« Gilets jaunes »-Geneviève Legay : enquête confiée à la compagne du commissaire mis en cause

"Gilets jaunes" : La police sécurise la zone où une femme s'est effondrée sur la place Garibaldi lors de la manifestation dans la ville de Nice, le 23 mars 2019.
Photo: : VALERY HACHE/AFP/Getty Images
Geneviève Legay, militante d’Attac, âgée de 73 ans, a été blessée après avoir été poussée par un policier lors d’une manifestation des « gilets jaunes » à Nice le 23 mars dernier. Le jour de la manifestation, le commissaire Rabah Souchi était en charge du maintien de l’ordre…
Toute la journée du 23 mars, la manifestation des « gilets jaunes » a été interdite à Nice. Le commissaire Rabah Souchi était aux commandes lorsque la militante est tombée suite à une charge de policiers. Une enquête a été immédiatement ouverte.
Mediapart a révélé lundi, que la commissaire chargée de l’investigation sur les causes des blessures de la manifestante a été confiée à la compagne du commissaire Souchi.
Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, assure que cela n’a pas de conséquence, confirmant « être tout à faire au courant au moment de l’ouverture de l’enquête préliminaire, des liens de concubinage qui unissent le commissaire Rabah Souchi et Hélène P. Les investigations doivent déterminer d’où viennent ces blessures, éventuellement commises par des hommes sous le commandement du commissaire. Mais au moment de son ouverture, il n’y a aucune preuve évidente que ce soit un policier. Il faut réunir les éléments de preuve matériels », explique-t-il.
Lors d’un point presse, il a également déclaré : « C’est une situation qui ne m’était absolument pas inconnue dès le départ. C’est une décision que j’ai prise de saisir la sûreté départementale dont cette commissaire de police est le chef. C’est une décision que j’ai prise en toute connaissance de cause. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas d’une enquête pénale au sens classique du terme. C’est une enquête technique en recherche des causes de blessures qui ne mettait en cause absolument personne pour une faute quelconque ».
M. Prêtre, dans un premier temps, avait affirmé que Geneviève Legay n’avait « pas été touchée intentionnellement ». Mais il avait admis plusieurs jours plus tard qu’un policier était à l’origine des blessures de la manifestante.
Mme Legay revient aussi sur la façon dont, aux premiers instants de l’enquête, « les policiers ont insisté pour me faire dire que c’était un journaliste qui m’avait poussée. Or, c’est faux ». Victime d’une fracture au crâne, Geneviève Legay est toujours hospitalisée en maison de convalescence.
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