Les eurosceptiques auront du mal à s’unir malgré leur score aux Européennes
Malgré leur progression aux élections européennes, les nationalistes et les eurosceptiques d'extrême droite restent désunis et auront des difficultés à monter une opposition anti-UE cohérente au Parlement lors des cinq prochaines années.

Le Parlement européen à Strasbourg.
Photo: : FREDERICK FLORIN/AFP/Getty Images
Malgré leur progression aux élections européennes, les nationalistes et les eurosceptiques d’extrême droite restent désunis et auront des difficultés à monter une opposition anti-UE cohérente au Parlement lors des cinq prochaines années.
Les différents partis populistes et eurosceptiques représentent plus de 170 sièges sur 751, notamment grâce aux bons scores des partis d’extrême droite de Marine Le Pen en France et de Matteo Salvini en Italie.
S’ils parvenaient à se fédérer, ils pourraient représenter la deuxième ou la troisième force du Parlement. Toutefois, ils restent pour l’instant un groupe disparate, dont les lignes politiques sont souvent contradictoires. Il y a donc peu de chances que Marine Le Pen et Matteo Salvini (dont les partis représentent ensemble 50 sièges au Parlement européen) parviennent, comme ils le souhaitent, à regrouper ces forces eurosceptiques dans l’hémicycle.
« L’extrême droite ne sera pas assez importante pour bloquer le processus législatif« , souligne Pelle Christy d’Euraffex, une société de conseil à Bruxelles.
Une difficulté oppose par exemple Matteo Salvini au Premier ministre hongrois Viktor Orban, dont le parti au pouvoir, le Fidesz, enverra 13 eurodéputés à Strasbourg, un nombre important pour la constitution d’un groupe puissant. Le succès de M. Salvini repose en effet en grande partie sur la promesse que les migrants en provenance d’Afrique du Nord qui arrivent en Italie puissent rapidement être envoyés dans d’autres États de l’UE, une idée que M. Orban rejette catégoriquement.
Le kaléidoscope politique que constituent les partis eurosceptiques et europhobes en Europe est rempli de ce genre de contradictions, ainsi que de vieilles querelles, qui rendent les alliances potentielles très volatiles, voire impossibles.
En 2014, le Britannique Nigel Farage, du parti Brexit, a ainsi rejeté tout lien avec les nationalistes de Marine Le Pen, dénonçant un positionnement trouble sur l’antisémitisme. Le parti de droite eurosceptique au pouvoir en Pologne (PiS) évite pour sa part Mme Le Pen à cause de son positionnement pro-russe. M. Orban a également rejeté ses avances.
Une autre grande question est de savoir quels engagements les eurosceptiques pourraient prendre une fois au Parlement en matière d’élaboration des politiques, les extrémistes ayant la réputation de parvenir à faire les gros titres… mais avec peu de suivi.
A Strasbourg, les observateurs s’accordent largement à dire que l’intérêt des eurodéputés d’extrême droite pour la politique de l’UE est resté tiède, au-delà de leurs prises de parole sur des sujets tels que Brexit ou l’immigration, où l’influence réelle du Parlement est faible.
HS avec AFP
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