Logo Epoch Times

« En fait, on craque »: paroles d’urgentistes au bord de la crise de nerfs

top-article-image

Photo: KENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images

author-image
Partager un article

Durée de lecture: 5 Min.

Trop de patients, pas assez de moyens: les urgentistes, appelés à un débrayage symbolique de 5 minutes ce mardi à 12h00, racontent partout le manque de médecins et de lits dans les hôpitaux, redoutant à l’unisson un été « cataclysmique ».
Dr Thomas Dupuy (Moulins, Allier) : « On se retrouve à travailler des journées à 2, là où il faudrait être 4 »
« Ca fait un an et demi qu’on est en difficulté majeure d’effectifs. La situation se dégrade doucement mais sûrement. Nous ne sommes plus que 10 équivalents temps plein pour un effectif théorique de 26 à 32. L’activité globale croît de 4% par an depuis de nombreuses années, celle du Samu de 8% par an à effectif médical constant.
On se retrouve à travailler des journées à 2, là où il faudrait être 4, avec une seule ligne de Smur au lieu de deux. En fait, on craque. On voit arriver l’été, qui est une période traditionnellement délicate. Cette année, ça va être cataclysmique.
La collaboration avec le CHU de Clermont-Ferrand nous permet d’avoir quelques postes au compte-gouttes pour remplir les plannings. On a proposé une solution provisoire pour sortir de l’ornière: des contrats de cliniciens hospitaliers pour tous les urgentistes.
On n’est pas là pour l’argent, mais ce qu’on fait mériterait qu’on reconnaisse un surcroît de pénibilité. Et puis c’est un surcoût à mettre en balance avec celui des intérimaires. »

En cliquant sur le bouton Suivant, vous acceptez que le contenu de twitter soit chargé.

Dr Tarak Mokni (Bayonne, Pyrénées-Atlantique) : « La tension est devenue continue »
« Ces dernières années, on a multiplié par deux notre activité, mais on n’a pas doublé nos moyens. On n’arrive même pas à garder nos médecins. Sur 30 urgentistes, 14 ont un statut précaire de contractuel. La tension est devenue continue. D’un côté, la médecine de ville est débordée. De l’autre côté, on ferme des lits dans les services.
Nous devenons la variable d’ajustement de l’hôpital. Mais ce qui était encore tolérable il y a trois ans ne l’est plus. Le câble risque de casser cet été. On a une seule ligne de Smur pour 300.000 habitants. Ça fait dix ans qu’on en demande une deuxième, mon directeur est d’accord, mais il n’a pas les moyens.
Cette année, on n’a même plus de renfort pour l’été. Si on part pour un arrêt cardiaque, il n’y aura plus de Smur disponible sur tout le Pays Basque. »

En cliquant sur le bouton Suivant, vous acceptez que le contenu de twitter soit chargé.

Dr Philippe Fradin (La Roche-sur-Yon, Vendée): « On a l’impression que ça ne s’arrêtera jamais »
« Dans le département, trois hôpitaux publics sont en difficulté d’effectifs, avec un déficit cumulé de 20 médecins urgentistes. Il y a eu des fermetures de lits, ce qui fait qu’on passe un temps phénoménal à chercher des places pour nos patients, avec parfois la frustration de ne pas pouvoir les faire hospitaliser.
Tous les matins, il reste 8 à 10 personnes qui n’ont pas trouvé de place au moment du changement d’équipe et qu’il faut réexaminer. Depuis deux ans, il y a une situation de tension l’été, qui n’arrivait avant qu’en hiver. L’activité double à Challans et aux Sables-d’Olonne, avec un débordement jusqu’à La Roche-sur-Yon.
Mais les médecins aussi prennent des vacances et il y a des secteurs entiers qui ferment, donc moins de lits d’aval. Il n’y a plus de soupape de sécurité.
On a l’impression que ça ne s’arrêtera jamais. Au bout, c’est quand même le malade qui en pâtit le plus. »

En cliquant sur le bouton Suivant, vous acceptez que le contenu de twitter soit chargé.

Epochtimes.fr avec AFP