L’impérissable conviction de Martin Luther King Jr

Ce troisième lundi du mois de janvier était dédié à Martin Luther King Jr, un grand leader des droits civiques américains.

« Je refuse d’accepter l’idée que l’humanité est si tragiquement liée à la nuit sans étoiles du racisme et de la guerre, que le lever du jour lumineux de la paix et de la fraternité ne puisse jamais devenir une réalité », a déclaré le Dr King dans son discours de réception du prix Nobel. « Je crois que la vérité désarmée et l’amour inconditionnel auront le dernier mot. »

Le monument commémoratif de Martin Luther King Jr

Chaque année, l’Amérique célèbre l’héritage et les réalisations de Martin Luther King Jr et lorsque nous repassons des vidéos du discours « I Have a Dream » et voyons de puissantes photos de cette icône des droits de l’homme apparaître aux écrans télévisés et sur les pages éditoriales, nous avons tendance à jeter un regard superficiel sur le travail du « roi » (jeu de mots sur son nom) Martin Luther King Jr.

Ses convictions profondes sont souvent oubliées alors que nous nous enlisons dans des messages réconfortants sur la résistance non violente et l’abolition du racisme et de la ségrégation.

Martin Luther King offre beaucoup plus. Par ailleurs, tout devient d’une grande évidence dans un de ses livres, rarement discuté, intitulé La Force d’aimer (Strength to Love), dans lequel il a appelé avec audace et sans complaisance à ce que l’esprit intérieur de l’humanité évolue vers une meilleure version d’elle-même.

« Rarement nous trouvons des hommes qui s’engagent volontairement dans des réflexions solides et intenses. Il y a une quête presque universelle de réponses faciles et de solutions à moitié cuites », a-t-il écrit. « Rien ne fait plus souffrir certaines personnes que d’avoir à réfléchir. »

De telles citations sont rarement mentionnées dans les hommages au Dr King. Il a contesté les mœurs sociales de la nation, non seulement sur les questions raciales, mais aussi sur des questions qui nous appellent encore à nous dépasser aujourd’hui.

« Le succès, la reconnaissance et la conformité sont les mots d’ordre du monde moderne où tout le monde semble désirer ardemment la sécurité anesthésiante d’être identifié à la majorité », écrit-il dans une critique de la pensée unique de groupe. Il nous a mis au défi de ne pas se complaire à suivre la foule. Il nous a suppliés de regarder à l’intérieur de nous-mêmes pour définir nos valeurs et nos critères moraux et de défendre ce qui est juste, même quand ce n’est pas facile.

« Certains sociologues philosophiques suggèrent que la moralité n’est qu’un simple consensus de groupe et que les voies populaires sont les bonnes », a-t-il écrit, avant de nous prévenir des pièges du « collectivisme sauvage ».

Même l’Église n’a pas été épargnée de sa critique, car il a exhorté les chrétiens à se lever en tant que leaders – pour cesser de délibérer et de promulguer des publications d’édits.

« La plupart des gens, et les chrétiens en particulier, sont des thermomètres qui enregistrent ou documentent la température de l’opinion majoritaire, et non des thermostats qui transforment et règlent la température de la société », écrit-il. « Nous, les pasteurs, avons aussi été tentés par le culte séduisant de la conformité. (…) Nous prêchons des sermons de réconfort et évitons de dire quoi que ce soit de notre chaire qui puisse déranger les points de vue respectables des membres confortables de nos congrégations. »

Le pasteur  avait le cœur au ventre de dire la vérité, sous toutes ses formes. Il prisait l’authenticité. Le Dr King, un homme de petite taille mesurant 1 mètre 70, avait des mots et une façon de les prononcer qui le faisaient passer pour un géant.

Comme David qui s’approchait sans crainte de Goliath, il a porté son attention vers l’établissement des instituts de politique étrangère américaine.

« Des millions de citoyens sont profondément troublés par le fait que le complexe militaro-industriel façonne trop souvent la politique nationale, mais ils ne veulent pas être considérés comme antipatriotiques », a écrit Dr King. « Certains hommes pensent encore que la guerre est la réponse aux problèmes du monde. »

Le Dr King était un champion de la paix, non seulement pour la race noire d’Amérique, mais pour le monde entier. Pour lui, le principe de non violence n’était pas seulement un impératif pour les individus, mais aussi pour les gouvernements.

« Il est fort probable qu’il y eut un temps où la guerre servait à empêcher la propagation et la croissance d’une force maléfique, mais le pouvoir destructeur des armes modernes élimine même la possibilité que la guerre puisse servir la protection », a-t-il écrit.

Le plus remarquable au sujet du Dr King est que, malgré sa capacité de reconnaître la perversité dans le monde, il n’a pas permis que le mal l’envahisse. Il voyait l’étincelle du divin chez tous les enfants de Dieu et encourageait une vie de compassion.

« L’acte maléfique d’un ennemi, la chose en lui qui fait mal, n’exprime jamais tout à fait l’entièreté de ce dernier. Un élément de bonté peut se trouver même chez notre pire ennemi », disait-il. « Cela signifie simplement qu’il y a du bien dans le pire d’entre nous et du mal dans le meilleur d’entre nous. Quand nous découvrons cela, nous sommes moins enclins à haïr nos ennemis. »

Beaucoup de gens n’ont jamais connu le Dr King sous cet angle. On pourrait soupçonner que certaines vues moins discutées de M. King sont évitées car elles sont déstabilisantes. Elles représentent des menaces pour les institutions établies qui, souvent, divisent plutôt que d’unir. Bien que l’amour et la réconciliation aient toujours été le but ultime du Dr King, il a parfois livré des messages difficiles pour amener à nous y éveiller.

M. King n’était pas seulement un leader des droits civiques qui a livré un message de Kumbaya sur l’harmonie raciale. Il a imploré des changements substantiels, non seulement au sein des individus, mais aussi au sein des églises, des institutions et du gouvernement.

Alors que nous nous souvenons du Dr King, rappelons-nous de tous ces sermons et écrits et pas simplement des messages qu’il a prononcés qui réconfortent et nous mettent à l’aise.

Adrian Norman est écrivain et commentateur politique.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions d’Epoch Times.

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