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Algérie/lettre de Bouteflika lue à la TV : la présentatrice quitte le JT

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Algérie : des journalistes algériens participent à un rassemblement de protestation contre la censure présumée de la couverture des manifestations contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika.28 février 2019.

Photo: : RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images

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Durée de lecture: 3 Min.

Une présentatrice du journal de la télévision publique algérienne a démissionné lundi, furieuse de s’être vue remettre à la dernière minute la veille une déclaration écrite du président Abdelaziz Bouteflika, dont elle a dû donner lecture à l’antenne, selon un de ses collègues.
Ancienne journaliste de la radio publique, Nadia Madassi présentait depuis 15 ans le journal télévisé du soir de Canal Algérie.

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À l’ouverture du journal télévisé dimanche soir, Nadia Madassi a donné lecture d’extraits d’une « lettre » à ses concitoyens du chef de l’État qui y confirmait notamment sa candidature à un 5e mandat, malgré la contestation massive que celle-ci a déclenchée en Algérie.
« On lui a remis à la dernière minute le message du président Bouteflika », elle « a été mise mal à l’aise. Elle a très mal vécu cet épisode, elle a décidé de ne plus présenter le JT et de rejoindre la rédaction », a déclaré à l’agence France Presse (AFP) un journaliste de Canal Algérie, chaîne francophone de la télévision publique.

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« C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis le début des manifestations, on ne nous laisse pas travailler », a souligné ce collègue.
Des journalistes de l’audiovisuel public algérien – dont Nadia Madassi – ont récemment dénoncé les pressions exercées par leur hiérarchie concernant la couverture de l’actuelle contestation de la 5e candidature à la présidentielle de M. Bouteflika, un mouvement jamais vu depuis qu’il est arrivé à la tête de l’État il y a 20 ans.

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Radio et télévision publiques ont d’abord totalement passé sous silence les nombreuses et massives manifestations, avant d’en faire état en atténuant les mots d’ordre.

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Dans son message lu dimanche soir, le président Bouteflika, 82 ans et affaibli par des problèmes de santé, s’engage, s’il est réélu le 18 avril, à ne pas terminer son mandat et céder la main à l’issue d’une présidentielle anticipée, organisée après une conférence nationale devant réformer profondément le régime actuel.
Des engagements qui n’ont pas calmé les opposants au 5e mandat, qui y ont surtout vu un maintien par le président et ses partisans d’une candidature contestée.
D. S avec AFP

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