Combien de pays font partie du Mouvement communiste mondial ?

On nous dit souvent qu’il ne reste que six pays « communistes », c’est-à-dire des pays dirigés par un parti ouvertement communiste.

Il s’agit de la Chine, de Cuba, du Laos, du Népal, du Vietnam et de la Corée du Nord. Si on définit le terme « communiste » dans le sens traditionnel marxiste-léniniste de « l’économie centralisée dirigée», il n’en reste plus qu’un pays : la Corée du Nord.

Cependant, un tel jugement est bien trompeur. Il ignore complètement l’énorme pouvoir que possède le communisme dans le monde actuel. Il ne prend pas en compte ce en quoi s’est transformé le communisme moderne.

La question cruciale qu’on doit se poser actuellement est la suivante : qu’est-ce qu’on comprend aujourd’hui par « Mouvement communiste mondial » ?

Le chemin vers le communisme

De toute évidence, sous son ancienne définition – État policier de Parti unique marxiste-léniniste, rhétorique communiste incessante et économie centralisée dirigée – le communisme est presque mort. Mais cette définition ignore les bases du marxisme et ne tient pas compte des subtilités de la stratégie léniniste. Elle ignore également les réalités actuelles et les rapports de force dans le monde.

Selon le marxisme classique, la société évolue en plusieurs étapes :

1. Le communisme primitif – un groupe de chasseurs part pour tuer un mammouth. S’ils réussissent et ne sont pas écrasés, ils partagent la viande avec leur tribu.

2. L’esclavage – avec la naissance de l’agriculture apparaît une forme primitive de propriété privée et le travail d’esclaves qui sont privés de liberté et deviennent la propriété d’une autre personne.

3. Le féodalisme – les paysans cultivent de petites parcelles de terre. Ils ont besoin d’être protégés des maraudeurs. Alors les hommes forts rassemblent de petites armées pour protéger certaines zones et on leur rend hommage pour cela. En d’autres termes, c’est un racket de protection politique.

4. Le capitalisme – avec la naissance de l’industrie, la propriété privée s’étend aux usines, aux brevets, aux systèmes de transport, etc. D’énormes quantités de richesse sont produites mais, selon la théorie marxiste, cette richesse est concentrée dans les mains de quelques personnes, tandis que les masses laborieuses ne reçoivent qu’une infime fraction de leur dû.

5. Le communisme qui passe par 2 phases de développement de la société : (a) le socialisme – les travailleurs renversent les patrons et prennent le contrôle de l’État par une combinaison d’une insurrection armée et/ou des actions politiques. Ils exproprient les richesses des capitalistes et procèdent à leur redistribution ; (b) le communisme – toutes les richesses sont en commun. L’État disparaît graduellement. Le capitalisme et la concurrence sont complètement abolis et tout le monde travaille joyeusement ensemble pour le bien commun. Et les fées vont habiter dans chaque jardin.

Cependant, aucun des anciens pays « communistes » n’a été en fait communiste. Ils ont tous eu des « révolutions » dirigées par des représentants des travailleurs, mais devinez ce qui s’est passé par la suite. Quand est venu le temps de diviser les richesses des capitalistes, la nouvelle classe dirigeante les a gardées en grande partie pour elle-même.

La plupart des Occidentaux observent les économies qui sont favorables aux entreprises et sont en plein essor en Chine ou au Vietnam, en supposant que ces pays aient abandonné l’objectif communiste. Ils ont complètement tort. La Chine, le Vietnam, certains des « anciens » pays communistes d’Afrique et même la Russie reconnaissent que leurs graves problèmes économiques du passé découlaient du fait qu’ils n’avaient pas suivi correctement le marxisme.

Ils ont tous essayé de passer directement du féodalisme au socialisme, en contournant l’étape du capitalisme. Cette tentative de raccourcir les étapes prévues par le marxisme a entraîné un désastre économique dans les pays qui adopte ce modèle. Cependant, le retour temporaire de ces pays à une certaine forme de capitalisme afin d’accumuler suffisamment de richesses pour passer au socialisme n’est qu’une reconnaissance de la « validité » de la théorie marxiste – et non un reniement de cette théorie.

