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Les Nations unies luttent contre la «désinformation mortifère» en créant une «armée numérique»

août 24, 2023 7:28, Last Updated: août 24, 2023 7:28
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Les Nations unies affirment lutter contre la mésinformation et la désinformation sur les médias sociaux et ailleurs, grâce à ce qu’elles appellent une « armée numérique », disséminée dans le monde entier.

Dans un communiqué publié le 19 août, des représentants de l’ONU déclarent que des soldats de la paix dans le monde entier forment une « armée numérique ». Munis de smartphones, d’applications d’édition et d' »approches innovantes », leurs actions s’inscrivent dans le cadre d’une démarche visant à « lutter contre les informations fausses qui peuvent susciter des tensions, de la violence, voire conduire à la mort ».

L’organisation intergouvernementale surveille également la manière dont la mésinformation, la désinformation et les discours haineux peuvent « miner la santé, la sécurité et la stabilité », ainsi que l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD), selon les responsables.

« Les plateformes numériques sont des outils essentiels qui transforment les interactions sociales, culturelles et politiques partout sur la planète. Dans le monde entier, elles relient les citoyens concernés par des questions importantes », déclare le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans une note d’information (pdf) de juin, intitulée « Intégrité de l’information sur les plateformes numériques ».

Ces plateformes ont « donné espoir aux gens en temps de crise, ont amplifié des voix auparavant inaudibles et ont insufflé vie à des mouvements mondiaux », écrit M. Guterres.

Cependant, elles « révèlent également un côté plus sombre de l’écosystème numérique », note le secrétaire général de l’ONU.

« Elles permettent la propagation rapide de mensonges et de haine, causant un préjudice réel à l’échelle mondiale », écrit-il dans son résumé. « L’optimisme quant au potentiel des médias sociaux de connecter les gens a été refroidi par la mésinformation, la désinformation et les discours haineux qui, auparavant en marge de l’espace numérique, sont passés dans le courant dominant. Le danger ne peut être surestimé. »

La note d’information de l’ONU reconnaît qu’il n’existe « aucune définition universellement acceptée » du terme « désinformation », mais précise que la définition de l’ONU fait référence à de « fausses informations diffusées intentionnellement dans le but de causer un préjudice social grave ».

Des casques bleus de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) sont assis à l’arrière d’un pick-up de l’ONU à Beni, en République démocratique du Congo, le 23 octobre 2014. (Alain Wandimoyi /AFP via Getty Images)

« Capable de détecter les fausses informations »

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) décrit la désinformation comme « un contenu faux ou trompeur qui peut causer un préjudice spécifique, indépendant des motivations, de la conscience ou des comportements ».

La note d’information de l’ONU décrit la « mésinformation » comme « la diffusion involontaire d’informations inexactes partagées en toute bonne foi par des personnes qui ne sont pas conscientes qu’elles transmettent des mensonges« .

« La mésinformation peut s’enraciner dans la désinformation lorsque des mensonges délibérés et des récits trompeurs sont utilisés comme des armes au fil du temps, introduits dans le discours public et transmis involontairement », peut-on lire dans le document de l’ONU. « Dans la pratique, il peut être difficile de distinguer la mésinformation de la désinformation. »

Selon l’ONU, dans le monde entier, des soldats de la paix sont à l’œuvre pour mettre « de nouveaux outils entre les mains des citoyens de tous âges » afin de lutter contre la mésinformation et la désinformation. Ceci inclut notamment des ateliers en République démocratique du Congo.

Dans le cadre de ces ateliers, les soldats de la paix forment des jeunes afin qu’ils deviennent « une armée numérique en mesure de détecter les fausses informations » en « produisant du contenu à l’aide d’un smartphone et d’un logiciel d’édition. Ensuite, ils « diffusent simultanément des informations objectives et crédibles » par l’intermédiaire de ce que l’ONU appelle des « Clubs-Relais » qui répandent ces messages à travers leurs réseaux.

Un « festival » de la mésinformation

L’ONU déploie également des efforts similaires au Mali, où elle a récemment organisé un « festival » de lutte contre la mésinformation qui a attiré une foule de près de 400 personnes, selon des responsables.

Au début du mois, à Abyei – une région contestée située à la frontière entre le Sud-Soudan et le Soudan – la FISNUA (Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei), a également lancé sa propre station de radio, « Voice of Peace » (Voix de la paix), afin de lutter contre les discours haineux et les fake news, selon un communiqué de presse.

« La capacité à diffuser de la désinformation à grande échelle pour saper des faits scientifiquement établis pose un risque existentiel à l’humanité et met en danger les institutions démocratiques et les droits de l’homme fondamentaux », conclu M. Guterres dans la note d’information de juin.

L’annonce concernant l' »armée numérique » de l’ONU intervient peu après l’instauration discrète de l’outil automatisé de vérification des faits et de lutte contre la désinformation, iVerify, par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), au printemps dernier.

L’outil – soutenu par le Bureau numérique en chef du PNUD et le Groupe de travail sur l’assistance électorale du PNUD, basé à Bruxelles, et développé de concert avec les organisations médiatiques et le secteur privé – met à contribution l’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique et la vérification humaine des faits pour « identifier les fausses informations et prévenir et atténuer leur propagation », selon l’ONU.

Sur son site officiel, l’ONU indique que le nouvel outil sera fourni aux « acteurs nationaux », qui pourront l’utiliser pour examiner les contenus et établir s’ils sont « vérifiables par les faits et/ou constitue un discours haineux, par opposition à l’expression d’une opinion. »

Le nouvel outil a d’abord été testé sous forme de projet pilote en Zambie, avant les élections générales d’août 2021, et il a été utilisé lors des élections générales au Honduras en novembre 2021, selon l’ONU. Cette dernière affirme que l’outil a aidé à lutter contre « la propagation de faux narratifs pendant les périodes électorales ».

Selon Breitbart, iVerify a été développé en partenariat avec Meta et des « groupes à but non lucratif de gauche », dont l’International Fact-Checking Network, financé par le milliardaire George Soros.

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