Afhanistan: manifestation de paix mais reprise des combats après l’expiration d’un cessez-le-feu

18 juin 2018 15:05 Mis à jour: 18 juin 2018 15:16

« Cessez les combats ! » Une manifestation peu courante a fait son entrée lundi à Kaboul après avoir parcouru l’Afghanistan pour exiger la paix, quelques heures après l’expiration d’un cessez-le-feu des talibans, suivi d’une reprise des hostilités avec les forces de sécurité dans plusieurs provinces. Épuisés après une odyssée de 40 jours et quelque 700 km, accomplie pour la plus grande partie durant le jeûne du ramadan, les quelques dizaines de manifestants sont arrivés dans la capitale afghane aux cris de « Nous voulons la paix ! » et « Cessez les combats ! ».

Mais ce mouvement de contestation, rarissime en Afghanistan, a peu de chances de voir son rêve se réaliser à brève échéance. Quelques heures plus tôt, les talibans avaient rejeté des appels du gouvernement, de la communauté internationale et de nombreux Afghans à prolonger le cessez-le-feu de trois jours qu’ils avaient mis en place à l’occasion de la fin du ramadan et qui a expiré dimanche soir. Ils ont depuis repris leurs attaques.

« Les moudjahidines dans le pays ont pour ordre de poursuivre leurs opérations contre les envahisseurs étrangers et leurs larbins (afghans) comme d’habitude », ont-ils indiqué dans un communiqué, réitérant leur exigence de pourparlers directs avec les Etats-Unis et de retrait des forces étrangères. Leurs combattants ont attaqué les forces de sécurité dans plusieurs provinces du sud et de l’est de l’Afghanistan, ont indiqué des responsables à l’AFP.

Le gouverneur du district de Ghani Khel dans la province de Nangarhar (est) a été tué par balles et son garde du corps blessé lundi, a indiqué à l’AFP le porte-parole du gouverneur provincial, Attaullah Khogyani, accusant les talibans. Un porte-parole du ministère de la Défense, Mohammad Radmanesh, a pour sa part fait état de combats dans neuf provinces depuis la fin du cessez-le-feu taliban, et avancé un bilan de 12 soldats tués ou blessés.

Environ 2.500 talibans sont entrés dans Kaboul durant les trois jours de trêve et la plupart d’entre eux ont refusé de retourner au combat, a-t-il ajouté. « Ils sont fatigués de la guerre et ont renoncé à combattre, mais nos forces de sécurité et de défense sont prêtes à empêcher et à répondre à toute menace », a-t-il dit.

Il s’agissait du premier cessez-le-feu formel à l’échelle nationale depuis l’invasion américaine de 2001 et les scènes de joie qu’il a suscitées ont éveillé des espoirs de paix parmi les Afghans épuisés par la guerre. Le gouvernement a annoncé une prolongation de dix jours, tout en précisant que les forces de sécurité se défendraient si elles étaient attaquées.

La trêve a aussi donné lieu ces derniers jours à d’inédites scènes de fraternisation entre combattants talibans, civils et membres des forces de sécurité. Mais elle a été ternie samedi et dimanche par deux attentats-suicide revendiqués par le groupe Etat islamique, qui ont fait des dizaines de victimes. Les participants à la marche pour la paix ont eux aussi ardemment plaidé leur cause: « Nous voulons que notre peuple reste uni pour la paix et se débarrasse de ces souffrances pour la prochaine génération », a déclaré l’un d’eux, Mohammad Naikzad, à la chaîne Tolo News.

« J’appelle les deux parties, le gouvernement et les talibans, pour l’amour de Dieu, à trouver une voie vers la paix et la réconciliation », a-t-il ajouté. « Assez de sang a été versé. Tant de gens ont été tués dans ce conflit » a renchéri un autre marcheur, Karwan. Le mouvement de marche pour la paix, semble-t-il une première en Afghanistan, est né d’un énième attentat à la voiture piégée qui avait fait 13 morts le 23 mars à Lashkar Gah, la capitale du Helmand (Sud).

Des dizaines d’habitants exaspérés avaient alors entamé un sit-in spontané pour la paix, puis une marche vers Kaboul. Ils réclament un cessez-le-feu dans la durée, des négociations de paix et un calendrier de retrait des forces étrangères en Afghanistan.

DC avec AFP

 

 

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