « bons » et respectueux de la loi obtiennent des privilèges par rapport à ceux qui ont des notes moins bonnes. Personne n’est exempté.

Les « mauvais citoyens », ou ceux qui ont de mauvais scores, n’ont pas le droit d’utiliser certains services publics de base, tels que prendre l’avion ou le train. La liste des sanctions est assez longue. Jouer à des jeux vidéo et ne pas payer ses factures peut réduire la vitesse de l’Internet. Refuser de faire son service militaire peut interdire à un citoyen chinois de fréquenter les meilleures écoles ou de s’enregistrer dans les meilleurs hôtels. Ceux qui sont classés dans la catégorie des personnes qui « sont indignes de confiance » sont empêchés d’obtenir de bons emplois, et ainsi de suite.

Un système juste ou abusif ?

Selon l’ancien responsable chinois Hou Yun Chun, un tel système est nécessaire pour pouvoir punir les gens de manière appropriée. « Si nous n’augmentons pas le prix à payer pour avoir été discréditées, nous encourageons les personnes discréditées à continuer », a-t-il martelé. Cependant, nombreux sont ceux qui craignent que le système de crédit social ne soit abusif.

Cheng Xiaonong, un économiste chinois basé aux États-Unis, a expliqué à Radio Free Asia que le système qui empêchait des millions de Chinois de voyager était utilisé à mauvais escient. En même temps, le Global Times, journal officiel aux tendances nationalistes et proche du pouvoir chinois, a cité les paroles de Zhi Zhenfeng, chef du département de droit de l’informatique et de l’information de l’Académie chinoise des sciences sociales : « La manière dont une personne est restreinte en termes de services publics ou d’opportunités de travail doit dépendre de comment et dans quelle mesure elle a perdu sa crédibilité. »

Le système de crédit social surveille chaque mouvement et chaque action de la population. (Image : Capture d’écran/YouTube)

Le système de crédit social surveille chaque mouvement et chaque action de la population. Cela donne des frissons à un grand nombre de Chinois qui craignent d’en être victimes. Toutefois, il y a aussi des Chinois qui l’approuvent. Pour eux, la surveillance continue et l’atteinte à la vie privée ne sont que de petits sacrifices pour restaurer une valeur qui manque énormément dans leur pays – la confiance.

À ce jour, le système de crédit social est encore en cours d’introduction et il est géré soit par des conseils municipaux, soit par des plateformes technologiques privées dans certaines régions de la Chine. D’ici 2020, il sera pleinement opérationnel à l’échelle nationale.

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