Faut-il faire enlever la croix du portail de ce cimetière ? La justice a dit « non »

C’est la fin d’un long suspens judiciaire : la croix installée sur le nouveau portail du cimetière municipal de la commune de Prinçay, dans le département de la Vienne, pourra y demeurer. Depuis des années, Philippe Bonn, fils d’un habitant du village qui y est enterré, entendait convaincre les autorités municipales du contraire.

En 2014, il avait en effet assigné en justice la mairie. Au nom de la loi 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’État, la croix devait selon lui disparaître du portail du cimetière. Saisi de l’affaire en mars 2017, le tribunal administratif de Poitiers  a demandé l’avis du Conseil général, et s’est entendu répondre que l’entretien, la restauration voire le remplacement des signes religieux existant préalablement à la loi de 1905 étaient autorisés.

La mairie de Prinçay avait installé ce nouveau portail au début des années 2000, en remplacement de l’ancienne grille, délabrée. « On n’est pas porteur d’un quelconque combat. Mais les habitants préfèrent garder cette croix qui, selon eux, était déjà présente » estime Patrick Mignon, maire de Prinçay, ajoutant que la ville n’avait pas de problème religieux mais s’était sentie « agressée dans sa culture« .

Or, suivant la réponse du Conseil général, la croix était bien à sa place. « On a pu obtenir un courrier de la préfète, attestant de l’existence de ce cimetière en 1859 et précisant que, à cette époque, tous les portails de cimetières comportaient une croix. Et même si le portail et la croix ont été restaurés, cette restauration a été faite dans le respect de l’original », a expliqué Me Romain Bernier, avocat de la mairie de Prinçay, cité par Le Figaro.

Le tribunal administratif de Poitiers a rendu sa décision ce jeudi : M.Bonn devra verser 1200 euros à la commune pour rembourser ses frais de justice.

Ce n’est pas la première fois que la justice se voit saisie pour ce genre d’affaire. En 2012, à Brou dans l’Eure-et-Loir, des habitants s’étaient également plaints de la présence d’une croix chrétienne à l’entrée du cimetière communal. La mairie avait consulté ses dossiers juridiques, et voit que la croix avait été « ajoutée » après 1905. La croix fut donc enlevée, au grand dam de villageois en colère. Hervé, un commerçant, commentait : «On est en France, on est dans un pays laïque. Dans les cimetières, il y a toujours eu des croix et il n’y a pas de raison qu’on les en enlève, ça fait partie de notre patrimoine».

Le débat de savoir si une croix représente une culture ou un culte laisse parfois sans arguments de nombreux experts tentant de définir les champs d’applications de la laïcité. Cependant, s’il fallait retirer chaque croix des ornements, de chaque statues, cimetières de France ou autres lieux ou représentations chrétiennes…

Sur Twitter, de nombreux internautes ont défendue la décision de la mairie de Prinçay. Quelques tweets qu’on pouvaient lire sous le hashtag #Prinçay :

 
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