Peu après avoir pris le pouvoir en 2012, le dirigeant chinois Xi Jinping a déclaré à la direction du Parti communiste :

« La fin éventuelle du capitalisme et la victoire finale du socialisme doivent être un long processus historique… Nous devrions percevoir en profondeur la capacité d’autorégulation de la société capitaliste, évaluer pleinement la réalité objective des avantages à long terme des pays développés de l’Occident dans les domaines économique, scientifique et militaire, et nous préparer consciencieusement à tous les aspects de la coopération et de la lutte à long terme entre les deux systèmes sociaux. »

Aujourd’hui, la plupart des pays qui font en fait partie du Mouvement communiste mondial utilisent des méthodes « capitalistes » afin d’accumuler suffisamment de richesses et de puissance militaire pour défier l’Occident. Leur principal obstacle à la domination mondiale sont les États-Unis et, dans une moindre mesure, certains membres de l’OTAN et quelques autres pays comme Israël, Taïwan et, jusqu’à récemment, la Corée du Sud. Depuis que le président d’extrême gauche Moon Jae-in est arrivé au pouvoir en Corée du Sud, l’avenir de cet important allié de l’Occident est mis en jeu.

Qui fait partie du Mouvement communiste mondial ?

L’image change radicalement si on considère le Mouvement communiste mondial comme composé des « anciens » pays communistes ou semi-communistes qui sont aujourd’hui alliés ou œuvrent avec les dirigeants communistes mondiaux dans le but de saper ou de renverser l’Alliance occidentale.

La Russie se place complètement dans ce cadre. Toujours dirigée par le KGB (qui porte maintenant le nom du FSB) créé par les communistes, Moscou est alliée politiquement, économiquement et militairement avec la Chine, le Vietnam, Cuba et la Corée du Nord. La Russie soutient également nombre de ses anciens alliés latino-américains toujours dirigés par des communistes et des socialistes : Nicaragua, Venezuela, Bolivie et Équateur. Le Mexique a maintenant un président marxiste, Andrés Manuel López Obrador, qui est proche de Cuba. L’Argentine, le Chili, la Colombie, le Pérou, le Salvador, le Honduras et le Guatemala ont tous eu des gouvernements à tendance marxiste ou d’importantes insurrections communistes sur leur territoire. Seuls le Brésil et la Colombie tiennent vraiment le cap de la liberté en Amérique latine.

En Afrique, les communistes ou les « ex-communistes » contrôlent toujours le Mozambique, l’Angola, la Namibie, la République démocratique du Congo et, bien sûr, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud. Avec toute son importance stratégique et ses richesses minérales, l’Afrique du Sud a résisté à l’agression et au terrorisme soutenus par l’Union soviétique pendant des décennies. Jusqu’à ce que Nelson Mandela et son Congrès national africain sous contrôle communiste prennent le pouvoir en 1994. Aujourd’hui, l’Afrique du Sud est amie avec Cuba et collabore étroitement avec la Chine.

Plus au nord, la majeure partie de l’Afrique est sous une forte influence économique et politique de la Chine. La Tanzanie est pratiquement un État client chinois et accueille même sur son territoire un établissement de formation communiste chinois destiné aux futurs dirigeants africains – Julius Nyerere Political Education School of Excellence.

Au Moyen-Orient, l’Iran et la Syrie sont étroitement liés à la Russie. Le Liban et l’Irak font désormais partie de l’axe russo-iranien. L’Afghanistan tombera probablement à son tour lorsque les forces occidentales dirigées par les États-Unis finiront par s’y retirer.

En Asie de l’Est, la Mongolie et le Cambodge sont dirigés par des « ex-communistes » et sont économiquement liés à leurs voisins communistes. L’Inde et le Sri Lanka ont de forts partis communistes et sont, dans une certaine mesure, liés à la Chine et à la Russie par l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – un pacte militaire, économique et politique. Le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, « autrefois » communistes, sont également membres de l’OCS, tout comme les pays islamiques du Pakistan, de l’Afghanistan, de l’Iran et de la Turquie- la dernière est toujours membre de l’OTAN en théorie.

Dans le Pacifique, les Chinois ont une influence énorme dans la plupart des micro-États, ainsi que les Fidji et les Tonga. Les Philippines ont toujours une insurrection communiste active et maintiennent des liens avec la Chine et la Corée du Nord.

