Dans le futur, que penseront de nous les archéologues ?

Dans Au-delà de la science, Epoch Times explore les recherches et les récits examinant les phénomènes et les théories qui posent un défi aux connaissances actuelles. Nous nous penchons sur les idées stimulant l’imagination et ouvrant de nouvelles possibilités. Faites nous part de vos idées sur ces sujets, parfois controversés.

Imaginez que nous sommes en l’an 5014 et que les archéologues étudient l’ancienne grande civilisation de la ville de New York. Qu’y trouveraient-ils ? Que pourraient-ils déduire à propos de la société d’aujourd’hui à partir des découvertes qu’ils feraient ?

Cornelius Holtorf, professeur d’archéologie à l’université Linnaeus, à Kalmar en Suède, était ravi de réfléchir à ces questions et de partager une perspective humoristique. Epoch Times continuera de consulter les archéologues pour avoir leur point de vue sur ces questions.

Epoch Times (E.T.) : Quel matériau pensez-vous sera encore détectable dans le futur (par exemple, les archéologues d’aujourd’hui trouvent des structures de pierre et de métal, mais les objets faits de matériau plus fragile sont moins susceptibles d’avoir passé l’épreuve du temps. Même la peinture qui ornait les matériaux les plus durables s’est estompée. Quelle durabilité auront nos matériaux synthétiques? Est-ce que les structures et objets usuels ont une durabilité inférieure?)

Cornelius Holtorf (C.H.) : Les archéologues en 5014 trouveront une épaisse couche de gravats de béton vieille de 3000 ans parsemée de morceaux de métal, de pierre et de plastique. Certaines parties auront été couvertes hermétiquement par du sol argileux; dans ces parties, même les matériaux organiques auront été préservés. Parmi les découvertes les plus intéressantes se trouveront des peaux de bananes dont quelques-unes porteront encore les petites étiquettes autocollantes telles que celles qu’on voit ici.

E.T. : Quels objets vous fourniraient le plus d’indices sur la façon dont notre système politique fonctionne ? Que déduiraient les archéologues (de façon exacte ou erronée) de ces objets ?

C.H. : Les spécialistes sont d’accord sur le fait que ces étiquettes mentionnent les noms de quelques-uns des principaux pays du XXIe siècle (Colombie, Équateur, Costa Rica, République dominicaine, Panama), les noms des organisations politiques (consul, control union) et les noms de quelques politiciens importants (Dole, Uncle Tuca). Les archéologues en déduiraient conséquemment que les bananes étaient un symbole de prestige à cette époque, que les dirigeants tenaient toujours une banane à la main pendant les cérémonies officielles.

E.T. : Quels objets vous donneraient le plus d’indices sur notre civilisation (sur les arts, les valeurs sociales) ? Que déduiraient les archéologues de ces objets ?

C.H. : Sur les étiquettes de bananes figurent aussi les valeurs culturelles (l’amitié, le biologique, naturellement adéquat, l’originalité) et les distinctions sociales (qualité supérieure, spécialement sélectionné, doré). Une étiquette mentionne aussi le nom d’un logiciel populaire dont les archéologues ont découvert le nom sur d’autres objets (Excel). Le titre d’une chanson célèbre (Chiquitita) figure sur une autre étiquette, bien que les opinions des archéologues soient mitigées sur le fait que les différentes épellations de ce nom aient ou non de l’importance. Alors, en général, les archéologues auraient une idée assez claire de ce qu’était la vie au XXIe siècle.

E.T. : Quels indices seraient laissés incomplets à cause de la nature numérique de notre société? (Aujourd’hui, les archéologues trouvent des preuves tangibles, sous forme de tablettes de pierre, de manuscrits, etc., alors qu’une large portion de notre information est transmise et enregistrée sur des serveurs électroniques)

C.H. : En l’an 5014, les archéologues savent que votre supposition n’est pas vraie, en réalité plusieurs messages courriel ont été imprimés et sont préservés dans d’importantes archives papier (bien que plusieurs aient été très mal conservées). Un groupe d’archéologues médico-légaux a récemment découvert une façon de décrypter des tonnes d’information à partir d’unité de stockage comme les disques et les cartes de formats différents, l’existence même de cette information était jusqu’alors insoupçonnée. Le XXIe siècle sera connu sous le nom de l’Ère de l’information, puisque beaucoup d’informations auront été conservées.

E.T. : Quelles méthodes pourriez-vous utiliser pour dater les objets ? (Imaginez même de façon générale ou en termes moins précis quelle direction les méthodes de datation pourraient prendre dans leur évolution à travers les avancements technologiques et de la compréhension humaine)

C.H. : Il y aura diverses méthodes dérivées des sciences naturelles. En fait, depuis 5012, un groupe d’archéologues a développé une méthode novatrice de datation de petits artefacts basée sur le goût. Le bien-fondé de la méthode n’est pas encore validé à grande échelle, de plus amples analyses devront être conduites.

E.T. : Quel serait le plus grand défi dans la compréhension de notre mode de vie ? Existe-t-il quelque élément que ce soit dans notre mode de vie qui pourrait être particulièrement incompréhensible ou mystérieux pour une culture éloignée qui n’aurait que des indices épars pour base d’analyse?

C.H. : Le défi le plus grand pour les archéologues de 5014 concerne la compréhension du niveau politique par lequel Onkel Tuca a exercé la vaste influence politique qu’on lui a attribuée. Un jeune archéologue radical a émis un doute sur l’existence réelle de Tuca, peut-être a-t-il été un prête-nom pour quelqu’un d’autre (Dole?).

Version anglaise : What Might Archaeologists of the Future Think About Us? Professor Holtorf Imagines…

 
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