Il passe du rang de simple légionnaire à celui d’officier français de l’armée de Terre

Son parcours est exemplaire : en mois de 7 ans, Assyanh est passé du statut de simple légionnaire à celui d’officier de l’armée de Terre. Le 14 juillet, il défilera sur les Champs-Élysées au milieu de ses camarades de la 57promotion de l’École militaire interarmes (EMIA).

D’origine malgache, Assyanh pense à s’engager dans la Légion étrangère dès ses 18 ans. Il entamera néanmoins des études de sciences sociales avant de sauter le pas au cours de sa troisième année universitaire et se présentera à Aubagne – siège du Commandement de la Légion étrangère (COMLE) – le 11 août 2010.

« Être retenu, c’était déjà une belle épreuve en soi. J’ai été bluffé par cette capacité de nos cadres à nous cerner et à savoir aussi rapidement ce dont nous étions capables », explique Assyanh sur le site des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan.

Après sa formation, il rejoint le 2e Régiment étranger d’infanterie (2REI) stationné à Nîmes où il est affecté à la première compagnie. « Cette compagnie était commandée par des cadres d’exception. Pendant des mois, mon chef de groupe m’a tordu dans tous les sens et je ne savais pas où il voulait m’emmener. Ce n’est que plus tard que j’ai compris, lorsqu’il m’a dit que j’avais un potentiel à révéler et que cela se faisait toujours dans la douleur », souligne le militaire.

« Sans doute la plus belle expérience de ma carrière »

Après avoir intégré le peloton d’élèves-gradés en 2013 pour une formation de deux mois et demi, Assyanh est aussitôt envoyé en mission au Mali en tant que chef d’équipe au sein de la première compagnie. « Cette mission, c’est sans doute la plus belle expérience de ma carrière. On touche du doigt le cœur du métier et pour rien au monde, je n’aurais voulu partir avec d’autres hommes », confie le jeune homme.

Une première expérience à l’étranger où il mettra en pratique ses qualités de commandement et aura l’occasion d’exercer son sens du discernement : « Je me souviens de cette petite moto qui s’est trop rapprochée de notre véhicule blindé. Bombe humaine ? Si j’avais ordonné d’ouvrir le feu, personne ne me l’aurait reproché… c’étaient les consignes. En fait, il s’agissait d’un gamin et j’ai pris la bonne décision. »

Si Assyanh prendra part à plusieurs opérations de « traque de terroristes et de démantèlement de caches d’armes » par la suite, il tient aussi à mettre en avant les quelques moments de répit passés avec ses compagnons d’armes au cours de missions délicates. « Un de mes plus beaux souvenirs, c’est ce barbecue improvisé en poste avancé en Tessalit. Nous avons trouvé une chèvre, un légionnaire d’origine algérienne s’en est occupé, un brésilien a fait la sauce et un four de fortune. Cette parenthèse en plein désert de sable et de pierre était tout simplement géniale. »

« À la Légion, on apprend à recevoir et à donner »

Après une mission à Abu Dhabi en novembre 2014 au sein de la 13Demi-brigade de la Légion étrangère (13DBLE), le soldat part à Castelnaudary (Aude) où il se retrouve instructeur d’élèves-caporaux. Nommé sergent en août 2015, Assyanh est affecté à la 2compagnie d’instruction chargée de la formation initiale des légionnaires. « À la Légion, on apprend à recevoir et à donner. C’est gratifiant de former des jeunes. Cette expérience m’a donné le goût de l’enseignement », observe le jeune militaire.

Après avoir demandé et obtenu la nationalité française, Assyanh pose sa candidature à l’École militaire interarmes (EMIA), centre de l’armée de Terre chargé de former des officiers issus du recrutement interne. « À Castelnaudary, tout a été mis en œuvre pour que je réussisse. Mon commandant d’unité a eu un rôle déterminant dans ma préparation, en particulier en m’inculquant le savoir-être de l’officier. C’est un monsieur pour lequel j’ai le plus grand respect en tant qu’homme et en tant que chef », explique Assyanh.

« C’est la Légion qui a fait l’homme que je suis aujourd’hui »

En août 2017, le jeune homme intègrera finalement la 57promotion de l’EMIA, baptisée « promotion Général Le Boudec » en hommage à cet ancien résistant et ancien élève de l’école (promotion Indochine) décédé à Saint-Mandé en 2013.

Après deux années de formation, Assyanh défilera le 14 juillet prochain sur les Champs-Élysées en compagnie des camarades de sa promotion, qui rassemble 90 sous-lieutenants. « C’est la Légion qui a fait l’homme que je suis aujourd’hui. Je lui dois tout », conclut le jeune officier.

 
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