Les entrepreneurs condamnent les penchants socialistes aux États-Unis

La plus grande organisation d’entrepreneurs des États-Unis a condamné le socialisme et les politiques d’extrême gauche qui sont devenues populaires parmi les membres du Parti démocrate américain.

Tom Donohue, président et chef de la direction de la Chambre de commerce des États-Unis, s’est dit préoccupé par le mépris croissant pour le système de libre entreprise.

« Des idées qui ont échoué, telles que le socialisme ou les économies gérées par le gouvernement, se propagent de plus en plus sur la scène politique officielle », a-t-il mis en garde dans son discours annuel sur la situation économique aux États-Unis, prononcé le 10 janvier dernier.

« Voici tout ce qu’il faut savoir », a-t-il poursuivi. « Lorsqu’un gouvernement centralisé essaie de tout planifier pour tout le monde, il fournit un service de qualité inférieure pour tous. Même avec ses défauts et ses excès occasionnels, personne n’a jamais inventé un meilleur système que la libre entreprise. »

Fondée en 1912, la Chambre de commerce des États-Unis représente les intérêts de plus de 3 millions d’entreprises de toutes tailles. La Chambre préconise des politiques favorables aux entrepreneurs qui créent de la croissance économique et des emplois, telle une politique fiscale intelligente et des allégements réglementaires. Les membres de la Chambre vont des petites entreprises familiales et des chambres de commerce locales aux associations industrielles et aux grandes sociétés.

« Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais je vais m’en tenir aux entrepreneurs, aux innovateurs et aux rêveurs », a déclaré M. Donohue.

Il a présenté ses remarques en réponse au soutien croissant des démocrates américains aux idées socialistes d’extrême gauche. Par exemple, Alexandria Ocasio-Cortez, la députée de New York récemment devenue très connue pour ses idées socialistes, a attiré beaucoup d’attention en suggérant des taux d’imposition allant jusqu’à 70 % pour financer le « Green New Deal », un ambitieux nouveau programme environnemental.

En déclarant lors d’une interview à la chaîne de télévision CBS qu’elle était en faveur d’un système de taux d’imposition progressif, cette députée démocrate nouvellement élue au Congrès américain a précisé « qu’on verra parfois des taux d’imposition aussi élevés que 60 ou 70 % ».

Mme Ocasio-Cortez s’est également comparée aux éminents présidents américains Abraham Lincoln et Franklin D. Roosevelt.

« Seuls les radicaux ont changé ce pays », a-t-elle déclaré. « Abraham Lincoln a pris la décision radicale de signer la proclamation d’émancipation. Franklin Delano Roosevelt a pris la décision radicale de se lancer dans la création de programmes tels que la sécurité sociale. Si c’est ce que veut dire radical, alors appelez-moi une radicale. »

« Menace pour la libre entreprise »

Selon les critiques, le Parti démocrate s’oriente de plus en plus vers la gauche, soutenant des propositions telles que l’annulation des réductions d’impôts introduites par l’administration Trump et l’augmentation de la réglementation gouvernementale.

Cependant, les chefs d’entreprise ont rejeté cette approche qui prévoit le renforcement du rôle du gouvernement et qui est opposée au marché libre. Ils ont salué les réductions d’impôt et les efforts de déréglementation de l’administration Trump. Grâce à ces politiques, la confiance et l’optimisme des entrepreneurs américains ont atteint des niveaux records l’an dernier.

L’optimisme croissant des entrepreneurs a également stimulé la croissance de l’emploi. Les possibilités d’emploi ont bondi à des niveaux records l’an dernier et le taux de chômage est tombé à 3,7 % pour la première fois depuis près de 50 ans.

En 2012, la Chambre de commerce américaine a qualifié Elizabeth Warren, qui était alors candidate démocrate au Congrès, de « menace à la libre entreprise » à cause de ses prises de position.

Bill de Blasio, le maire de New York qui a, par exemple, augmenté le salaire minimum pour la troisième fois en trois ans, a également reçu des critiques. Selon certains économistes, les hausses salariales imposées par le gouvernement créent des pressions sur les propriétaires d’entreprises, ce qui entraîne une hausse des prix et des pertes d’emplois. Lors de son discours sur l’état de la ville de New York, M. de Blasio a également annoncé une nouvelle initiative pour protéger les locataires, allant jusqu’à la saisie de propriété auprès de propriétaires.

Selon les critiques, toutes les propositions de ce genre représentent un changement important vers le socialisme et la centralisation du pouvoir.

« L’optimisme reste constamment élevé »

Dans son discours, Tom Donohue a également parlé des perspectives économiques aux États-Unis.

« Nos propres sondages révèlent que l’optimisme reste constamment élevé », a-t-il souligné

« Les propriétaires d’entreprises nous disent qu’ils ont été encouragés par une croissance économique plus forte. Au cours de l’année écoulée, nous avons atteint un taux de croissance qui, selon de nombreux ‘experts’, était hors de portée. Cela est dû en grande partie à la déréglementation et à la réforme fiscale. »

La Chambre de commerce a également confiance dans la résilience de l’économie américaine et rejette donc toute crainte de récession.

« Aujourd’hui, il y en a ceux qui ont l’air d’être déterminés à nous entraîner dans un ralentissement économique. Mais les murmures annonçant une récession ne correspondent tout simplement pas à la réalité », a annoncé M. Donohue.

« Malgré tous les défis à relever à Washington, les incertitudes dans le monde et les fluctuations des marchés, on s’attend à ce que la vigueur de la conjoncture économique se maintienne dans un avenir prévisible. »

M. Donohue a présenté les principales priorités stratégiques pour le milieu des affaires en 2019. Il a qualifié le manque de compétences – le manque de compétences nécessaires au sein de la main-d’œuvre – comme une priorité clé pour 2019. Il a également demandé au président et au congrès américains de rétablir le système d’immigration du pays.

Emel Akan

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