L’internet mondial progresse vers de plus en plus de réglementation et une censure balkanisée

Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, estime que sa propre plate-forme et l’Internet en général devraient suivre le modèle européen de réglementation des entreprises et des données sur Internet. Dans un éditorial du Washington Post, il a appelé à établir des lignes directrices sur les contenus interdits, ainsi que des systèmes permettant de limiter les contenus nuisibles grâce à une « approche plus standardisée ».

Bien sûr, la préoccupation immédiate de nombreux internautes est de savoir si cette « approche standardisée » inclurait la censure politique, et si l’éventail presque infini de sujets que les internautes trouvent maintenant choquants serait considéré comme « contenu nuisible ».

Facebook, Twitter et d’autres contrôleurs de l’information en ligne sont déjà sur la sellette pour avoir censuré les soi-disant « conservateurs ». En 2016, par exemple, Gizmodo a signalé que le personnel de Facebook avait intentionnellement empêché les nouvelles « conservatrices » d’apparaître dans sa section dédiée à l’actualité. En 2018, dans le cadre du projet Veritas, des ingénieurs de Twitter ont été filmés alors qu’ils expliquaient comment ils utilisaient des algorithmes pour censurer l’opinion politique.

Ce sujet n’a fait que s’intensifier avec le temps. Donald Trump a écrit dans un tweet du 18 août 2018 : « Les médias sociaux discriminent totalement les voix républicaines/conservatrices. En parlant haut et fort au nom de l’administration Trump, nous ne laisserons pas cela se produire. Ils empêchent la publication des opinions de beaucoup de gens de « la droite », alors qu’en même temps ils ne font rien aux autres… »

Le 26 février 2019, après que Facebook ait brièvement supprimé, soi-disant par erreur, le compte de Raheem Kassam, le rédacteur en chef du site d’information « conservateur » Human Events, M. Kassam a tweeté : « Comment se fait-il que seuls les comptes de droite / conservateurs soient ‘supprimés par erreur’ en attente ‘d’enquêtes’ ? Et qui surveille les enquêteurs à cet égard ? »

C’est à cause de tels incidents que les « conservateurs » se méfient souvent lorsque des gens comme M. Zuckerberg commencent à parler de nouvelles normes sur ce qui peut et ne peut pas être dit sur sa plate-forme – sans parler de l’Internet tout entier.

Pendant ce temps, Internet lui-même se fragmente. La Chine, qui a maintenu son propre Internet fortement censuré derrière le « Grand Pare-feu », est en train de mettre en place une infrastructure pour un Internet totalement séparé du reste du monde. La Russie parle d’établir un système similaire de « souveraineté sur Internet » et l’Union européenne avance de plus en plus sur le chemin de cette tendance totalitaire avec son récent article 13 interdisant aux internautes les « memes » sur l’Internet.

C’est probablement là que l’Internet se dirige. Il s’agit d’une nouvelle orientation des « intranets » mondiaux où chaque pays possède sa propre infrastructure et ses propres réglementations, et où les entreprises ont besoin de naviguer dans une multitude de lois et d’infractions propres à chaque pays afin de pouvoir exploiter leurs sites Web sans être sanctionnées.

Les sanctions sur les sites Web sont ce dont Mark Zuckerberg semble parler. Comme il le propose dans son éditorial, la nouvelle réglementation « devrait établir un moyen de tenir les entreprises comme Facebook responsables en imposant des sanctions si nous faisons des erreurs ».

Bien sûr, c’est facile pour des gens comme M. Zuckerberg d’exiger de telles choses. De grandes entreprises comme Facebook peuvent absorber les coûts des sanctions sans faire faillite. Elles disposent également du personnel et des moyens financiers nécessaires pour mettre en œuvre des codes de censure complexes (allant jusqu’à des algorithmes de vérification de chaque post) et spécifiques à chaque nation. Cependant, la plupart des autres plates-formes ne disposent pas de ces ressources.

Cela est en grande partie lié à la centralisation envahissante et à la nouvelle fascination socialiste dans laquelle la nouvelle gauche est tombée.

Toutefois, ces changements mettent aussi en lumière l’un des problèmes majeurs de la centralisation socialiste. De vastes règlements et des impôts élevés n’affectent généralement pas les gens au sommet ou à la base de la société. Le plus souvent, ce sont ceux se trouvant au milieu de la société qui en paient le prix. De même, ce seront probablement les entreprises de l’Internet de taille moyenne qui feront faillite, si le souhait de Mark Zuckerberg se réalise.

Dans le cadre de ces systèmes, les forums en ligne pourraient être tenus responsables dans différents pays des opinions politiques de leurs utilisateurs. Les sites d’information indépendants pourraient être supprimés s’ils publiaient des reportages allant au-delà du contenu « établi ». Et même les individus qui affichent leurs opinions sur des sites Web tels que Twitter et Facebook pourraient être approchés par les autorités à cause de leurs « crimes de pensée » postés sur le Web.

En Chine, tout cela est déjà une réalité pour les entreprises et les utilisateurs d’Internet. En Europe, cela est en train de devenir rapidement une réalité. Quant aux États-Unis, il y a des groupes et des entreprises qui cherchent à en faire une réalité.

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas nécessairement celui d’Epoch Times.

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