Aux confins de l’Europe, la Moldavie et la Biélorussie sont des États semi-communistes pro-russes. Les réseaux russes opèrent toujours dans la plupart des pays de l’ancienne Europe de l’Est, dont une grande partie, y compris la Bulgarie et la Roumanie, est toujours dirigée par des « ex-communistes ». L’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce ont tous de forts mouvements communistes, tout comme la Belgique, la France, le Danemark et la Norvège. La Russie entretient également des liens étroits avec la République tchèque et la Hongrie par le biais de partis de gauche et de partis dits « de droite » de ces pays. Même l’Allemagne, dirigée par la « conservatrice » Angela Merkel (autrefois leader idéologique de la jeunesse communiste est-allemande), a fortement viré vers la Russie.

De plus, il y a les Nations Unies et ses organisations affiliées, qui servent généralement les intérêts de la Russie et de la Chine. Il faut aussi compter avec des ONG de gauche, comme le Conseil œcuménique des Églises ainsi que plusieurs organisations internationales de front communiste toujours actives, notamment le Conseil mondial de la paix, la Fédération démocratique internationale des femmes et la Fédération syndicale mondiale.

En octobre 2017, 20 000 jeunes communistes du monde entier se sont rassemblés au festival de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique à Sotchi, en Russie, pour célébrer le 100e anniversaire de la révolution bolchévique. L’orateur principal était le dirigeant russe Vladimir Poutine qui, soit dit en passant, a également assuré l’accueil approprié des jeunes communistes.

L’anti-américanisme

Le Mouvement communiste mondial est aujourd’hui bien diversifié sur le plan idéologique. Bien qu’il soit toujours dirigé par la Russie et la Chine, le « communisme » moderne englobe désormais presque tous les pays ou mouvements désirant affronter les États-Unis.

Les communistes du monde entier excusent les échecs évidents des systèmes socialistes en disant : « Eh bien, l’Amérique l’a saboté ». Cuba est pauvre à cause du blocus américain. Le Venezuela est un désastre à cause des sanctions économiques américaines. L’Union soviétique s’est effondrée parce que les États-Unis l’ont ruiné par une course aux armements.

Leur solution est simple : « Pour avoir un vrai socialisme ou communisme, nous devons d’abord détruire l’Amérique. » L’anti-américanisme, et pas la théorie de l’utopie lointaine d’une « vraie » société communiste, représente aujourd’hui le principal moteur du Mouvement communiste mondial. Tout le monde peut le joindre. Vous pouvez être écologiste, militant des droits des homosexuels, féministe, chrétien, bouddhiste, hindou, islamiste, socialiste ou même fasciste.

Vous pouvez être un jeune communiste à Moscou, un militant écologiste en Allemagne, un membre d’Antifa en Espagne, un militant du Nouveau Parti démocratique au Canada, un guérillero aux Philippines, un producteur de cocaïne en Colombie, un militant pour la marijuana au Minnesota, un soldat en Iran, un homme d’affaires au Vietnam, un combattant de l’État islamique en Libye ou servir Boko Haram au Nigeria. Tant que vous haïssez l’Amérique, vous faites partie du Mouvement communiste actuel – que vous le sachiez ou non.

La plupart des communistes d’aujourd’hui ne discutent jamais des complexités du marxisme. C’est ennuyant. C’est pour l’avenir. Détruisons d’abord l’Amérique. C’est leur cri de ralliement.

À l’heure actuelle, le Mouvement communiste mondial œuvre principalement de manière secrète. Elle n’a pas encore atteint la puissance dont elle a besoin pour assurer une victoire militaire rapide. Les États-Unis sont encore assez forts et ont encore des alliés comme la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, Taiwan et Israël. Si les États-Unis faiblissent, s’effondrent économiquement ou élisent un président de gauche qui coupera fortement les dépenses militaires, les communistes interviendront pour les achever.

Le Mouvement communiste mondial ne comprend pas seulement six pays. C’est la Russie, la Chine, l’Iran et tous leurs alliés et organisations fantoches. Il a sous son contrôle plus de la moitié du monde. Si les États-Unis sont « neutralisés », le Mouvement communiste mondial régnera sur nous tous.

Leur forme de règne a peut-être changé, mais leur but ne changera jamais.

Trevor Loudon

Trevor Loudon est un auteur, cinéaste et conférencier néo-zélandais. Depuis plus de 30 ans, il a mené des recherches sur la gauche radicale, les mouvements marxistes et terroristes et leur influence secrète sur la vie politique.

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas nécessairement celui d’Epoch Times.

 
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