« Gilets jaunes » : l’opposition fustige la décision de mobiliser la mission Sentinelle

Opération Sentinelle en service à la Tour Eiffel à Paris le 20 mai 2017.
Photo: MICHEL EULER/AFP/Getty Images
L’opposition de droite et de gauche a fustigé la décision de l’exécutif de mobiliser la mission antiterroriste militaire Sentinelle samedi lors des manifestations des « gilets jaunes », mais le gouvernement appelle à « ne pas agiter des peurs ».
Emmanuel Macron a annoncé en conseil des ministres mercredi que les effectifs de Sentinelle seraient mobilisés pour protéger des bâtiments officiels et autres « points fixes ».
Mais le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau en a appelé dès mercredi soir sur Twitter au chef de l’État, « chef des armées, responsable de nos institutions, garant du lien entre la nation et l’armée, pour renoncer à cette décision funeste ».
« Contrairement à la police et la gendarmerie, les militaires de la force Sentinelle ne sont pas formés ni équipés pour maintenir l’ordre. En cas de problème que feraient les militaires ? Recourir à leurs armes ? Ce serait irresponsable », a tweeté de son côté le député LR Eric Ciotti.
« Que l’Élysée soit protégé, évidemment, mais ce que je voudrais rappeler, c’est des choses un peu basiques : le maintien de l’ordre en France, ça doit être l’affaire de la police nationale et de la gendarmerie nationale », ce qui n’est pas « le métier » de « l’armée de terre », a réagi le député Les Républicains Guillaume Larrivé sur Radio Classique.
Il a critiqué « l’improvisation » du gouvernement dans cette crise des « gilets jaunes » et a dit craindre que cela « finisse par fragiliser la paix civile ».
« C’est du jamais vu », a critiqué Benoît Hamon, fondateur de Générations, sur RMC jeudi, jugeant que « le gouvernement sort un arsenal de mesures sécuritaires et martiales pour masquer l’incompétence du ministre de l’intérieur » Christophe Castaner.
Interrogée jeudi sur BFMTV et RMC sur le risque de voir un face-à-face entre militaires et « gilets jaunes », la ministre de la Santé Agnès Buzyn a plaidé « une juste répartition des tâches » : « l’objectif c’est que les militaires ne soient pas en confrontation directe avec les manifestants, ils sont simplement dédiés à la protection des bâtiments, cela va libérer des policiers qui sont devant ces bâtiments », a-t-elle assuré.
« Non je ne crois pas que les militaires vont tirer sur les manifestants et je pense qu’il faut qu’on soit attentif à ne pas agiter des peurs ou des cas extrêmes, on n’en est pas du tout là », a souligné sur Public Sénat la secrétaire dÉtat Emmanuelle Wargon.
D. S avec AFP
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