Aux agriculteurs, Macron promet de « ne rien lâcher », en France et sur le front européen

Le président Emmanuel Macron visite le 56ème Salon de l'Agriculture à la Porte de Versailles à Paris le 23 février 2019.
Photo: : JULIEN DE ROSA/AFP/Getty Images
Emmanuel Macron a promis « de ne rien lâcher » pour promouvoir l’agriculture française et plaidé pour une Politique agricole commune (PAC) « réinventée » samedi dernier au salon de l’Agriculture.
Le chef de l’État a appelé les Européens à s’unir derrière leur agriculture, en soulignant que « sans la PAC, les consommateurs européens ne bénéficieraient pas d’une alimentation accessible et de qualité ».
Pendant un discours qui a duré près d’une heure, le président s’est présenté comme « un patriote » bien décidé à « ne rien lâcher » pour défendre l’agriculture française, proclamant : « Je crois dans la force du modèle français ».
« L’Europe agricole aujourd’hui est menacée de l’extérieur », face aux grandes puissances comme la Russie, la Chine ou les États-Unis, mais aussi de « de l’intérieur », a-t-il estimé, plaidant pour « réinventer » la PAC afin d’assurer « la souveraineté alimentaire, environnementale et industrielle » du continent européen, alors que les négociations pour élaborer la future PAC viennent de commencer et que le scrutin des européennes se rapproche (du 23 au 26 mai).
Surtout, « une part significative de la PAC » devra « être consacrée à l’environnement », a affirmé M. Macron, en préconisant de rémunérer les « services environnementaux » rendus par les agriculteurs.
Il a aussi rappelé son engagement à interdire d’ici trois ans l’usage du glyphosate, puissant désherbant controversé pour son caractère potentiellement « cancérogène ». Selon lui, le vignoble français, peut devenir le premier vignoble au monde « sans glyphosate ».
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« On va attendre les actes, mais il semble avoir compris la problématique agricole », a réagi Samuel Vandaele, du syndicat des Jeunes Agriculteurs.
La veille, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume avait déploré « qu’il y ait encore un agriculteur qui se suicide tous les deux jours ».
Un drame de la ruralité qui a motivé Patrick Maurin, élu local de Marmande (Lot-et-Garonne) à prendre son bâton de pélerin, et à marcher 250 km du Touquet, villégiature des Macron, jusqu’à Paris, où il est arrivé vendredi. Son souhait : remettre samedi au chef de l’État un cahier de « doléances » disant la détresse morale du monde agricole.
Si 85% des Français ont une bonne opinion des agriculteurs, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour France Info et le Figaro, l’agriculture a du mal à faire rêver les jeunes et les demandeurs d’emploi, alors que la profession manque de bras et qu' »un tiers des professionnels » cesseront leur activité d’ici 2022, selon Xavier Heinzlé, des Jeunes agriculteurs.
D. S avec AFP
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