Le comte de Saint-Germain : l’histoire résumée d’un immortel

La date et le lieu de naissance de Saint-Germain ont toujours constitué une énigme. Grâce à sa charmante personnalité, il n’a jamais tardé à captiver les courtisans des nombreux pays auxquels il a rendu visite, pour ses dons de savant mais aussi pour le mystère qui entourait ses origines.

Du comte de Saint-Germain, on ne savait ni d’où venait sa fortune ni quel était son réel statut civil. C’est en 1758 qu’il se présente en France, il prétend effectuer des missions diplomatiques pour la Hollande, l’Angleterre et l’Allemagne. Sa maîtrise des langues (français, anglais, chinois, arabe, sanscrit et italien) de même qu’une connaissance manifeste en politique, histoire, arts, poésie, médecine, peinture, musique et diverses sciences l’amènent à se faire admirer par une grande partie de la noblesse et envier par ceux qui restent.

Dès qu’il arrive dans la « ville lumière », il est accueilli à bras ouverts par Louis XV et Madame de Pompadour. D’un autre coté ses manières polies et distinguées sont constamment attaquées par des personnalités comme Casanova, Cagliostro ou le duc de Choiseul.

Une des particularités concernant sa personne, le comte de Saint-Germain reste toujours jeune ; il connaît le piano, le violon et la composition, c’est un initié dans l’art de l’alchimie et il est ambidextre. Son nom sera toujours associé à l’occulte, aujourd’hui plus encore, dès lors qu’on commence à lui attribuer un nombre incalculable d’exploits et d’histoires incroyables.

Il passe sa vie à voyager, ce qui l’amène à visiter des endroits aussi éloignés que la Turquie, le Tibet, le Mexique, plusieurs régions d’Afrique ; toute l’Europe constitue sa maison.

Une autre de ses caractéristiques, sa personnalité multiple qui consiste à se présenter sous différents noms dans divers endroits. En Hollande, il se fait connaître sous le nom de comte de Surmont ; en Belgique comme le Marquis de Montserrat ; en Russie, où il côtoie Catherine II et où il est nommé conseiller du comte Alexeï Orlov, on le tient pour le général Welldone ; en Allemagne, il se déclare lui-même Prince Rakóczi, mais on découvre son identité en tant que Saint-Germain, ce qui précipite son départ.

D’autres noms connus du comte furent le Marquis d’Aymar, le comte de Belmar, le comte de Soltikov, le comte de Wendome, le comte de Monte-Cristo, le chevalier de Schoening et Zanonni.

Sa mort, une énigme

Après avoir rencontré les dirigeants du monde entier, le comte de Saint-Germain arrive en 1779 à Eckernförde, dans l’Allemagne sous la tutelle du prince Charles de Hesse-Cassel et, durant ce séjour, on constate officiellement sa mort en 1784. Cependant, les circonstances de sa disparition finissent par devenir énigmatiques quand on remarque que son décès et son enterrement sont certifiés la même année en Silésie (actuelle Pologne).

Mais la confusion apparente ne se termine pas avec sa mort. Le comte de Saint-Germain (peut-être insatisfait encore du degré d’ambigüité concernant sa biographie) réapparaît radieux et florissant en 1789, où il se présente devant la reine Marie-Antoinette.

À partir de cette rencontre, l’histoire du comte devient plus que confuse. Les personnes qui signalent des rencontres « post mortem » avec lui, dans tous types circonstances, sont si nombreuses qu’il devient impossible de démêler le vrai du sensationnel.

Personne n’a jamais pu dire quand il est réellement décédé, au point qu’on affirme souvent que ce n’est jamais arrivé, le comte n’est jamais mort. Aujourd’hui, beaucoup prétendent qu’il aurait vécu dans l’Égypte ancienne, la Rome impériale, au Moyen Âge et dans différentes régions de l’Europe moderne. Les preuves solides concernant tous ces faits sont particulièrement rares ; il y a, en revanche, des centaines de récits fantastiques.

Une chose est sûre, le réel et le fictif ne se distinguent que très peu dans la vie de celui qui se faisait appelé le comte de Saint-Germain. Par conséquent, on ne pourra jamais effacer la fraîcheur constante attribuée à son visage ; par conséquent le comte restera pour toujours le courtisan immortel.

Quelques faits curieux

On pense que son nom français dérive du latin « Sanctus Germanus », qui signifie « saint frère ».

On prétend que c’est lui qui aurait inspiré Akhenaton lorsque le soleil se révéla à lui et qu’il décida de fonder une religion monothéiste.

On lui attribue la construction du temple de Salomon, et, des siècles plus tard, la fondation de la franc-maçonnerie.

Concernant ses origines, certains affirment qu’il est né en 1696, comme fils de François II Rákóczi, le dernier roi de Transylvanie.

On croit qu’il fut également Christian Rosenkreutz, le fondateur de l’ordre de la Rose-croix.

Également, on assure qu’il s’agissait du philosophe et scientifique Francis Bacon.

On prétend qu’il aurait fourni des cartes secrètes qui auraient permis à Christophe Colomb de découvrir l’Amérique.

Il aurait contribué à la fondation des États-Unis d’Amérique.

Version originale : El Conde de Saint Germain: la breve historia de un inmortal

 

 
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