France/festival: The Hu, le métal rugissant venu des steppes mongoles

Du fond de ses steppes mongoles, le groupe The Hu, venu d’Oulan-Bator se produire jeudi soir au Festival des Eurockéennes de Belfort (est de la France), rêve de conquérir le monde avec sa musique traditionnelle mâtinée de heavy metal.

Ils ont le look de leurs idoles, les Metallica, Sepultura et autres Foo Fighters qui « ont bercé (leur) adolescence » et fait naître leur vocation de musiciens. Mais une sagesse, héritée de leurs ancêtres qu’ils ne cessent d’invoquer dans leurs chansons et de citer dans leurs interviews, émane de ce quatuor de jeunes trentenaires.

Formé en 2016, le groupe est constitué de Gala et Enkush qui jouent du morin khuur (vièle à tête de cheval), de Jaya à la flûte tsuur et guimbarde, et de Temka au tovshuur (luth à deux cordes). Particularité: les trois premiers cités chantent de façon gutturale, une technique vocale appelée khöömii qu’on pouvait entendre originellement dans les cérémonies chamaniques en Mongolie.

« Nous avons tous fait des études musicales et, évidemment, on s’échangeait nos disques. On écoutait de tout d’ailleurs, mais c’est le métal qui nous a réunis. On a combiné cette esthétique avec nos musiques traditionnelles. Ce style, nous l’appelons hunnu rock. Hunnu signifie « humain » en mongol, « mais il se réfère aussi à nos ancêtres de l’empire hunnique », raconte Gala à l’AFP.

« Nos instruments, auxquels s’ajoutent des percussions mongoles sur scène, nos ancêtres en jouaient déjà il y a des milliers d’années, affirme-t-il. Ainsi nous parvenons à mêler l’occident et l’orient, l’ancien et le moderne, de façon à ce que tout le monde puisse apprécier notre musique. »

Sur la scène de la Loggia, petite mais bondée jeudi soir, The Hu a en effet emballé les festivaliers curieux de découvrir ces inconnus précédés d’une excellente réputation scénique. Outre le quatuor, on comptait quatre musiciens additionnels dont un bassiste, un guitariste, un batteur et un percussionniste. Au milieu trônait un totem en forme de cloche enrubanné de satin bleu, à la signification incertaine.

Leur musique à la fois puissante et mélodieuse, savamment équilibrée entre instruments d’aujourd’hui et ceux d’hier, s’est avérée plus mystique qu’imaginé, tout en étant entraînante. Le chant diphonique avait des airs d’incantations. Quant à l’attitude, elle avait un côté gentiment guerrier.

Sur des notes trahissant parfois leurs références, ici Rammstein, là le Velvet Underground de « Venus in Furs », les paroles de leurs chansons sont celles de jeunes gens bien intentionnés.

« Pas mal de nos chansons s’adressent aux jeunes dans notre pays, pour qu’ils soient sensibles à la beauté de notre histoire et de notre patrimoine. Mais notre message est aussi universel dans le sens où nous attachons une grande importance à la préservation de la Terre. La nature est un élément très présent dans nos vies, elle nous inspire », éclaire Gala.

Les premiers clips du groupe, tournés dans les paysages somptueux de leur pays, témoignent de cette volonté. C’est pas ce biais, que The Hu s’est d’ailleurs fait connaître hors de ses frontières, puisque les singles « Yuve Yuve Yu » et « Wolf Totem », parus à l’automne, cumulent 33 millions de vues sur Youtube.

La France n’est pas la seule escale effectuée par le groupe, qui doit également passer par la Suisse et la République Tchèque, avant une mini tournée aux États-Unis en octobre.

« Pouvoir jouer en dehors de nos frontières est une forme d’accomplissement. Nous découvrons tous ces publics différents qui ne nous sont pas familiers, c’est très exaltant. On essaie vraiment de marquer le coup, d’autant que nous allons sortir notre premier album le 13 septembre The Gereg », ne manque pas de préciser Enkush.

« Gereg c’était un passeport diplomatique du temps de Gengis Khan. Il va nous ouvrir les portes du monde », espère-t-il en souriant.

E.T avec AFP

 
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