Des cartables trop lourds : les élèves en ont toujours plein le dos

Par Epoch Times avec AFP
24 septembre 2021 07:00 Mis à jour: 26 septembre 2021 10:20

Il y a des matins où Héloïse, élève de Troisième, n’arrive pas à enfiler seule son sac à dos, tant il est lourd. Maintes fois décrié, le problème du poids des cartables n’est toujours pas résolu, malgré les efforts de certains établissements.

« Mon sac pèse chaque jour entre 8 et 13 kg », affirme Héloïse, collégienne à Vanves (Hauts-de-Seine), qui en fait elle-même 45. Pour y glisser toutes ses affaires de cours, elle s’est équipée du plus grand modèle existant. « Et encore, je n’arrive pas à tout caser dedans. Certains jours, je dois repasser chez moi le midi juste pour changer de classeur, sinon tout ne tiendrait pas ».

Selon les professionnels de santé, un cartable ne devrait pas excéder 10% du poids de l’enfant.

Alors comment expliquer une telle charge, notamment au collège ? « Les profs veulent qu’on ait toujours nos manuels avec nous et dans certaines matières comme en maths, on utilise en permanence trois cahiers », décrit Héloïse.

Conséquence : elle a mal aux épaules, souvent rougies par le frottement des bretelles. Et la jeune fille s’étonne qu‘ »en pleine croissance, on donne à des ados autant de choses à porter, toute la journée ».

Le problème n’est pas nouveau. Il est même dénoncé par les ministres de l’Éducation successifs depuis des dizaines d’années. Sans réelle avancée.

La FCPC réclame un code protecteur pour les enfants

Au point que la FCPE, la principale fédération de parents d’élèves, réclame une loi qui impose à l’Education nationale de prendre en compte ce fléau. « Il s’agirait d’aboutir à un code protecteur pour les enfants et les adolescents au même titre que le code du travail pour les salariés », explique la fédération.

« C’est un sujet qui revient de manière récurrente », reconnaît Audrey Chanonat, principale adjointe d’un collège de La Rochelle (Charente-Maritime) et membre du SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement. « Des choses ont été faites pour tenter de résoudre ce problème. Mais cela reste très inégal d’un établissement à l’autre ».

Elle donne l’exemple de son collège : depuis trois ans a été mis en place un système où les élèves de Sixième n’ont que trois manuels : un en français, un en maths et un en histoire géo. Pour le reste, les élèves ont droit à des photocopies. « Le seul manuel qui fait des allers-retours entre l’école et la maison, en cas d’exercice à faire, c’est celui de français », détaille-t-elle.

Des options pour alléger les cartables

Selon elle, différentes options sont possibles pour alléger le poids des cartables : des casiers à disposition des élèves, un double jeu de livres, qu’ils laissent à la fois à la maison et à l’école, ou encore le développement des manuels numériques.

« Cette dernière option soulève le problème d’égalité entre élèves car certains n’ont pas d’ordinateur à la maison, et d’autres n’ont que des téléphones, pas suffisants pour télécharger des manuels », admet toutefois Mme Chanonat.

Si les problèmes de dos des enfants ou des adolescents sont surtout dus à de mauvaises postures en classe, ou à la sédentarité, le poids des cartables n’arrange rien.

« Ce n’est pas tant la charge elle-même qui importe, mais combien de temps on le garde sur le dos dans une journée », explique Stéphane Morales, secrétaire général à la prévention de la Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR).

Selon Isabelle Fery, vice-présidente de la fédération de parents d’élèves, Peep, il y a un point « essentiel » dans cette problématique : apprendre à l’enfant à « faire correctement son cartable ».

« En effet, les élèves de 6e notamment arrivent au collège et du jour au lendemain se retrouvent avec autant de fournitures à transporter que de matières et de profs. Il faut donc les éduquer afin qu’ils ne prennent pas au quotidien tout et n’importe quoi dans leurs cartables. Souvent ils n’ont pas besoin de tout ».

 

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