ÉTATS-UNIS – La consommation d’antidépresseurs empoisonne les poissons des Grands Lacs

Aux États-Unis, la consommation d’antidépresseurs bat des records. Les substances toxiques contenues dans ces médicaments se retrouvent ensuite dans les lacs et les rivières où elles contaminent les poissons et constituent ainsi une menace très sérieuse pour la faune aquatique.

Des scientifiques de l’université de Buffalo, dans l’État de New York, sur la cote Est des États-Unis, ont réalisé une étude afin de mesurer la concentration de résidus chimiques dans les eaux des grands lacs Érié et Ontario.

Leurs analyses révèlent que les eaux de ces lacs contiennent de nombreux polluants dont une quantité significative d’antidépresseurs comme le Citopram, le Bupropion, le Zoloft, le Prosac, le Celexa ou la Paroxetine.

Des eaux usées mal nettoyées

La présence des intrants chimiques s’explique par une mauvaise filtration des eaux usées dans les stations d’épuration. Une fois traitées et débarrassées d’une partie des bactéries qu’elles contiennent, elles sont finalement rejetées dans les lacs et les cours d’eau avoisinants.

Or, les stations d’épuration ne sont pas en mesure d’éliminer tous les déchets microscopiques que contiennent les eaux usées, notamment les résidus médicamenteux. Les lacs et les rivières sont donc infestés de substances chimiques toxiques qui proviennent des usines de traitement des eaux usées.

(Joe Raedle/Getty Images)

Ces polluants ont un impact significatif sur les organismes aquatiques et modifient notamment leur métabolisme. Les molécules chimiques affectent le cerveau, le foie, ou les muscles de nombreux espèces de poissons qui vivent dans la région de Grands Lacs comme la perche, le bar, la truite arc-en-ciel ou le poisson-castor.

(YOSHIKAZU TSUNO/AFP/Getty Images)

Des conséquences préoccupantes

Une partie de la faune marine développe également des comportements étranges qui perturbent son instinct de survie. Par exemple, tandis qu’elle devrait s’en éloigner, la crevette rose se rapproche de plus en plus des zones lumineuses où elle constitue une proie facile pour ses prédateurs.

D’autres espèces modifient leur comportement alimentaire sous l’effet des substances toxiques présentes dans leur environnement. Les résidus médicamenteux menacent ainsi sérieusement l’équilibre des lacs et des cours d’eau. À terme, la survie de plusieurs espèces pourrait donc être remise en question.

(David McNew/Getty Images)

En outre, les concentrations d’antidépresseurs analysées dans les poissons n’augmentent pas au fil de la chaîne alimentaire, ce qui indique que la contamination des organismes aquatiques a lieu par simple exposition à une eau souillée, et non à travers l’alimentation. Les gros poissons ne sont ainsi pas plus touchés par ce type de pollution que les petits dont ils se nourrissent.

« Les ingrédients actifs de ces antidépresseurs évacués par les stations d’épuration s’accumulent dans le cerveau des poissons. C’est une véritable menace pour la biodiversité, et nous devrions être très préoccupés », explique Diana S. Aga, une chimiste ayant participé à l’étude menée par l’université de Buffalo.

(Stephen Chernin/Getty Images)

Un boom de la consommation

Les Américains sont de grands consommateurs d’antidépresseurs et une enquête du National Center for Health Statistics montre que la tendance n’a de cesse de s’accentuer ces dernières années : le pourcentage d’Américains utilisant des antidépresseurs a ainsi augmenté de 65 % entre 2002 et 2014.

L’Europe n’est d’ailleurs pas épargnée et connaît une hausse similaire depuis plusieurs années…

https://twitter.com/onaturo/status/932342114981154816

Une situation préoccupante qui ne peut pas être prise à la légère, tant les conséquences globales de ce type de substances peuvent être catastrophiques pour l’homme et l’environnement.

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