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plus-iconPluie d’étoiles filantes

Les Géminides, flamboyantes sentinelles de décembre

Lentes, brillantes et durables, les traînées des Géminides reviennent en décembre, issues non d’une comète mais de l'astéroïde 3200 Phaéton, rare et toujours énigmatique.

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Une image composite représentant un météore Géminide.

Photo: José CABEZAS/AFP via Getty Images/STAN HONDA/AFP via Getty Images

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Durée de lecture: 8 Min.

À cinquante-deux années-lumière de la Terre, l’étoile brillante Castor scintille dans l’hémisphère nord, formant la tête de l’une des constellations des Gémeaux. De Castor semble jaillir de toutes parts l’une des pluies d’étoiles filantes les plus prolifiques au monde, qui illumine l’atmosphère terrestre de ses lueurs flamboyantes chaque année en décembre : les Géminides.

Bien que Castor soit à une distance insondable, les météores qui semblent en provenir ne passeront qu’à une centaine de kilomètres au-dessus de la surface de la Terre lors de leur pic d’activité le mois prochain, autour du 13 ou 14 décembre. Un ciel d’une noirceur optimale à cette période grâce à un croissant de lune décroissant, rendra cette célèbre pluie d’étoiles filantes facile à observer. Dans des conditions d’obscurité parfaite, on pourra apercevoir jusqu’à 120 météores par heure.

Des boules de feu du cosmos

Le point d’où semblent provenir les météores, appelé radiant, est fixe parmi les étoiles. Les pluies de météores, comme les Géminides, portent généralement le nom des constellations où se situe leur radiant, bien qu’elles ne proviennent en réalité pas de ces étoiles extrêmement lointaines.

Illustration de la constellation des Gémeaux et du radiant des Géminides. (The Epoch Times)

Les météores naissent de fragments d’objets cosmiques plus importants, tels que des astéroïdes ou des comètes. En se détachant de leur matière, ces objets produisent d’immenses amas de débris spatiaux qui jonchent le système solaire. Ces débris orbitent autour du Soleil en suivant globalement la même trajectoire que leur objet d’origine. Là où l’orbite terrestre croise ces courants de débris, nous observons inévitablement des météores.

Un météore est un simple caillou spatial qui tombe sur Terre. Il s’enflamme sous l’effet du frottement au contact de l’atmosphère et se consume. Comme ils ressemblent à de fines traînées lumineuses traversant le ciel nocturne, on les appelle aussi étoiles filantes.

Parfois, les météores brillent plus intensément et laissent derrière eux de longues traînées de gaz incandescent ; on les appelle alors des « traînées persistantes » ou, de façon plus spectaculaire, boules de feu. Les Géminides se signalent en particulier par leurs « Earthgrazers » lents et durables, qui traversent le ciel horizontalement et se désintègrent parfois comme un feu d’artifice grandiose.

Comment observer les Géminides

La Terre traversera le courant météoritique des Géminides du 19 novembre au 24 décembre, avec un pic d’activité à la mi-décembre. Le dernier quartier de lune ayant lieu le 11 décembre, ce pic coïncidera avec un fin croissant de lune décroissant, réduisant au minimum la pollution lumineuse naturelle. Sous réserve d’une météo favorable, l’obscurité du ciel favorisera pleinement l’observation des Géminides.

Un météore des Géminides se consume dans le ciel au-dessus du désert d’al-Abrak, au nord du Koweït, le 15 décembre 2023. (YASSER AL-ZAYYAT/AFP via Getty Images)

Reste à savoir si les gens pourront profiter du spectacle car il faudra attendre 8 h du matin (heure de Paris) pour que le radiant près de Castor atteigne son point culminant et offre le champ de vision le plus large. Il sera toutefois possible d’apercevoir quelques météores plus tôt, lorsque le radiant sera proche de l’horizon est.
Il est important de noter qu’il ne faut pas chercher les météores près du radiant lui-même, même s’ils semblent provenir de ce point. On les observe mieux lorsqu’ils traversent le ciel à toute vitesse ; scrutez donc toute la voûte étoilée. Le mieux est de s’allonger confortablement sur une chaise longue avec un sac de couchage et de se réchauffer avec une tasse de café ou de chocolat chaud.

D’où proviennent-ils ?

Sachant que les météores proviennent d’objets proches de la Terre et non de l’étoile brillante Castor, pourquoi semblent-ils provenir de cette étoile lointaine ? C’est simplement un effet d’optique dû à la perspective à un seul point de fuite.

Tout comme des rails de chemin de fer parallèles qui semblent converger vers l’horizon, le nuage de débris des Géminides semble converger vers un point fixe. Ces fragments provenaient autrefois d’un objet spatial plus grand de notre système solaire, un astéroïde nommé 3200 Phaéton. Bien que l’on ignore comment ces débris se sont détachés de cet astéroïde, ils continuent de dériver sur leur orbite. Lorsque la Terre en traverse le sillage, nous pouvons suivre la trajectoire de ces météores le long de leur orbite, de la même manière que nous suivons les rails d’une voie ferrée jusqu’à l’horizon. Le fait que les Géminides convergent vers Castor est une pure coïncidence.

Une météorite traverse le ciel nocturne au-dessus du canton de Wundwin, près de Mandalay, au Myanmar, lors de l’événement des Géminides le 14 décembre 2018. (YE AUNG THU/AFP via Getty Images)

Contrairement à la grande majorité des pluies de météores qui proviennent de comètes, les Géminides n’en sont pas issues. Comme mentionné précédemment, l’objet 3200 Phaéton est un astéroïde, et un astéroïde plutôt inhabituel.

Les comètes constituent d’immenses amas diffus de particules cosmiques libérées par un noyau solide se volatilisant à l’approche du Soleil. Les astéroïdes, eux, ne sont que des roches spatiales ayant parfois été des comètes. Ils s’éteignent ou se mettent en état de sommeil, une fois leur matière volatile épuisée. L’astéroïde 3200 Phaéton est l’un des rares à avoir été considéré comme une comète, sous le nom de 1983 TB, avant d’être classé comme astéroïde.

L’astéroïde 3200 Ph est observé depuis l’espace grâce au radar de l’observatoire d’Arecibo de la NASA. (Observatoire d’Arecibo/NASA/NSF)

Le calcul de son orbite révélait une correspondance avec celle des Géminides : un mystère alors inédit surgissait. Jamais auparavant un astéroïde n’avait été associé à des météores. Encore aujourd’hui, les chercheurs s’interrogent sur la façon dont cet astéroïde a expulsé dans l’espace ces milliers de petits météoroïdes.

Contrairement à certaines comètes qui passent des décennies dans l’espace lointain avant d’apparaître dans notre système solaire, l’astéroïde 3200 Phaéton demeure à proximité de notre planète. Il effectue le tour du Soleil tous les 1,4 ans et s’en rapproche considérablement – se situant à mi-chemin entre le Soleil et Mercure – avant de poursuivre sa trajectoire au-delà de Mars, à son point le plus éloigné.
Dans un proche avenir, les scientifiques pourraient observer de près l’astéroïde 3200 Phaéton. La sonde japonaise DESTINY+ prévoit déjà de l’intercepter en 2028. Nous pourrions ainsi recueillir des données sur les origines d’une célèbre pluie d’étoiles filantes qui fascine les passionnés d’astronomie chaque année à la mi-décembre.
Michael Wing est un rédacteur basé à Calgary, au Canada, où il est né et a reçu une éducation artistique. Il écrit principalement sur la culture, la dimension humaine et les tendances de l'actualité.

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